Objectif Vienne, 1945
par Jean-Philippe Liardet

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Au sud, la 2. Panzer-Armee progresse encore de plusieurs kilomètres malgré de très violentes contre-attaques soviétiques. Durement pressées, les têtes de pont sur la Drau reçoivent l'autorisation d'évacuer leurs positions. Mais Hitler refuse toujours d'affaiblir les forces de ce secteur qu'il considère comme vital en raison de la proximité des champs pétrolifères hongrois, pourtant pratiquement détruits par les raids aériens alliés. L'obsession qui a suscité la dernière grande offensive allemande de la guerre reste vivace.

Pendant ce temps, la percée russe se poursuit sur le même rythme dans les Montagnes vertes. Dans le secteur du IV. SS-Panzer-Korps, la situation devient également critique en fin de journée. Si la 5. SS-Panzer-Division Wiking tient fermement ses positions et inflige de lourdes pertes aux assaillants, la 3. SS-Panzer-Division Totenkopf se trouve dans l'obligation de couvrir son flanc gauche de plus en plus découvert par la déroute de la 2e division blindée hongroise. Plusieurs de ses unités se trouvent encerclées et doivent percer vers l'ouest pendant la nuit. Au sud, le III. Panzer-Korps se trouve aussi menacé sur ses arrières dans le secteur Stuhlweibenburg. A la fin de la journée, la pénétration russe est profonde d'une dizaine de kilomètres et large de trente. Le general Balck, toujours trop optimiste, semble cependant peu préoccupé par la situation de l'aile gauche de son armée et maintient son quartier-général dans le secteur du III. Panzer-Korps.


Une pièce de 75 mm Pak en position près du lac Valence,
le 18 mars 1945. (Panzerjäger-abteilung 37).


Ce n'est pas le cas du Heeresgruppe Süd, qui demande l'autorisation d'employer le I. SS-Panzer-Korps pour frapper le flanc de l'offensive russe. Dans la nuit du 17 au 18, Hitler donne enfin l'autorisation de déplacer la 356. Infanterie-Division dans la région de Mor et de positionner le I. SS-Panzer-Korps derrière le IV. qui se voit également attribuer le renfort de la 17. Werfer-Brigade (lance-roquettes).
Toute la journée du 18 mars, la 3e armée hongroise se retrouve pressée par l'ennemi, mais composée pour l'essentiel d'unités allemandes, elle tient fermement ses positions au sud du Danube. Mais malgré un effort significatif de la Lufflotte 4 qui effectue 300 sorties et l'arrivée de la 92. Brigade, les quelques bataillons allemands engagés dans les Montagnes vertes ne peuvent contenir les troupes russes. Le IV. SS-Panzer-Korps réussit à maintenir ses positions mais se trouve menacé d'enveloppement sur son flanc gauche.
La 2. SS-Panzer-Division Das Reich reçoit à son tour l'ordre de se regrouper à l'arrière du front. L'aviation russe est particulièrement active et gêne considérablement les déplacements allemands. Les Soviétiques lancent de puissantes attaques repoussées par les unités allemandes de la 6. SS-Panzer-Armee qui tiennent des secteurs de plus en plus étendus. Les pertes sont lourdes de part et d'autre. Le commandement de la 6. SS-Panzer-Armee commence à mesurer l'ampleur de la catastrophe pour l'Armeegruppe Balck et la menace sur ses lignes de ravitaillement. Il décide aussitôt de les déplacer vers le sud.

 

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