Narvik 1940
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Un furieux combat

Vers 8 heures du matin, la Luftwaffe intervient en force et les troupes de montagnes allemandes en profitent pour lancer une violente contre-attaque. Les Norvégiens refluent vers la côte 295 où le capitaine Guittaut succombe. Puis le lieutenant Garoux est grièvement blessé. La 2e compagnie doit alors décrocher à son tour. Toute la tête de pont est désormais menacée.
Le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey refuse cependant le rembarquement de ses troupes et les relance à l'attaque. Aidés par la résistance de la section du lieutenant Vadot, qui n'a pas quitté sa position sur le remblai de chemin de fer et empêche le déploiement des Allemands depuis près de 4 heures, le reste du 1er bataillon reprend le terrain perdu. Le bataillon norvégien et la 3e compagnie assaillent ensuite les positions allemandes sur les côtes 457 et 407. A 19 heures, elles sont entre leurs mains. Le long de la voie ferrée, les canons de 25, hissés à grand peine le long de la falaise, neutralisent les casemates allemandes.
Le 2e bataillon, réservé pour l'assaut direct sur Narvik, n'est pas en position avant 19 heures en raison des nombreuses attaques aériennes. L'heure tardive incite le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey à repousser l'attaque au lendemain 4 heures. Sous l'impulsion du capitaine Amilakvari, le 2e bataillon prend l'initiative d'avancer et occupe presque sans opposition les collines proches de la ville que les Allemands évacuent dans la nuit. Le sommeil du chef de la 13e DBLE est interrompu à cette nouvelle : la Légion tient Narvik !

3 légionnaires de la 13 traversant la voie ferrée entre Narvik et la Suède


L'évacuation

Dans les jours qui suivent la prise de Narvik, les Allemands sont refoulés vers la frontière suédoise le long de la voie de chemin de fer. Le général Dietl regroupe ses troupes pour un dernier combat et cherche à éviter passage en Suède synonyme d'internement pour la durée de la guerre.
Mais du 4 au 7 juin, les 25.000 hommes du corps expéditionnaires sont évacués dans le plus grand secret, sans même que les troupes norvégiennes soient informées de cette décision. Les légionnaires du 1er bataillon sont les derniers à rembarquer. Cette campagne coûte à la 13e DBLE 7 officiers et 60 hommes tués. La plupart sont tombés le 28 mai dans les rangs du 1er bataillon.
Sur le chemin du retour, les transports de troupes évitent de justesse une mortelle rencontre avec les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau, venus bombarder la base logistique alliée à Harstad. Le porte-avions Glorious et son escorte n'ont pas la chance des légionnaires et du reste du corps expéditionnaire et sont envoyés par le fond. La 13e DBLE regagne Brest le 15 juin pour participer à la formation du réduit breton envisagé par un haut commandement en pleine décomposition. Transportés vers Rennes en train, les légionnaires reçoivent aussitôt arrivés l'ordre de regagner Brest d'où ils sont évacués vers l'Angleterre sous les bombes de la Luftwaffe. Une nouvelle aventure commence.

 

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