Objectif Vienne, 1945
par Jean-Philippe Liardet

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Derniers combats

Le 14 avril, la Luftflotte 4 effectue encore 270 sorties avec même le soutien de quelques appareils hongrois. Pendant toute la durée de l'offensive soviétique, elle a continué à supporter avec efficacité les troupes au sol avec des chasseurs-bombardiers et ses derniers bombardiers, disputant même la supériorité aérienne à un ennemi très largement supérieur en nombre. Mais le manque de carburant et l'arrivée des appareils américains au-dessus de ses bases vont progressivement paralyser son action.

La poussée russe se poursuit malgré la perte de 80 chars face à la 6. SS-Panzer-Armee entre le 11 et le 14. Le 18, la 6. Panzer-Division rejoint le secteur de la 8. Armee menacée par plusieurs pénétrations ennemies. Le 509. Tiger-Abteilung la rejoint tandis que la 10. Fallschirmjäger-Division est attachée au I. SS-Panzer-Korps. Entre le 16 et le 18, celui-ci détruit 42 chars dont 24 pour le seul Kampfgruppe Peiper. Le 22, Hitler décide de rester dans Berlin pratiquement encerclée et de ne pas rejoindre ses dernières armées dans le sud. La situation se stabilise sur l'ensemble du front tenu par le Heeresgruppe Süd qui devient le Heeresgruppe Ostmark le 24. La Das Reich est mise en réserve pour prévenir l'arrivée de troupes alliées par l'ouest. Mais elle reçoit l'ordre avec la Hohenstaufen de se préparer à un transfert vers le Heeresgruppe Mitte pour une contre-attaque en direction de Berlin. Au sud, la 8e armée britannique profite de la capitulation rapide des troupes allemandes en Italie pour menacer les arrières de la 2. Panzer-Armee.


Cette colonne de SdKfz 251 de la Leibstandarte route vers l'ouest pour se rendre aux Américains.
Seuls des éléments de la Totenkopf seront remis aux Russes et connaîtront une longue captivité
et une mortalité importante comme tous les prisonniers des camps soviétiques.


Le 7 mai, le generaloberst Rendulic ordonne à ses hommes de gagner l'ouest pour se rendre aux Américains. Heeresgruppe Süd compte encore 450 000 hommes et occupe une ligne de front continue. Il a fallu à l'Armée rouge une offensive continue de 46 jours pour repousser les troupes allemandes au-delà de Vienne. Pendant presque toute cette période, la 6. SS-Panzer-Armee a occupé le secteur du front le plus large en plein centre du dispositif allemand avec des effectifs non seulement insuffisants mais également amputés au profit des armées voisines. La performance catastrophique de l'état-major de la 6. Armee s'est ajouté au refus de l'OKH et de Hitler d'autoriser suffisamment tôt les replis nécessaires pour raccourcir la ligne de front tout en conservant les matériels lourds. Aggravée par le manque de carburant et de pièces de rechange pour les matériels endommagés, cette rigidité habituelle a accéléré l'usure de divisions allemandes déjà affaiblies.

L'engagement de la 6. SS-Panzer-Armee en Hongrie pour une offensive sans espoir, plutôt qu'en Pologne pour barrer la route de l'Oder et de Berlin aux Russes est un non-sens stratégique. Mais l'usure de cette unité dans un combat défensif qui ne lui a pas permis d'utiliser des moyens encore importants pour manœuvrer et frapper encore plus durement l'ennemi, démontre le manque de qualité du commandement exercé par le Heeresgruppe Süd qui va manquer les rares opportunités qui s'offrent à lui, notamment lors de la percée initiale russe dans les Montagnes vertes. C'est l'abandon trop lent du saillant de la 6. Armee à l'Est du lac Balaton, pourtant autorisé par le haut-commandement allemand, qui va déséquilibrer définitivement le dispositif allemand. La 6. SS-Panzer-Armee, transférée de ce saillant qu'elle vient de conquérir, est engagée trop tard vers le nord. Puis elle doit tenir le terrain, faute d'obtenir les divisions dont elle a besoin pour se dégager une marge de manœuvre pour une contre-attaque d'envergure. Le I. Kavallerie-Korps, la 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen et même pendant de longues journées une partie de la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte restent sous le commandement de la 6. Armee qui couvre pourtant un front d'une quinzaine de kilomètres seulement. Le transfert tardif de divisions de la 2. Panzer-Armee au sud et le retrait tout aussi tardif des Infanterie-Divisionen allemandes de la poche le long du Danube au nord aggravent encore la situation. En face, le haut-commandement soviétique analyse parfaitement la situation et exécute à la perfection son plan.

 

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