page
1 - page 2 - page 3
Les
légionnaires débarquent à Bjerkvit
L'objectif
des légionnaires est Bjerkvit, un village de pêcheurs situé à une
quinzaine de kilomètres au nord de Narvik. Le 14 mai à 1 heure
du matin, les légionnaires débarquent en utilisant des chaloupes
et des baleinières et les premiers chalands de débarquement.
Comme la nuit ne tombe jamais réellement dans cette région à cette
période de l'année, les attaques aériennes sont nombreuses. L'étroitesse
du fjord et les tirs antiaériens des navires de guerre britanniques
gênent cependant les appareils allemands.
Soutenus par l'artillerie
de marine, les légionnaires prennent pied
sur le rivage et s'emparent des hauteurs
qui entourent Bjerkvit. Appuyé par trois
chars Hotchkiss H-39, le 1er bataillon
contrôle définitivement le petit port en
ruine après deux heures d'intenses combats.
Le 2e bataillon débarque
ensuite à Meby et prennent le camp d'Elvegaard,
situé en arrière de Bjerkvit. Deux chars
soutiennent les légionnaires qui poursuivent
ensuite leur avance vers la cote 220 où une
arrière-garde allemande couvre la retraite.
Un char détruit deux mitrailleuses mais
une troisième bloque toujours l'avance
de la 5e compagnie. Trois espagnols tentent
l'escalade en profitant d'un angle mort.
Deux d'entre eux perdent la vie dans cette
entreprise insensée mais le légionnaire
Gayoso réussit à neutraliser l'emplacement
ennemi à la grenade. Cet exploit sera récompensé par
la médaille militaire. Dans la foulée le
peloton motocycliste du lieutenant Lefort
descend le fjord jusqu'au petit port de
pêche d'Oijord, situé en face de Narvik.
Encouragés par ce
succès, les légionnaires souhaitent poursuivrent
tout de suite sur Narvik avant que les
Allemands ne se ressaisissent mais le commandement
ordonne l'arrêt des opérations. Pendant
plus d'une dizaine de jours, la 13e DBLE
s'enterre et subit de nombreuses attaques
aériennes, perdant de plusieurs hommes
dont le chef de corps du 2e bataillon,
le commandant Guéninchault. Le général
Dietl reçoit en renfort un bataillon de
parachutistes puis le 137e régiment de
chasseurs de montagne, parachuté après
une instruction sommaire.
L'annonce du succès
de l'offensive allemande en France, déclenchée
le 10 mai, incite les Alliés à retirer
leurs forces de ce théâtre d'opération
secondaire. Ils décident néanmoins de prendre
d'abord Narvik, pour détruire ses installations
portuaires et ferroviaires mais aussi pour
faciliter le rembarquement des troupes.
Un
débarquement mouvementé
Pour
une fois dans cette campagne, les assaillants vont pouvoir disposer
d'une couverture aérienne. Depuis la base aérienne de Bordufoss,
plus au nord, un escadron de Gladiators et un escadron
de Hurricanes vont disputer la suprématie aérienne aux
Allemands au dessus de Narvik et surtout protéger la base arrière
de Harstad de la destruction.
L'opération, prévue pour le 28 mai à minuit, est confiée à la 13e DBLE, soutenue
par un bataillon norvégien. Les 1ère et 2e compagnies du 1er bataillon embarquent à Oijord.
Elles doivent traverser les deux kilomètres du fjord pour prendre pied sur
l'étroite plage d'Orneset, dominée par une falaise abrupt où passe la voie
ferrée. Au même moment, les chasseurs alpins au nord de Narvik et les Polonais
au sud vont mener des attaques de diversion.
L'appui-feu est fournit
par un cuirassé, trois croiseurs et huit
destroyers. Cette fois-ci, les légionnaires
débarquent dès la fin du barrage d'artillerie.
Les Allemands, qui s'étaient mis à couvert
n'ont pas encore eu le temps de regagner
toutes leurs positions. Plusieurs dizaines
d'entre eux sont fait prisonniers. Les
deux compagnies entreprennent alors l'escalade
de la falaise.
La 1ère du capitaine
Guittaut atteint la côte 295 après quarante
minutes d'une escalade éprouvante sous
le feu de l'ennemi. La 2e compagnie du
capitaine Gilbert a pour objectif une position
allemande appuyée sur le remblai de chemin
de fer. Le combat s'engage à courte distance.
Disposant d'une puissance de feu supérieure,
les Allemands empêchent toute progression
des légionnaires s'accrochent au terrain
en attendant les renforts.
La deuxième vague,
composée du reste du 1er bataillon (3e,
4e compagnies et compagnie d'appui) et
du bataillon norvégien du commandant Ulmo
devait renforcer la tête de pont une fois
celle-ci assurée. Mais le point d'embarquement
se trouve exposé aux tirs des pièces de
77 allemandes abritées dans les tunnels
ferroviaires. Le capitaine Guillemin qui
commande cette deuxième vague d'assaut
est déchiqueté par un obus. La confusion
la plus totale règne bientôt. Le lieutenant-colonel
Magrin Vernerey décide alors de faire embarquer
ses troupes de l'autre côté de la presqu'île, à Seines,
un petit port de pêche dérobé à la vue
de l'ennemi par deux collines.
Dans la tête de pont,
la 1ère compagnie tient toujours la côte
295 dominée par la côte 457, verrou de
tout le dispositif allemand. La 2e compagnie
réussit à trouver un nouvel axe d'attaque
et à progresser de quelques centaines de
mètres le long de la voie ferrée. La deuxième
vague d'assaut arrive vers 6 heures du
matin pour poursuivre la progression.
page
1 - page 2 - page 3 |