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Le
groupe de l’uscha
Stettner continue sa progression vers le nord-est. Stettner raconte
encore.

La
coopération entre les blindés et les fantassins est indispensable
car les positions
d'infanterie et d'artillerie
antichars russes sont parfaitement enterrées et dissimulées,
même
sur ces grandes plaines.
Notre bataillon progresse en utilisant
une large formation en coin. Au loin, on discerne des chars
russes encore à moitié de
notre distance de tir. Soudain le char à gauche sursaute
et s’enflamme tout de suite.
L’équipage évacue
et se fait « cueillir » par les fantassins russes.
Nous nous apercevons que nous sommes dans une position d’infanterie
russe bien dissimulée dans un champ d’orge. Grenades à main
et coktails molotov volent vers nous. Nous reculons et nous mettons à couvert
pour reprendre notre souffle. A droite et à gauche l’avance
semble bloquée. Notre infanterie est encore loin derrière
nous. Je demande par radio l’appui feu de deux blindés à ma
gauche et à ma droite car je veux chercher à détruire
les premières positions russes. Ensuite, je demande à mon
chargeur de me préparer toutes les grenades à œufs
de notre char. Il s’agit d’un travail précis
et minuté. Après m’être positionné avec
l’appui des deux autres chars demandés, le chargeur
me passe les grenades dégoupillées et je sors le
corps de la tourelle et jette les grenades dans les nids de mitrailleuses
russes. Cela explose et les unes après les autres les mitrailleuses
russes se taisent. Le chemin est ainsi libre, nous roulons sur
les positions russes par l’arrière, rejetant les fantassins
russes survivants dans les bras de nos fantassins qui arrivent
fort à propos. L’affaire est vite réglée.

Ce
Pzkw III est un véhicule de commandement avec un canon factice en
bois ce qui permet d'emporter des
tables pour les cartes et des appareils de communications plus nombreux.
15
heures. Notre groupe blindé se trouve à 2
km au nord-ouest de Poleshajew. Les chars russes semblent s’éparpiller.
Devant nous se déroule un paysage bosselé avec des
champs de seigle. Soudain un geyser de terre s’élève
devant nous. Oups ! Un antichar de gros calibre. Nous manoeuvrons
pour sortir du champ de tir de notre adversaire. Puis un bruit
assourdissant de métal. Nous sommes chahutés dans
le blindé. Nous entendons le bruit sec de l’antenne
qui tombe sur la tourelle. Le char s’arrête. Touché.
Pourtant, aucune fumée. Mon pointeur crie : "nous sommes
touchés, tous dehors !" Je réplique de suite
: "Nous restons dans le char, dehors c’est l’enfer".
Mon chauffeur Hüttinger se lève le visage torturé par
la douleur en criant : "mes jambes, mes jambes". Je lui
demande : "tu te tient encore debout ?" Après
un long silence vient la réponse : "oui". Alors
assieds-toi, remet-toi aux commandes et marche arrière.
Hüttinger a tout juste 18 ans. Il fait abstraction de sa douleur
et redémarre notre char pour faire marche-arrière.
Cela fonctionne.
Après 50 mètres de recul, je vois à ma
gauche un Pzkw IV de la 6. Kompanie qui monte au combat. Il tire
avec son 75 long. Nous nous mettons à couvert derrière
lui. J’en profite pour sortir afin de constater les dégâts.
Nous avons reçu un obus antichars directement en face du
chauffeur, là où le blindage frontal est le plus épais.
Notre chance est qu’à cet endroit il y a également
les morceaux de chenille de remplacement. Celles –ci ont
souffert, le blindage principal lui n’est que partiellement
touché et l’obus n’a heureusement pas pu pénétré.
Les blessures de Hüttinger ne sont pas trop graves non plus
et sont dues au fait que l’impact à décollé à l’intérieur
du char des morceaux de métal qui ont été projetés
et ont pénétré les chairs de notre malheureux
chauffeur. Il est content que ce ne soit pas plus grave et après
avoir été pansé, il peu reprendre sa place.
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