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L'affaire des bandes de bras des SS-Panzer-Divisionen
Lors
de l'offensive des Ardennes, Hitler avait été particulièrement
touché par les faibles performances de la VI. SS-Panzer-Armee
par rapport à celles de la V. Panzer-Armee. L'échec
de l'offensive en Hongrie ajoute encore à son mécontentement.
Sa fureur explose lors de la réunion d'état-major
qui se tient dans la nuit du 26 au 27 mars. Il interdit aux hommes
de la Leibstandarte de porter leurs bandes d'épaule avec
le nom de la division. Seul le Reichsmarschall Göring, pourtant
déjà peu en faveur du führer, prend la parole
pour rappeler que l'unité a combattu bravement depuis le
début de la guerre, subissant des pertes plusieurs fois égales à ses
effectifs initiaux. Il ajoute que cette décision est injustifiée
et insultante pour les officiers et les hommes et notamment pour
Sepp Dietrich. Un moment silencieux, Hitler demande à Himmler
et à Fegelein de le suivre dans la chancellerie. Quelques
heures plus tard, l'ordre est maintenu sans qu'il soit encore possible
de nos jours de savoir s'il s'applique à la seul Leibstandarte,
aux divisions SS de la VI. SS-Panzer-Armee ou à l'ensemble
des divisions SS du front.
Contrairement
aux assertions de certains par la suite, la décision
n'est donc pas celle de Himmler et n'a pas fait l'objet d'une annulation
par Hitler ultérieurement. L'ordre ne dépasse cependant
pas le quartier-général de Sepp Dietrich. Choqué,
celui-ci refuse de le mettre à exécution et en informe
seulement les chefs de corps et de divisions. Ses hommes continueront à faire
leur devoir mais sans rien attendre désormais du haut-commandement.
Le
28, Himmler vient inspecter les unités sur le terrain
et convoque Sepp Dietrich au quartier-général du
Heeresgruppe Süd. Kraemer ne laisse pas partir son chef sans
une escorte de blindés semi-chenillés et de pièces
de flak quadruples qui fait forte impression sur Himmler. Il se
dit désolé par la décision d'Hitler et aborde
juste la nécessité de mobiliser toutes les énergies.

Un
M4A2 (76)W dans les rues d'une ville autrichienne.
Son canon de
76 mm est capable de perforer 135mm de blindage incliné à 30° à 1
000 m
contre 138 mm de blindage vertical au canon de 85 mm du T-34/85.
Nouvelle
percée
russe
Au nord, la 3e armée hongroise évacue sa tête
de pont mais la 8. Armee se trouve à son tour attaquée
par le 2e front d'Ukraine qui engage la 46e armée soutenue
par le 2e corps mécanisé et le 23e corps blindé.
Plus au nord, en Slovaquie, la 53e armée, la 7e armée
de la Garde, la 1ère armée roumaine attaquent avec
le soutien de trois ou quatre corps mécanisés. Rien
ne semble pouvoir arrêter la progression russe. Au sud du
Danube, les troupes allemandes doivent aussi reculer vers Raab
comme le long du lac Balaton. La 6. SS-Panzer-Armee propose de
tenir une ligne sur le canal Marczal et la rivière Raab
ce qui provoque la colère d'Hitler. Celui-ci décide
pourtant d'attribuer la 297. Infanterie-Division à la 2.
Panzer-Armee. Wöhler transfère le XXIII. Korps à la
8. Armee. En compensation, arrive un faible Kampfgruppe de la 37.
SS-Kavallerie-Division en cours de formation. Le quartier-général
de la Waffen SS a indiqué à Guderian que chaque division
disposait d'un pool de remplacement de 5 000 hommes. Issues des
rodomontades entre services qui essayent toujours de se concilier
les faveurs du führer, ses informations sont bien éloignées
de la réalité. Depuis leur arrivée en Hongrie,
les divisions SS se sont vu attribuer quelques milliers de combattants
pour la plupart transférés de la Kriegsmarine et
de la Luftwaffe et complètement dépourvus d'entraînement
au combat. Les éléments en cours de reconstitution
ou d'entraînement, comme les blessés de retour au
service, sont souvent détournés au profit d'autres
unités plus proches.
Wöhler autorise enfin la 6. SS-Panzer-Armee à récupérer
directement le reste de la Leibstandarte. La Hohenstaufen est oubliée.
Dietrich demande sans succès son retour mais aussi l'affectation
de la 1. Volks-Grenadier-Division pour tenir ses positions. Ses
hommes ont détruit une centaine de chars russes lors des
trois derniers jours, ce qui montre à la fois la détermination
des Russes et le courage désespéré des défenseurs.
La
6e armée de la Garde poursuit sa progression dans la
forêt de Bakony. Balck va prétexter un retrait trop
rapide des hommes de la Leibstandarte pour justifier la brèche
qui ne cesse de s'étendre entre les deux armées.
La déroute de son armée menace pourtant maintenant
directement le flanc de la 2. Panzer-Armee. Le transfert de la
1. Volks-Grenadier-Division est ralenti par le manque de moyens
de transport et par l'activité de l'aviation russe. Le nouveau
chef d'état-major du Heeresgruppe Süd, le generalleutnant
von Gyldenfeldt, prend cependant la mesure de la situation et ordonne à la
VI. Armee de renouer le contact avec la VI. SS-Panzer-Armee en
engageant cette division en soutien du IV. SS-Panzer-Korps (5.
SS-Panzer-Division, 1. et 3. Panzer-Divisionen).
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