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9 juillet 1943 11 heures 15
Le
groupement du II/ 3. SS-Panzer-Regiment de l’Haupsturmführer
Biermann prend la hauteur à l’est de Kotschetowka.
Un quart d’heure plus tard il, tombe sur un groupement blindé russe.
Notre Kompanie (Haupsturmführer Flohr)
attaque à gauche
de Wesselyj, derrière un petit vallon qui mène à la
côte 224,5. Un blindé d’observation d’artillerie
nous accompagne. A ma gauche roule Uzelino avec son Pzkw III, à ma
droite mon Zugführer l’Untersturmführer Burgschulte.
Nous dépassons la hauteur et devant nous se présent
une étendue plate qui se termine par une vallée.
A 500 mètres se tiennent quelques T 34 en position d’attente.
Nous ouvrons le feu les premiers. Uzelino en détruit un
dès le premier tir. A notre droite, d’autres s’enflamment
sous les coups mortels. Uzelino quitte soudain notre formation.
Est-il devenu fou ? Je vois alors l’équipage évacuer
le blindé. De la gauche des canons de flak (artillerie antiaérienne)
nous tirent dessus, de la droite des canons de Pak (artillerie
antichars) alors que devant nous s'avancent de nouveaux chars russes
! A ce moment, mon pointeur me crie : "mise à feu hors-service
!" Il ne manquait plus que cela ! Sommes-nous tombés
dans un piège ? J’entends dans mes écouteurs
l’ordre du chef de faire marche arrière. Mais je ne
veux pas laisser l’équipage d’Uzelino aux mains
des russes. Je le rejoins alors qu'il reçoit de nouveau
un obus.
En
un éclair nous faisons monter les trois camarades
survivants à notre bord. Uzelino et son chargeur sont indemnes.
Nous reculons à toute vitesse, le feu ennemi se concentre
maintenant sur nous. Le reste de la kompanie s’est mis à l’abri.
Un morceau de la protection de la chenille gauche vole en éclat,
je fais obliquer à droite, un obus érafle le côté gauche
de la tourelle, je fais obliquer à gauche et ainsi de suite
en zig-zag je déconcerte les tireurs russes. Puis un grand
bruit "Rumms", le Rommelkiste (protection de flanc) s’envole
lui aussi. Des balles sifflent à mes oreilles car les trois
camarades prennent de la place à bord de la tourelle et
je suis à moitié hors de l’habitacle. Nous
atteignons enfin le couvert avec les survivants de l’équipage
d’Uzelino, reconnaissants de notre sauvetage. Notre blindé est
rapidement remis en état. Il est de nouveau prêt au
combat lorsque l’Hauptsturmführer Flohr nous donne de
nouveaux ordres. Nous devons contourner le village de Lotschetowka
par la vallée et prendre l'ennemi de flanc. Nous avançons
plein gaz dans la vallée et obliquons vers la gauche où elle
devient plus profonde et plus étroite. A droite, des bosquets
nous cachent la vue. "Blindé halte !" Je saute
de mon engin le pistolet-mitrailleur à la main et pénètre
dans les bosquets pour aller observer la « Balka ».
Oh la ! la ! A peu près à 400 mètres, 5 T34
tout neufs sont arrêtés les uns derrière les
autres. Ils nous attendent en embuscade, pour nous "cueillir" au
sortir du goulot d’étranglement ! L’Haupsturmführer
Flohr a également arrêté son char et me rejoins
avec l’observateur d’artillerie avancé qui transmet
les coordonnées des blindés russes. La première
salve ne tarde pas. Trop loin ! L’observateur corrige. Le
quatrième obus tombe en plein milieu. Les salves de 105
mm se suivent ensuite les unes après les autres et mettent
les Russes en charpie. Maintenant, nous sortons de la petite vallée
et pourchassons les véhicules russes (chars et camions).
Un coup au but stoppe net le char de Flohr, bouchant la sortie.
Je recule et à l’aide de câbles d’acier
le prend en remorque pour ne pas gêner le passage. S’offre
alors à nos regards une vaste plaine où les Russes
s’affolent et s’éparpillent dans tous les sens
pour échapper aux tirs de nos 16 canons. Le terrain de cette
plaine étant meuble par endroit ils sont regroupés
en paquets et nous offrent des cibles faciles. L’observateur
d’artillerie continue à diriger le tir des obusiers
de 105 mm.
Il
est 9 Heure 30. Le groupe blindé du Haupsturmführer
Biermeier monte à l’assaut de la côte 226.6
vers le Nord-Est. Nous avons à peine commencé à progresser
qu’une masse de T34 nous arrive droit dessus à toute
vitesse. Les blindés ennemis sont à moins de 100
mètres, quelques uns même à 50 mètres
de nous ! Mon pointeur me crie qu’il est prêt. "Feu
!" Un bruit d’enfer, des étincelles et des panaches
de fumées, notre blindé tremble sous l’explosion
du blindé ennemi. Des morceaux de métal volent dans
tous les sens. Le T34 est complètement déchiqueté.
Devant nous s’ouvrent les portes de l’enfer. Les blindés
russes doivent être remplis de dynamite pour exploser de
cette manière ! Les explosions sont gigantesques, les lourdes
roues de leur train de roulement volent dans les airs comme des
plumes… et retombent de tout leur poids dans un craquement
assourdissant. Les pionniers devant nous subissent de lourdes pertes.
Ils ont détruit à l’aide de charges creuses,
de mines ou de grenades antichars bon nombre de chars russes. Mais
beaucoup de ces valeureux soldats ont été tués
par les éclats et les morceaux de leurs victimes qui volaient
et retombaient partout. Le premier bataillon du régiment
se reforme pour la contre-attaque et notre deuxième bataillon
le suit peu après. Nous recevons vite un appel à l’aide
de notre 1. Kompanie sur l’aile droite, qui se trouve bloquée
derrière une hauteur, par un rideau antichars russe. Nous
les prenons de côté et après les avoir anéantis
nous revenons sur les positions de notre Bataillon.
Petite anecdote vécue
par un Oscha de l’infanterie
Un blindé recule, les portes latérales
de la tourelle s’ouvrent. Le chauffeur et le radio sortent
le corps sans vie de leur commandant. Il a perdu ses deux jambes.
Après lui avoir donné une sépulture rapide
et l’avoir salué, ils courent vers le défilé,
pour demander un nouveau commandant de char, l’un d'eux,
blessé légèrement, se fait soigner par le
médecin du bataillon en insistant pour ne pas être évacué car
il veut rester avec ses camarades. |
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