L'armée romaine du Bas-Empire
par Philippe RICHARDOT, dr

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La réforme constantienne

 

Constantin sort vainqueur des guerres civiles et impose deux réformes qui bouleversent la civilisation romaine:

  1. en 313, par l'édit de Milan, il impose le christianisme comme religion d'Etat. Le paganisme est toléré mais reste vivace;
  2. en 330, Constantin fait de Byzance, rebaptisée Constantinople, la deuxième Rome



Les commandements frontaliers de l'empire d'occident vers 395

Les empereurs militaires du IIIe siècle avaient déserté Rome au profit de capitales itinérantes plus opérationnelles mais Constantin prend acte de l'appauvrissement économique, du déclin politique et stratégique de la Cité qui avait conquis l'univers. Il renforce, bien que devenu empereur unique en 324, la bipartition qu'avait établie Dioclétien entre l'Occident latin et l'Orient grec. Faille géopolitique profonde qui est à la base de l'éclatement de l'Empire, de sa disparition à l'Ouest et de sa survie à l'Est jusqu'en 1453 sous les couleurs de Byzance. Faille qui continue de séparer l'Europe en deux entre Catholiques latino-germaniques et Orthodoxes gréco-slaves.



Les commandements frontaliers de l'empire d'orient vers 395

Une troisième réforme, moins persistante historiquement, est à mettre au crédit de Constantin: la réforme de l'armée. Alors que Dioclétien avait augmenté les effectifs en les portant à plus de 450.000 hommes, tout en les maintenant aux frontières, Constantin modifie profondément la structure de l'armée. En 325, il crée deux classes opérationnelles: les troupes d'intervention dites comitatenses ("d'accompagnement"); les troupes frontalières dites ripenses ("riveraines") ou plus tard limitanei ("frontalières"). La vieille distinction opérationnelle entre légionnaires et auxiliaires disparaît en même temps que les cohortes prétoriennes supprimées en 312. L'empereur Constantin impose aux fils de vétérans de s'engager dans l'armée. Puis l'obligation est étendue aux fils de militaires en activité. Ces derniers seront recrutés dès l'âge de 16 ans alors que l'âge normal est de 18. Ce recrutement héréditaire forcé entraîne une vague de désertions. Beaucoup de fils de vétérans entrent dans les ordres, exemptés d'obligations militaires, car l'Empire est devenu chrétien. D'autres se coupent un pouce, particulièrement en Italie. L'enrôlement prend souvent l'aspect d'une arrestation. C'est une nouvelle armée qui naît.

 

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