L'armée romaine du Bas-Empire
par Philippe RICHARDOT, dr

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Evolution de l'armée dans les années 360-380

Après la mort de Constantin en 337, l'armée évolue dans le sens qu'il a défini. Cette armée se caractérise par :

  • de nombreuses unités...: le nombre de légions passe de 53 à l'époque de Dioclétien à près de 220 à la fin du IVe siècle;
  • ... mais à format réduit: les légions comptent 700 à 1000 hommes au lieu de 4000-6000;
  • des difficultés croîssantes de recrutement parmi la population romaine;
  • une diminution constante des effectifs;
  • une défense élastique en profondeur qui apparaît réellement après le règne de Constantin: les troupes d'intervention sont stationnées dans les villes de l'intérieur.

Cette défense en profondeur renforce le rôle de deux nouvelles catégories opérationnelles créées par Constantin. Il s'agit des troupes palatines (auxilia d'infanterie et vexillations de cavalerie) qui forment une réserve stratégique à disposition des grands commandements d'Orient et d'Occident, l'élite des troupes d'intervention. Les scholes palatines constituent la garde impériale sous les ordres du comte des domestiques. Peu nombreuses (en tout 3500 hommes par moitié d'Empire) ces scholes participent efficacement à toutes les grandes batailles du IVe siècle.



Carte administrative de l'Empire Romain en 378


Au point de vue opérationnel, l'armée romaine tourne sur peu d'unités d'élite. Les armées d'intervention ont 5000, 15.000, exceptionnellement 30.000 hommes. En cas de crise simultanée sur plusieurs fronts Rhin, Danube, Euphrate, il n'y a pas assez de troupes disponibles, ce qui est aggravé par la bipartition politique de l'Empire rétablie en 364. Valentinien Ier devient empereur d'Occident, et nomme son frère cadet, Valens, empereur d'Orient. A cette occasion, les unités d'élite sont partagées en seniors qui vont à l'Occident et juniors qui vont à l'Orient. Une menace répandue sur plusieurs fronts amène la défaite d'Andrinople en 378 où Valens et l'armée d'Orient sont anéantis par les Goths. Les troupes frontalières, dispersées dans de multiples postes d'observation, n'ont plus la capacité de retenir un envahisseur. A partir des années 360, les recrues les plus médiocres y sont affectées. Il s'agit de paysans sans terre, fermiers ou journaliers que les grands propriétaires livrent à l'Etat en acquittement de l'impôt. Cette catégorie de troupes forme une police des frontières.

L'apparence des soldats romains change, annonçant la période médiévale: épée longue, cuirasse d'écailles qui évoque la broigne carolingienne, cottes de mailles à cagoule évoquant le haubert, casques segmentés à nasal. Les casques romains continuent d'être portés par les chefs barbares au VIe siècle tandis que l'épée longue se retrouve dans toute l'Europe. A partir du règne de Gratien (375-383) les troupes occidentales demandent à être débarrassées du casque et de la cuirasse jugés trop lourds. L'infanterie romaine devient une grosse infanterie légère adaptée à la guérilla de frontière mais au Ve siècle, plus rien ne distingue les Romains des Barbares à l'équipement romanisés. L'arme qui conserve toute sa vigueur tactique en Orient tant en Occident est la cavalerie. En particulier la cavalerie lourde cuirassée qui combat à la lance et à l'épée comme les scutaires et les cataphractaires. La cavalerie légère est l'arme d'auxiliaires barbares.

 

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