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Deux anciens du régiment de panzer de la
3. SS-Panzer-Division Totenkopf nous raconte leur participation à l'opération
Zitadelle qui culmine avec l'engagement du II. SS-Panzer-Korps à Prochorovka.
Souvenirs
de Georg Schäfer ancien chef char à la Kompanie
de Tigre
C’était déjà le milieu d’avril
1943. Nous étions positionné sur le front sud dans
la région de Kharkov, Belgorod. La date de l’offensive "Zitadelle" était
de nouveau reculée. Pourquoi ? Nous ne le savions pas. Ce
n’est que dans la nuit du 4 juillet 1943 que l’on nous
a informé que c'était pour le lendemain. Je ne vais
pas m’étendre sur ce qui a été déjà écrit
sur le sujet et me contenter de vous raconter ce que j’ai
personnellement vécu lors de cette offensive.
Lorsque
nous avons attaqués, le 5 juillet 1943, nous sommes
arrivés sur une position qui était balisée
de fil de fer et de morceaux d’étoffes colorés.
Le grand champ balisé était couvert de mines et nos
gars du génie avaient signalé avec de grands écriteaux
le danger. Il était impossible d'aller plus loin. Ayant
une planification à respecter, nous ne devions pas perdre
de temps car nos camarades de l’infanterie comptaient sur
notre support. Maintenant nous étions en face de celui-ci,
ne savions plus où et comment avancer. Soudain nous vint
l’ordre à notre Kompanie de foncer à travers
le champ de mines car le Tigre était sensé pouvoir
résister à leur déflagration !
Aussi
donnais-je l’ordre à mon chauffeur d’avancer
et après avoir fermé mon écoutille. Nous devions "nettoyer" ce
champ de mines pour permettre le passage de l’infanterie.
Au début tout se passa bien. En dessous de nous les mines
explosaient et nous confortant dans l'idée que nos Tigres étaient
indestructibles, insensibles aux mines. Je devais bientôt
déchanter et aller pouvoir m’inscrire à un
cours de formation plus poussé sur les blindés !
Une indescriptible détonation nous propulsa, dans tous les
sens sur les flancs d’acier de notre habitacle où nous
nous fîmes fait très mal. Des visions d’épouvante
me passèrent par la tête car notre habitacle pouvait
devenir également notre cercueil d’acier. Mon blindé se
dressa sur son axe arrière, me donnant l’indication
que nous avions déchenillé. Nous nous trouvions maintenant
au beau milieu du champ de mines sans pouvoir descendre de notre
blindé !

Le
Pzkw Tigre VI de Georg Schäfer, juché sur le canon.
On
note déjà quelques impacts d'obus russes sur la face avant.
Par radio, j’ai tout de suite contacté nos pionniers,
puis notre groupe de réparation. Les pionniers ont retiré les
mines restantes pour permettre l'intervention du groupe de réparation.
Les pionniers m’ont dit que nous avions sauté sur
une mine américaine. En dessous de nous il y avait un trou
d’un mètre de profondeur à peu près
!
Une
fois les réparations effectuées, je me suis mis
en contact avec ma Kompanie pour leur signaler que j’étais
de nouveau en état de combattre. Je reçu l’ordre
de la rejoindre au plus vite mais j’avais à traverser
un profond défilé escarpé. Aussi, je suis
descendu pour guider mon conducteur avec des signes de mains. Lorsque
nous avons passé ce défilé, j’ai dit à mon
chauffeur de s’arrêter sur une petite hauteur tout
en lui signalant que j’arrivais par la gauche pour remonter
dans ma tourelle. Malheureusement, des Russes étaient positionnés
sur la gauche à environ 1200-1500 mètres. Lorsque
j’ai voulu grimper sur le char, nous avons reçu un
coup direct dans le compartiment moteur et je fus touché très
sérieusement derrière la tête.
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