pages
:
1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11
12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20
Les deux armées
Les effectifs en 1914
La
tension croissante sur le plan diplomatique se traduit par un
renforcement des effectifs de lartillerie dans les quelques
années précédents le conflit. Le nombre de régiments de campagne
est porté de 41 à 62. Tous sont équipés de 3 groupes de 75 modèle
1897. Deux régiments de montagne sont créés avec chacun trois
groupes de 65 modèle 1906. 10 groupes autonomes dAfrique
sont également mis sur pied.

Une
vue impressionnante de pièces de 90 de Bange avec leurs attelages.
Le manque de chevaux,
malgré les réquisitions, puis le manque de fourrage, contraindront à motoriser
un nombre croissant dunités.
En
1913, cinq groupes dartillerie
lourde à quatre groupes sont mis en place. Ils sont équipés
de 155 court modèle 1904 Rimailho, dobusiers de 120 courts
modèle 1890 Baquet et de 120 longs modèle 1878 de Bange. Un
des groupes de 120 est tracté par des véhicules automobiles,
ce qui constitue une première pour lArmée française.

Pièce
de 120 long tirée par un tracteur. Dès avant la guerre la France
utilise des tracteurs dartillerie pour ce type de pièce.
Néanmoins, si la mobilité est bonne en tout terrain, elle surpasse encore difficilement
la traction animale en raison de moteur
peu fiable et peu puissant. Ce tracteur est en effet similaire au modèle agricole.
Après
deux semaines de mobilisation, lartillerie française comporte
65 régiments dartillerie divisionnaire (à 2 ou 3 groupes
de 75), 20 régiments de corps darmée (à 4 groupes de 75),
deux régiments de montagne, 10 artilleries de divisions de cavalerie,
5 régiments dartillerie lourde, 9 régiments dartillerie à pied,
plus quelques éléments épars.
Les
troupes de marines, devenues troupes coloniales en 1900, comportent
notamment 3 régiments attribués au corps darmée colonial
stationné en France. Le canon de 75 forme lossature de
lartillerie française. 21 parcs dartillerie de corps
darmée et 29 de places soutiennent ces unités et les pièces
des fortifications.

Pièces
de 75 en action. Installée à découvert, les batteries de
75 vont subir des pertes sévères sous le feu
de lartillerie
lourde allemande placée hors de porté. Par contre,
le bouclier fournira un abris efficace contre
les mitrailleuses allemandes
capables de tirer jusquà 4.000
mètres.
La doctrine en France et en Allemagne
Le
haut commandement français était partisan dune offensive
généralisée. Il comptait mener une guerre de mouvement qui ne
devait pas excéder quelques mois. Lartillerie appuierait
de ses feux les attaques de linfanterie jusquà 400
mètres des lignes ennemies qui seraient alors prises à la baïonnette.
Inspirée des Etudes sur le combat de Charles Ardent du
Picq, cette théorie reposait sur la prépondérance du facteur
moral au combat. Le choc est donc préféré au feu.

Linfanterie
française charge sabre au clair et baïonnettes au canon. Les
pertes seront
immenses en raison même de la vaillance des troupes qui croient en une victoire
rapide.
Les études
des campagnes récentes montrent dailleurs que les pertes
infligées par lartillerie séchelonnent de 5 à 25%.
Un ennemi retranché doit donc être délogé pour être exposé aux
tirs de lartillerie. Pour cela, il nétait point besoin
de disposer dartillerie lourde : plusieurs petits
obus semblaient devoir être plus efficaces quun obus de
fort calibre. Néanmoins, les rapports du 2e bureau
sur la place accordée à lartillerie lourde en Allemagne
finirent par inquiéter le Parlement. En 1912 et en 1913, de nouveaux
matériels (canon de 105 long et mortier de 280 Schneider, mortier
de 370 Filloux) et des améliorations sur des modèles anciens
(155 long modèle 1877 de Bange modifié 1914 par Schneider, 155
court modèle 1881 modifié 1912, canon de 155 court à tir rapide
Rimailho) sont testés et commence à être mis en service.

Le
canon de 155 court à tir rapide Rimailho constitue une avancée
certain par rapport aux autres
pièces dartillerie lourde
françaises. Il nest cependant pas exempt de défaut.
Lors
de tirs prolongés, lensemble
tube frein peu se bloquer et faire basculer la pièce vers lavant.
Cet effort est néanmoins insuffisant
et tardif en face dune artillerie allemande mieux équipée.
Les responsables allemands sont en effet parfaitement conscients
de la supériorité du 75 français sur leur 77 et de la qualité des
fortifications françaises. Lartillerie lourde dispose
de la supériorité tant sur le plan qualitatif, avec une portée
et une mobilité supérieures, que sur le plan quantitatif avec
2.000 pièces contre 308. Aux pièces de siège de 305 et
de 420, aux canons longs de 105 et de 130 et aux mortiers de
210 viennent sajouter des obusier de 150 qui font la
transition entre lartillerie lourde et lartillerie
de campagne. Ils doivent détruire lartillerie française
par une concentration de feux à grande portée. Dans cette optique,
laviation dobservation est nombreuse et bien entraînée.
pages :
1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11
12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 |