Avec deux guerres mondiales distantes d'une vingtaine d'années, le potentiel humain des principaux belligérants à l'orée de la Seconde ne pouvait que refléter l'évolution de la situation lors de la Première. L'étude comparée de la France et de l'Allemagne est à cet égard très significative.
Année de naissance |
Classe |
France |
Allemagne |
Ratio A/F |
1915 |
1935 |
323 000 |
602 000 |
1,86/1 |
1916 |
1936 |
205 000 |
464 100 |
2,26/1 |
1917 |
1937 |
165 000 |
345 000 |
2,09/1 |
1918 |
1938 |
171 000 |
310 000 |
1,81/1 |
1919 |
1939 |
197 000 |
321 000 |
1,57/1 |
1920 |
1940 |
217 000 |
473 800 |
2,18/1 |
En France, les classes d'âge entre 1935 et le début du conflit sont particulièrement pauvres. Si les enfants nés en 1915 sont pour l'essentiel conçus avant la mobilisation, les années 1916 à 1919 se ressentent nettement de la présence au front de la plupart des jeunes gens. En 1920, le niveau atteint péniblement les deux-tiers de celui d'avant-guerre en raison des très lourdes pertes.

Les soldats allemands bénéficient de permission plus régulière que les soldats français
qui restent stationnés sur la ligne de front même en période de calme. Le taux de natalité s'en ressent !
Avec une population plus importante (ratio d'environ 3/2) et une natalité plus forte l'Allemagne se retrouve avec pratiquement deux fois plus d'hommes disponibles (1,97/1 en moyenne sur la période). Cette différence s'explique aussi par une plus grande souplesse dans la gestion des troupes allemandes qui bénéficiaient de plus de permissions. Ce n'est qu'avec la classe 1939 que le ratio retrouve une certaine normalité. Lors de la dernière année de la guerre, l'Allemagne subit en effet de lourdes pertes et un nombre croissant d'unités se retrouvèrent stationnées très loin du territoire national, en Russie notamment. Après l'armistice, les prisonniers de guerre furent également très nombreux pendant plusieurs mois.
On comprend mieux en voyant ses chiffres l'attitude défensive de la France, symbolisée par la ligne Maginot, et l'importance de l'alliance avec la Grande-Bretagne.

Le sort de la guerre se joue sur le front de l'Ouest. L'Angleterre y concentre l'essentiel de ses troupes
et notamment les meilleurs éléments, ce qu'elle tardera à faire en 1940.
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