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Reconstituer
le bouclier
Une situation géostratégique
fragilisée
Après
la défaite, la France va dabord chercher à reconstituer
son armée, pour repousser une nouvelle attaque allemande. La
perte de la frontière naturelle du Rhin et des places fortes
de lEst rend le pays et sa capitale vulnérable.
De
1874 à 1884, la France va alors entreprendre le plus gros effort
de fortification depuis Vauban. Le système Séré de Rivières,
du nom du général (Raymond-Adolphe) qui dirigea le projet, se
compose de 166 forts, 43 ouvrages secondaires et 250 batteries.
La première ligne de défense ne laisse à lennemi que deux
axes de pénétration vulnérables aux contre-attaques : au
nord de Verdun (trouée de Stenay) et entre Toul et Epinal (trouée
de Charmes). En cas de défaite, la seconde ligne doit ralentir
la progression de ladversaire et protéger le regroupement
des armées françaises.

Malgré des
bombardements massifs, les fortifications françaises vont bien
résister au feu ennemi.
On voit ici une coupole du fort de Vaux qui sera pris par les Allemands lors
de la bataille de Verdun puis repris par les Français
Ayant
pris conscience de la supériorité démographique de lAllemagne,
la France ne peut désormais envisager la vaincre sans allié.
Sur le plan diplomatique, elle reste isolée en raison de lhabile
politique du chancelier allemand Bismarck. Celui-ci sattire
notamment la bienveillance de la Grande-Bretagne par labsence
de prétentions coloniales et celle de la Russie par une garantie
des frontières à lEst. Malgré une propagande républicaine
qui réclame avec virulence la restitution de lAlsace-Lorraine
et entraîne derrière elle lopinion publique, la revanche
reste un rêve irréalisable. La France se lance alors dans laventure
coloniale pour retrouver son statut de grande puissance ou du
moins un certain prestige. Elle le fait pourtant avec retenu,
en raison de la menace allemande aux frontières et utilisera
pour ce faire des corps expéditionnaires construits autour de
lArmée dAfrique et les troupes de marine
Le renouveau de lartillerie
Les
causes de la défaite font lobjet dune analyse objective
qui sert de base à la réorganisation de lartillerie française.
Le mauvais emploi des pièces, linfériorité numérique et
linfériorité technique (portée et amorçages) sont mis en
exergue.

Pièce
de 155 long modèle 1879 en batterie dans la campagne française
en 1914.
Les vieux canons furent ressortis en attendant les nouvelles armes.
Même modernisées, ces pièces lourdes étaient bien inférieures à leurs homologues
allemandes.
Après quelques solutions provisoires,
le choix se porte sur le système Bange : canons de 80
et de 90 mm (1877), 80mm de montagne et canon long de 120mm
(1878), canon long de 155mm (1879), mortier de 220mm (1880)
et canon court de 155mm (1881). Ce dernier envoie un obus de
40 kg à 9 km. Tous sont en acier trempé et se charge par la
culasse. Lamélioration concerne aussi les fusées et
les poudres.
Une fois les indemnités de guerre
réglées, les dépenses darmement augmentent rapidement et
lartillerie bénéficie dune priorité sur la marine
laissée intacte par le conflit. Linstruction des troupes
est accrue et laccent est porté sur le réglage des tirs. La
Revue dartillerie qui paraît à partir de 1872 sert à informer
les officiers des progrès technologiques.
Lorganisation
En
1871, il existe 24 régiments, puis 30 en 1873 et enfin 38. Les
19 corps darmée français de la métropole comportent une
brigade à deux régiments. Un des deux comporte 10 batteries montées
et 3 batteries à pied.
Les deux divisons du corps se voient
affecter chacune 4 des batteries montées. Lautre regroupe
10 batteries montées et 3 à cheval. Une de ces dernières est
affectée à la division de cavalerie du corps. Toutes les batteries
sans affectation forment la réserve du corps. En 1883, les batteries à pied
forment 16 puis 18 bataillons indépendants, les régiments prennent
lappellation de "régiments dartillerie
de campagne".

Pièces
de 90 de Bange modèle 1877. Bien que démodées ces pièces rendront
de grands services en 1914-1916
notamment en raison de la grande quantité de munitions en stocks.
Le
train dartillerie est supprimé en 1883. Les deux régiments
de pontonniers sont attribués au génie en 1894. Les pontonniers-artilleurs
forment deux nouveaux régiments dartillerie de campagne.
Ils sont attribués en sureffectif au 20e corps qui
garde la frontière avec lAllemagne. Initialement formée
de batteries détachées par chaque régiment, lartillerie
dAfrique est regroupée au sein des 12e et 13e régiments
de la brigade de Paris (1875). En 1889, le régiment dartillerie
de marine est dédoublé car il comporte 35 batteries.
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