Narvik 1940
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Les légionnaires débarquent à Bjerkvit

L'objectif des légionnaires est Bjerkvit, un village de pêcheurs situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Narvik. Le 14 mai à 1 heure du matin, les légionnaires débarquent en utilisant des chaloupes et des baleinières et les premiers chalands de débarquement. Comme la nuit ne tombe jamais réellement dans cette région à cette période de l'année, les attaques aériennes sont nombreuses. L'étroitesse du fjord et les tirs antiaériens des navires de guerre britanniques gênent cependant les appareils allemands.
Soutenus par l'artillerie de marine, les légionnaires prennent pied sur le rivage et s'emparent des hauteurs qui entourent Bjerkvit. Appuyé par trois chars Hotchkiss H-39, le 1er bataillon contrôle définitivement le petit port en ruine après deux heures d'intenses combats.
Le 2e bataillon débarque ensuite à Meby et prennent le camp d'Elvegaard, situé en arrière de Bjerkvit. Deux chars soutiennent les légionnaires qui poursuivent ensuite leur avance vers la cote 220 où une arrière-garde allemande couvre la retraite. Un char détruit deux mitrailleuses mais une troisième bloque toujours l'avance de la 5e compagnie. Trois espagnols tentent l'escalade en profitant d'un angle mort. Deux d'entre eux perdent la vie dans cette entreprise insensée mais le légionnaire Gayoso réussit à neutraliser l'emplacement ennemi à la grenade. Cet exploit sera récompensé par la médaille militaire. Dans la foulée le peloton motocycliste du lieutenant Lefort descend le fjord jusqu'au petit port de pêche d'Oijord, situé en face de Narvik.
Encouragés par ce succès, les légionnaires souhaitent poursuivrent tout de suite sur Narvik avant que les Allemands ne se ressaisissent mais le commandement ordonne l'arrêt des opérations. Pendant plus d'une dizaine de jours, la 13e DBLE s'enterre et subit de nombreuses attaques aériennes, perdant de plusieurs hommes dont le chef de corps du 2e bataillon, le commandant Guéninchault. Le général Dietl reçoit en renfort un bataillon de parachutistes puis le 137e régiment de chasseurs de montagne, parachuté après une instruction sommaire.
L'annonce du succès de l'offensive allemande en France, déclenchée le 10 mai, incite les Alliés à retirer leurs forces de ce théâtre d'opération secondaire. Ils décident néanmoins de prendre d'abord Narvik, pour détruire ses installations portuaires et ferroviaires mais aussi pour faciliter le rembarquement des troupes.

Un débarquement mouvementé

Pour une fois dans cette campagne, les assaillants vont pouvoir disposer d'une couverture aérienne. Depuis la base aérienne de Bordufoss, plus au nord, un escadron de Gladiators et un escadron de Hurricanes vont disputer la suprématie aérienne aux Allemands au dessus de Narvik et surtout protéger la base arrière de Harstad de la destruction.
L'opération, prévue pour le 28 mai à minuit, est confiée à la 13e DBLE, soutenue par un bataillon norvégien. Les 1ère et 2e compagnies du 1er bataillon embarquent à Oijord. Elles doivent traverser les deux kilomètres du fjord pour prendre pied sur l'étroite plage d'Orneset, dominée par une falaise abrupt où passe la voie ferrée. Au même moment, les chasseurs alpins au nord de Narvik et les Polonais au sud vont mener des attaques de diversion.
L'appui-feu est fournit par un cuirassé, trois croiseurs et huit destroyers. Cette fois-ci, les légionnaires débarquent dès la fin du barrage d'artillerie. Les Allemands, qui s'étaient mis à couvert n'ont pas encore eu le temps de regagner toutes leurs positions. Plusieurs dizaines d'entre eux sont fait prisonniers. Les deux compagnies entreprennent alors l'escalade de la falaise.
La 1ère du capitaine Guittaut atteint la côte 295 après quarante minutes d'une escalade éprouvante sous le feu de l'ennemi. La 2e compagnie du capitaine Gilbert a pour objectif une position allemande appuyée sur le remblai de chemin de fer. Le combat s'engage à courte distance. Disposant d'une puissance de feu supérieure, les Allemands empêchent toute progression des légionnaires s'accrochent au terrain en attendant les renforts.
La deuxième vague, composée du reste du 1er bataillon (3e, 4e compagnies et compagnie d'appui) et du bataillon norvégien du commandant Ulmo devait renforcer la tête de pont une fois celle-ci assurée. Mais le point d'embarquement se trouve exposé aux tirs des pièces de 77 allemandes abritées dans les tunnels ferroviaires. Le capitaine Guillemin qui commande cette deuxième vague d'assaut est déchiqueté par un obus. La confusion la plus totale règne bientôt. Le lieutenant-colonel Magrin Vernerey décide alors de faire embarquer ses troupes de l'autre côté de la presqu'île, à Seines, un petit port de pêche dérobé à la vue de l'ennemi par deux collines.
Dans la tête de pont, la 1ère compagnie tient toujours la côte 295 dominée par la côte 457, verrou de tout le dispositif allemand. La 2e compagnie réussit à trouver un nouvel axe d'attaque et à progresser de quelques centaines de mètres le long de la voie ferrée. La deuxième vague d'assaut arrive vers 6 heures du matin pour poursuivre la progression.

 

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