Andrinople 378
par Philippe RICHARDOT, dr

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Epilogue

 

Un contemporain, le philosophe et orateur grec païen Libanius, analysant les causes de la défaite fait le constat suivant: "Certains accusent nos généraux, d'autres nos soldats, affirmant que les généraux n'ont pas correctement entraîné les hommes sous leur commandement, ou que les soldats étaient lâches. Quant à moi je respecte le souvenir des combats qu'ils ont menés, le courage avec lequel ils sont morts dans leurs rangs et ont répandus leur sang... N'attribuons pas le succès des Barbares à la lâcheté, à la faiblesse ou au manque d'entraînement. La valeur des soldats et des chefs était la même que celle de leurs ancêtres, et ils ne leur étaient inférieurs ni en technique militaire, ni en instruction. Leur amour de la gloire les a fait combattre la chaleur et la soif, le feu et le fer, et préférer la mort à la fuite. Comment alors l'ennemi nous a surpassé? Je suis persuadé que la colère des Dieux nous en est la cause".

Labarum : emblème chrétien de commandement institué par Constantin en 312
avec la devise "Au nom du Christ toujours tu vaincras".
(source : diptyque de Probus, 406, cathédrale d'Aoste)

L'habileté des chefs gothiques n'est pas à mépriser. Flavius Mérobaude, poète d'origine franque, écrit au Ve siècke que les Teutons que combattait César étaient inexpérimentés dans l'art de la guerre, mais que les Goths n'étaient plus des Barbares mais les égaux des Romains dans la guerre. Les Barbares, à force de combattre pour ou contre les Romains sont devenus des adversaires plus redoutables. La crise ouverte en 376 n'est réglée qu'en 382 par la négociation. Théodose Ier, le successeur de Valens, accepte de reprendre les Goths comme fédérés. L'avenir réservera aux Romains d'autres mutineries gothiques...

 

Bibliographie

Ammien Marcellin, Res Gestae, éd. J. Fontaine, E. Galletier, M.A. Marie, G. Sabbah, LBL, Paris, 1968-1984.

Th. S. Burns, The Battle of Adrianople: A Reconsideratio,: Historia, 22, 1973, p.336 sq.

J. Straub, Die Wirkung der Niederlage bei Adrianopel auf die Diskussion über das Germanenproblem in der spätrömischen Literatur, Philologus, 95, 1942-1943, p.255-286.

H. Wolfram, Histoire des Goths, Albin Michel, Paris, 1990.

 

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