Le régiment de Panzers de la Totenkopf à Koursk
traduction et photos par Pierre Tiquet

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Le groupe de l’uscha Stettner continue sa progression vers le nord-est. Stettner raconte encore.


La coopération entre les blindés et les fantassins est indispensable car les positions d'infanterie et d'artillerie
antichars russes sont parfaitement enterrées et dissimulées, même sur ces grandes plaines.


Notre bataillon progresse en utilisant une large formation en coin. Au loin, on discerne des chars russes encore à moitié de notre distance de tir. Soudain le char à gauche sursaute et s’enflamme tout de suite.

L’équipage évacue et se fait « cueillir » par les fantassins russes. Nous nous apercevons que nous sommes dans une position d’infanterie russe bien dissimulée dans un champ d’orge. Grenades à main et coktails molotov volent vers nous. Nous reculons et nous mettons à couvert pour reprendre notre souffle. A droite et à gauche l’avance semble bloquée. Notre infanterie est encore loin derrière nous. Je demande par radio l’appui feu de deux blindés à ma gauche et à ma droite car je veux chercher à détruire les premières positions russes. Ensuite, je demande à mon chargeur de me préparer toutes les grenades à œufs de notre char. Il s’agit d’un travail précis et minuté. Après m’être positionné avec l’appui des deux autres chars demandés, le chargeur me passe les grenades dégoupillées et je sors le corps de la tourelle et jette les grenades dans les nids de mitrailleuses russes. Cela explose et les unes après les autres les mitrailleuses russes se taisent. Le chemin est ainsi libre, nous roulons sur les positions russes par l’arrière, rejetant les fantassins russes survivants dans les bras de nos fantassins qui arrivent fort à propos. L’affaire est vite réglée.


Ce Pzkw III est un véhicule de commandement avec un canon factice en bois ce qui permet d'emporter des
tables pour les cartes et des appareils de communications plus nombreux.


15 heures. Notre groupe blindé se trouve à 2 km au nord-ouest de Poleshajew. Les chars russes semblent s’éparpiller. Devant nous se déroule un paysage bosselé avec des champs de seigle. Soudain un geyser de terre s’élève devant nous. Oups ! Un antichar de gros calibre. Nous manoeuvrons pour sortir du champ de tir de notre adversaire. Puis un bruit assourdissant de métal. Nous sommes chahutés dans le blindé. Nous entendons le bruit sec de l’antenne qui tombe sur la tourelle. Le char s’arrête. Touché. Pourtant, aucune fumée. Mon pointeur crie : "nous sommes touchés, tous dehors !" Je réplique de suite : "Nous restons dans le char, dehors c’est l’enfer". Mon chauffeur Hüttinger se lève le visage torturé par la douleur en criant : "mes jambes, mes jambes". Je lui demande : "tu te tient encore debout ?" Après un long silence vient la réponse : "oui". Alors assieds-toi, remet-toi aux commandes et marche arrière. Hüttinger a tout juste 18 ans. Il fait abstraction de sa douleur et redémarre notre char pour faire marche-arrière. Cela fonctionne.

Après 50 mètres de recul, je vois à ma gauche un Pzkw IV de la 6. Kompanie qui monte au combat. Il tire avec son 75 long. Nous nous mettons à couvert derrière lui. J’en profite pour sortir afin de constater les dégâts. Nous avons reçu un obus antichars directement en face du chauffeur, là où le blindage frontal est le plus épais. Notre chance est qu’à cet endroit il y a également les morceaux de chenille de remplacement. Celles –ci ont souffert, le blindage principal lui n’est que partiellement touché et l’obus n’a heureusement pas pu pénétré. Les blessures de Hüttinger ne sont pas trop graves non plus et sont dues au fait que l’impact à décollé à l’intérieur du char des morceaux de métal qui ont été projetés et ont pénétré les chairs de notre malheureux chauffeur. Il est content que ce ne soit pas plus grave et après avoir été pansé, il peu reprendre sa place.

 

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