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Les phases de la bataille (I)
Une
longue marche d'approche: à l'aube du 5 avant les Ides d'août
(9 août), les Romains abandonnent le camp d'Andrinople où le
trésor, le préfet du prétoire et l'administration impériale restent
sous la garde de plusieurs légions. Renseignés par la reconnaissance
des jours précédents, ils savent où est situé le camp des Goths.
Ils sont épuisés par environ 7 heures de marche sur un terrain
difficile sur une distance de 22 kilomètres.
Deux
heures de l'après-midi, contact: le camp des Goths est repéré au
flanc d'une colline. L'arrivée des Romains "à la huitième
heure" (vers 2 heures de l'après-midi) se fait en désordre.
L'aile droite formée de cavalerie est la première à se ranger
un peu en avant du centre formé par l'infanterie. La cavalerie
de l'aile gauche se dispose avec difficulté car elle arrive par
plusieurs itinéraires. On peut en déduire que la colonne de marche,
calquant l'ordre de bataille, avait son avant-garde constituée
par la cavalerie de l'aile droite, l'arrière-garde formée par
la cavalerie de l'aile gauche, tandis que l'infanterie restait
au centre. Les Goths, privés de leur cavalerie, prennent position
en hurlant devant le cercle de chariots où sont réfugiées leurs
familles. Pour gagner du temps, ils incendient les champs avec
des fagots de bois sec, ce qui accroît la chaleur de cette journée
et la soif des Romains.

Négociations:
Fritigern, le chef des Goths, se sentant en infériorité, essaie
encore la négociation. Il propose d'échanger des otages. Par
cette habile proposition, il gagne du temps pour que sa cavalerie,
partie au loin, puisse revenir. Le comte des domestiques Richomer
se dévoue pour mener les pourparlers. La durée des négociations
exaspère les soldats romains qui jugent être en position de force.

Les
Romains engagent spontanément la bataille: aucune source n'indique
le butin comme motif de cette attaque spontanée, mais plutôt
l'espoir d'une victoire facile et d'en finir. Le combat est spontanément
engagé par la schole palatine des Scutaires-Archers que commandent
le prince hibère (géorgien) Bacurius et Cassio. Privés de soutien,
ils sont repoussés. Le combat se généralise. Les Romains de l'aile
gauche, ulcérés par le recul de l'unité de Bacurius, parviennent
jusqu'au cercle de chariots. Néanmoins, comme les cohortes de
Térentius Varro enfonçant le centre d'Hannibal à la bataille
de Cannes, ils se sont engouffrés dans un piège.

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