Objectif Vienne, 1945
par Jean-Philippe Liardet

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Le general de Angelis, commandant la 2. Panzer-Armee se voit attribuer la 297. Infanterie-Division. Il propose de la placer en réserve au nord de son dispositif pour prévenir une nouvelle retraite de la 6. Armee. Il demande aussi la possibilité de se replier sur la ligne de défense Margaret, plus courte, et la subordination du I. Kavallerie-Korps qui n'est alors plus qu'en contact radio avec Balck. Ses deux demandes sont refusées mais il donne cependant à ce dernier l'ordre de se replier pour se rétablir sur des positions mieux ordonnées. Le 29, le 18e corps blindé et le 5e corps de cavalerie de la Garde frappent à la jointure entre les deux armées allemandes. Malgré les demandes pressantes des commandants en chef de la VI. SS-Panzer-Armee mais aussi de la 2. Panzer-Armee et de la 8. Armee, Wöhler refuse d'aligner sa ligne de front sur la frontière austro-hongroise. Avec un centre faible enfoncé sur les deux ailes de la 6. Armee et deux ailes exposées, le Heeresgruppe Süd est pourtant en complet déséquilibre. Alors que les premiers soldats russes foulent le sol du Reich, la décision prise est enfin de transférer la 117. Jäger-Division et la 11. Fallschirmjäger-Division du Heeresgruppe E toujours autour de Sarajevo. La 6. SS-Panzer-Armee reçoit l'autorisation de se retirer sur la ligne Pribina qui s'appuie sur le lac Neusiedl. Quelques renforts lui sont bien tardivement affectés : la 356. Infanterie-Division, le III/ 818. Heeres-Artillerie-Abteilung et le 103e bataillon d'artillerie hongrois.


Un M4A2 (76)W suivi de deux Universal Carriers dans les rues de Vienne. 1 212 furent fournis par les Anglais et 1 348 par les Canadiens.
Les Russes manquaient d'un véritable véhicule blindé de transport de troupes comme le M3 américain ou le SdKfz 251 allemand.


Mise en difficulté par la retraite de la 6. Armee, qui n'a plus de communication ce jour avec le Heeresgruppe Süd alors qu'il est désormais en territoire autrichien, la 2. Panzer-Armee n'est pas autorisée à reculer et doit continuer à protéger des champs pétrolifères en ruines en raison des bombardements alliés. De nouveau Balck trouve un bouc émissaire avec le IV. SS-Panzer-Korps. (5. SS-Panzer-Division, 1. et 3. Panzer-Divisionen) et la division hongroise Szent Laszlo reconstituée après les durs combats du début de l'année. Il annonce que cette dernière est entièrement passée à l'ennemi et désarme les dernières unités hongroises qui se battaient encore avec ténacité aux côtés des Allemands pour protéger les derniers lambeaux du territoire national. Son armée est définitivement coupée de ses deux voisines qui tiennent pourtant des fronts plus larges avec de moindres effectifs. Son habitude de ne pas vouloir annoncer de mauvaises nouvelles à ses supérieurs en tenant ses positions jusqu'au bout et le manque de coordination dans l'emploi de ses unités accélèrent leur usure.

Le 29, Guderian est remplacé par le general Krebs. L'annonce de son départ porte un rude coup au moral des unités allemandes qui voient partir l'un des derniers chefs à avoir leur confiance. Les derniers espoirs de victoire évanouis, les soldats allemands vont désormais chercher à défendre le sol de leur pays contre l'invasion soviétique en attendant l'arrivée des Alliés occidentaux. En cette fin du mois de mars, après deux semaines d'offensive ininterrompue, le haut-commandement soviétique se trouve en situation de répéter la manoeuvre d'encerclement employée pour Budapest. Le 3e front d'Ukraine (6e armée blindée de la Garde, 4e et 9e armées de la Garde) concentre ses forces pour opérer un vaste mouvement tournant par le sud en profitant de la brèche de 50 kilomètres entre la 6. SS-Panzer-Armee et la 6. Armee. Pendant ce temps, le 2e front d'Ukraine (46e armée, 2e corps mécanisé de la Garde et 23e corps blindé) repousse la 8. Armee le long de la rive droit du Danube.

 

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