Andrinople 378
par Philippe RICHARDOT, dr

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Les phases de la bataille (I)

 

Une longue marche d'approche: à l'aube du 5 avant les Ides d'août (9 août), les Romains abandonnent le camp d'Andrinople où le trésor, le préfet du prétoire et l'administration impériale restent sous la garde de plusieurs légions. Renseignés par la reconnaissance des jours précédents, ils savent où est situé le camp des Goths. Ils sont épuisés par environ 7 heures de marche sur un terrain difficile sur une distance de 22 kilomètres.

Deux heures de l'après-midi, contact: le camp des Goths est repéré au flanc d'une colline. L'arrivée des Romains "à la huitième heure" (vers 2 heures de l'après-midi) se fait en désordre. L'aile droite formée de cavalerie est la première à se ranger un peu en avant du centre formé par l'infanterie. La cavalerie de l'aile gauche se dispose avec difficulté car elle arrive par plusieurs itinéraires. On peut en déduire que la colonne de marche, calquant l'ordre de bataille, avait son avant-garde constituée par la cavalerie de l'aile droite, l'arrière-garde formée par la cavalerie de l'aile gauche, tandis que l'infanterie restait au centre. Les Goths, privés de leur cavalerie, prennent position en hurlant devant le cercle de chariots où sont réfugiées leurs familles. Pour gagner du temps, ils incendient les champs avec des fagots de bois sec, ce qui accroît la chaleur de cette journée et la soif des Romains.

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Négociations: Fritigern, le chef des Goths, se sentant en infériorité, essaie encore la négociation. Il propose d'échanger des otages. Par cette habile proposition, il gagne du temps pour que sa cavalerie, partie au loin, puisse revenir. Le comte des domestiques Richomer se dévoue pour mener les pourparlers. La durée des négociations exaspère les soldats romains qui jugent être en position de force.

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Les Romains engagent spontanément la bataille: aucune source n'indique le butin comme motif de cette attaque spontanée, mais plutôt l'espoir d'une victoire facile et d'en finir. Le combat est spontanément engagé par la schole palatine des Scutaires-Archers que commandent le prince hibère (géorgien) Bacurius et Cassio. Privés de soutien, ils sont repoussés. Le combat se généralise. Les Romains de l'aile gauche, ulcérés par le recul de l'unité de Bacurius, parviennent jusqu'au cercle de chariots. Néanmoins, comme les cohortes de Térentius Varro enfonçant le centre d'Hannibal à la bataille de Cannes, ils se sont engouffrés dans un piège.

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