Andrinople 378
par Philippe RICHARDOT, dr

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Les phases de la bataille (II)

 

Arrivée de la cavalerie gothique: au même moment, la cavalerie de Saphrax et d'Alathée, composée de Greuthungues, de Alains et de Huns, surgit des hauteurs comme la foudre et balaie tout sur son passage. Cette surprise appelle deux remarques: les Romains n'ont pas disposé d'éclaireurs autour du champ de bataille; l'arrivée d'une telle masse de cavalerie visible de loin par la poussière qu'elle dégage, a été masquée par la colline où était situé le camp barbare.

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Enveloppement: la ligne romaine est déjà rompue par le combat initial. Quand arrivent Saphrax et Alathée, la cavalerie romaine de l'aile gauche fuit apparemment sans combattre. L'infanterie gothique reprend courage et contre-attaque. Les fantassins romains, lâchés par la cavalerie de couverture, abattus par les traits et les flèches, refluent en poussant des cris de ralliement. Les Romains se retrouvent massés en contrebas. Rattrapés par les cavaliers goths, ils sont bientôt pris dans une nasse. Alourdis par leur armure et leur long bouclier, ils n'ont plus l'espace nécessaire pour manoeuvrer, fuir, ou même manier l'épée. Les lances brisées, l'escrime de pointe rendue impossible, on se bat à la hache. La poussière soulevée aveugle les combattants qui ne peuvent parer les traits qui atteignent tous leur but dans cette masse compacte. La confusion est telle qu'on tue des camarades par erreur. L'empereur Valens se réfugie auprès des Lanciers et des Mattiaires qui résistent un temps.

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Déroute romaine: en fin d'après-midi les pertes, la pression psychologique et l'épuisement deviennent si intolérables que les Romains partent en déroute et se dispersent, abandonnant des tas de cadavres. Il faut en déduire que l'enveloppement n'était pas complet, mais laissait une issue sur l'aile droite. La poursuite est un massacre. Les Romains sont abattus dans le dos à la lance ou à l'épée, ou écrasés par la masse des fuyards et des assaillants. Les routes sont encombrées de blessés et de chevaux tués. La nuit met fin au massacre.

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Mort de l'empereur Valens: dans la déroute, l'empereur a même été abandonné par sa garde (le corps des Gens d'Armes). Sur l'ordre du général Trajan, le maître de cavalerie Victor essaie alors vainement de trouver l'unité des Bataves placés en réserve, mais ils ont déserté. Victor les imite comme d'ailleurs Richomer et Saturnin. Valens trouve une mort anonyme, soit d'une flèche dans la bataille, soit, d'après le récit d'un survivant, brûlé vif avec ses eunuques et ses Candidats (pages impériaux) alors qu'il s'était réfugié dans une cabane. Son corps reste sans sépulture.

Fantassin des années 350-370. Il porte un casque doré ou argenté à cimier métallique
et une cotte de mailles à longues manches. L'emblèmes de son bouclier identifi son unité.
Armes offencives : épée longue et lance d'arrêt avec un fer de type germanique
(source : casque trouvé à Intercisa, Hongrie, épisème de la Notita Dignitatum, peinture de la catacombe de la Via Latina, Rome).

 

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