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Evolution de l'armée
dans les années 360-380
Après
la mort de Constantin en 337, l'armée évolue dans le sens qu'il
a défini. Cette armée se caractérise par :
- de nombreuses unités...: le nombre
de légions passe de 53 à l'époque de Dioclétien à près de 220 à la
fin du IVe siècle;
- ... mais à format réduit: les
légions comptent 700 à 1000 hommes au lieu de 4000-6000;
- des difficultés croîssantes
de recrutement parmi la population romaine;
- une diminution constante des
effectifs;
- une défense élastique en profondeur
qui apparaît réellement après le règne de Constantin: les troupes
d'intervention sont stationnées dans les villes de l'intérieur.
Cette
défense en profondeur renforce le rôle de deux nouvelles catégories
opérationnelles créées par Constantin. Il s'agit des troupes
palatines (auxilia d'infanterie et vexillations de cavalerie)
qui forment une réserve stratégique à disposition des grands
commandements d'Orient et d'Occident, l'élite des troupes d'intervention.
Les scholes palatines constituent la garde impériale sous les
ordres du comte des domestiques. Peu nombreuses (en tout 3500
hommes par moitié d'Empire) ces scholes participent efficacement à toutes
les grandes batailles du IVe siècle.

Carte administrative de l'Empire
Romain en 378
Au point de vue opérationnel, l'armée
romaine tourne sur peu d'unités d'élite. Les armées d'intervention
ont 5000, 15.000, exceptionnellement 30.000 hommes. En cas
de crise simultanée sur plusieurs fronts Rhin, Danube, Euphrate,
il n'y a pas assez de troupes disponibles, ce qui est aggravé par
la bipartition politique de l'Empire rétablie en 364. Valentinien
Ier devient empereur d'Occident, et nomme son frère cadet,
Valens, empereur d'Orient. A cette occasion, les unités d'élite
sont partagées en seniors qui vont à l'Occident et juniors
qui vont à l'Orient. Une menace répandue sur plusieurs fronts
amène la défaite d'Andrinople en
378 où Valens et l'armée d'Orient sont anéantis par les Goths.
Les troupes frontalières, dispersées dans de multiples postes
d'observation, n'ont plus la capacité de retenir un envahisseur.
A partir des années 360, les recrues les plus médiocres y sont
affectées. Il s'agit de paysans sans terre, fermiers ou journaliers
que les grands propriétaires livrent à l'Etat en acquittement
de l'impôt. Cette catégorie de troupes forme une police des
frontières.
L'apparence
des soldats romains change, annonçant la période médiévale: épée
longue, cuirasse d'écailles qui évoque la broigne carolingienne,
cottes de mailles à cagoule évoquant le haubert, casques segmentés à nasal.
Les casques romains continuent d'être portés par les chefs barbares
au VIe siècle tandis que l'épée longue se retrouve dans toute
l'Europe. A partir du règne de Gratien (375-383) les troupes
occidentales demandent à être débarrassées du casque et de la
cuirasse jugés trop lourds. L'infanterie romaine devient une
grosse infanterie légère adaptée à la guérilla de frontière mais
au Ve siècle, plus rien ne distingue les Romains des Barbares à l'équipement
romanisés. L'arme qui conserve toute sa vigueur tactique en Orient
tant en Occident est la cavalerie. En particulier la cavalerie
lourde cuirassée qui combat à la lance et à l'épée comme les
scutaires et les cataphractaires. La cavalerie légère est l'arme
d'auxiliaires barbares.
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