Objectif Vienne, 1945
par Jean-Philippe Liardet

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9 - page 10 - page 11

 

L'affaire des bandes de bras des SS-Panzer-Divisionen

Lors de l'offensive des Ardennes, Hitler avait été particulièrement touché par les faibles performances de la VI. SS-Panzer-Armee par rapport à celles de la V. Panzer-Armee. L'échec de l'offensive en Hongrie ajoute encore à son mécontentement. Sa fureur explose lors de la réunion d'état-major qui se tient dans la nuit du 26 au 27 mars. Il interdit aux hommes de la Leibstandarte de porter leurs bandes d'épaule avec le nom de la division. Seul le Reichsmarschall Göring, pourtant déjà peu en faveur du führer, prend la parole pour rappeler que l'unité a combattu bravement depuis le début de la guerre, subissant des pertes plusieurs fois égales à ses effectifs initiaux. Il ajoute que cette décision est injustifiée et insultante pour les officiers et les hommes et notamment pour Sepp Dietrich. Un moment silencieux, Hitler demande à Himmler et à Fegelein de le suivre dans la chancellerie. Quelques heures plus tard, l'ordre est maintenu sans qu'il soit encore possible de nos jours de savoir s'il s'applique à la seul Leibstandarte, aux divisions SS de la VI. SS-Panzer-Armee ou à l'ensemble des divisions SS du front.

Contrairement aux assertions de certains par la suite, la décision n'est donc pas celle de Himmler et n'a pas fait l'objet d'une annulation par Hitler ultérieurement. L'ordre ne dépasse cependant pas le quartier-général de Sepp Dietrich. Choqué, celui-ci refuse de le mettre à exécution et en informe seulement les chefs de corps et de divisions. Ses hommes continueront à faire leur devoir mais sans rien attendre désormais du haut-commandement.

Le 28, Himmler vient inspecter les unités sur le terrain et convoque Sepp Dietrich au quartier-général du Heeresgruppe Süd. Kraemer ne laisse pas partir son chef sans une escorte de blindés semi-chenillés et de pièces de flak quadruples qui fait forte impression sur Himmler. Il se dit désolé par la décision d'Hitler et aborde juste la nécessité de mobiliser toutes les énergies.


Un M4A2 (76)W dans les rues d'une ville autrichienne.
Son canon de 76 mm est capable de perforer 135mm de blindage incliné à 30° à 1 000 m
contre 138 mm de blindage vertical au canon de 85 mm du T-34/85.

 

Nouvelle percée russe

Au nord, la 3e armée hongroise évacue sa tête de pont mais la 8. Armee se trouve à son tour attaquée par le 2e front d'Ukraine qui engage la 46e armée soutenue par le 2e corps mécanisé et le 23e corps blindé. Plus au nord, en Slovaquie, la 53e armée, la 7e armée de la Garde, la 1ère armée roumaine attaquent avec le soutien de trois ou quatre corps mécanisés. Rien ne semble pouvoir arrêter la progression russe. Au sud du Danube, les troupes allemandes doivent aussi reculer vers Raab comme le long du lac Balaton. La 6. SS-Panzer-Armee propose de tenir une ligne sur le canal Marczal et la rivière Raab ce qui provoque la colère d'Hitler. Celui-ci décide pourtant d'attribuer la 297. Infanterie-Division à la 2. Panzer-Armee. Wöhler transfère le XXIII. Korps à la 8. Armee. En compensation, arrive un faible Kampfgruppe de la 37. SS-Kavallerie-Division en cours de formation. Le quartier-général de la Waffen SS a indiqué à Guderian que chaque division disposait d'un pool de remplacement de 5 000 hommes. Issues des rodomontades entre services qui essayent toujours de se concilier les faveurs du führer, ses informations sont bien éloignées de la réalité. Depuis leur arrivée en Hongrie, les divisions SS se sont vu attribuer quelques milliers de combattants pour la plupart transférés de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe et complètement dépourvus d'entraînement au combat. Les éléments en cours de reconstitution ou d'entraînement, comme les blessés de retour au service, sont souvent détournés au profit d'autres unités plus proches.

Wöhler autorise enfin la 6. SS-Panzer-Armee à récupérer directement le reste de la Leibstandarte. La Hohenstaufen est oubliée. Dietrich demande sans succès son retour mais aussi l'affectation de la 1. Volks-Grenadier-Division pour tenir ses positions. Ses hommes ont détruit une centaine de chars russes lors des trois derniers jours, ce qui montre à la fois la détermination des Russes et le courage désespéré des défenseurs.

La 6e armée de la Garde poursuit sa progression dans la forêt de Bakony. Balck va prétexter un retrait trop rapide des hommes de la Leibstandarte pour justifier la brèche qui ne cesse de s'étendre entre les deux armées. La déroute de son armée menace pourtant maintenant directement le flanc de la 2. Panzer-Armee. Le transfert de la 1. Volks-Grenadier-Division est ralenti par le manque de moyens de transport et par l'activité de l'aviation russe. Le nouveau chef d'état-major du Heeresgruppe Süd, le generalleutnant von Gyldenfeldt, prend cependant la mesure de la situation et ordonne à la VI. Armee de renouer le contact avec la VI. SS-Panzer-Armee en engageant cette division en soutien du IV. SS-Panzer-Korps (5. SS-Panzer-Division, 1. et 3. Panzer-Divisionen).

 

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9 - page 10 - page 11

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés