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La
division d'infanterie "standard" (Hohei Shidan)
Organisée
sur le même modèle triangulaire que dans la plupart des armées
européennes, sa spécificité principale provient de l'existence
d'un état-major d'infanterie autonome coiffant les trois régiments
d'infanterie de la division. La présence de cet état-major spécial,
d'ailleurs non systématique et de moins en moins fréquent avec
le temps, permet en quelque sorte de dédoubler la division en
fonction des circonstances. Ainsi, en décembre 1941, tandis que
la 55e DI procède à l'occupation de la Thaïlande,
son état-major d'infanterie et un de ses régiment participent à l'invasion
des îles de Guam et de Wake.
En dehors
de ces régiments de 3.800 hommes et trois bataillons, la division
d'infanterie dispose d'un régiment de cavalerie (Kihei Rentai)
de 950 hommes auquel est dans certains cas substitué un régiment
de reconnaissance semi-mécanisé à 5 compagnies (1 montée, 2 motorisées,
1 de voitures blindées, 1 de transport - Sosaku Rentai).
Elle comprend également un régiment du génie (Kohei Rentai)
dont les trois compagnies sont chacune affectées à un régiment. Héritier
des affrontements chinois, le régiment d'artillerie, de type
"campagne" ou "de montagne", reste minimaliste avec trois groupes
de 75
(parfois
un de 105), soit 36 pièces divisionnaires (en plus des batteries
régimentaires de 4 pièces). Enfin, un régiment de transport autonome
(Shicho Rentai) comprenant un parc de 50 à 100 camions
et de 250 attelages divers dépend organiquement de la division.
Les
adjonctions de sous-unités sont la règle en fonction des circonstances,
particulièrement en ce qui concerne le génie. Le régiment divisionnaire
a en la matière vocation généraliste. Suivant les besoins, des
compagnies spécialisées de différentes catégories peuvent être
attachées aux divisions :
- Ko :
Génie de combat
- Otsu :
Guerre de position
- Hei :
Construction de ponts permanents
- Bo :
Opérations amphibies
- Tei :
Génie de franchissement
- Ki :
Destruction d'ouvrages
La
division d'infanterie "triangulaire" standard, qui
forme ainsi l'épine dorsale de l'armée japonaise dispose ainsi
en moyenne d'un effectif de 20000 hommes et d'une dotation matérielle
de 48 pièces d'artillerie, 24 pièces antichars (20 et 37 mm),
36 mortiers et obusiers d'infanterie et 80 mitrailleuses lourdes.
Des
unités indépendantes plus ou moins importantes comme la 65e brigade
ou les régiments Miura et Kimura, souvent détachées
de divisions existantes participent aux opérations permettant
d'occuper rapidement les centaines d'îles relevant des Philippines
ou des Indes néerlandaises. La 1e brigade parachutiste
s'empare ainsi du complexe pétrolier de Palembang sur l'île de
Sumatra, incomplètement détruit par les troupes hollandaises.
Mais à mesure du développement de la guerre, la nécessité d'organiser
des modèles divisionnaires plus adaptés aux spécificités des
différents théâtres d'opérations provoque des évolutions profondes
dans les structures générales.
Les
transformations nécessaires : Le plan de mobilisation de
1944
Lorsqu'il
fut clair qu'une fois occupées toutes les positions occidentales
de l'aire de co-prospérité la vision stratégique des responsables
japonais avait atteint sa limite, le haut commandement fut confronté à un
retournement progressif de la situation transformant les forces
japonaises d'assiégeantes en assiégées.
Dès
1943, le haut commandement japonais se rend à l'évidence de l'inadaptation
de ses divisions d'infanterie trop centralisées au type de guerre
insulaire mené en particulier dans les îles Salomon. En effet,
la répartition d'unités classiques sur plusieurs îles se révèle être
particulièrement handicapante pour l'attribution des moyens logistiques
et de soutien ainsi que le maintien de lignes de communications
viables. Dans le courant de l'année, alors que les alliés menacent
de "briser la barrière des Bismarck" est prévue la
transformation de trois divisions en un modèle nouveau adapté à ce
théâtre d'opération aux positions dispersées. Malgré l'impossibilité opérationnelle
de procéder à ces modifications sur des unités existantes, le
commandement japonais décide d'intégrer cette exigence au plan
de mobilisation massive de 1944 et crée de toutes pièces plusieurs
divisions sur un modèle nouveau et plus adapté.
Les
modifications opérées sur ces unités sont de plusieurs ordres
et sont basées sur une décentralisation des moyens et de la puissance
de feu. D'une part, disparaît l'état-major d'infanterie dont
les attributions passent en grande partie aux régiments. De même,
si un état-major de division est conservé, les moyens lourds
de la division, dont l'artillerie, sont répartis entre les trois
régiments. Deux de ces régiments conservent une organisation
assez classique et comprennent un effectif d'un peu plus de 3.000
hommes. Le troisième est réorganisé sur un modèle "renforcé" à 4.000
hommes et reçoit en particulier une forte dotation de 54 mortiers
de 81 répartis aux niveaux du bataillon et de la compagnie ainsi
qu'une batterie de 6 canons de 20mm à tir rapide à vocation antichar
et antiaérienne. Une compagnie de chars légers à 17 engins est
organiquement rattachée à la division ainsi qu'une unité de transport
naval assurant les communications entre les îles et prévue pour
des positions distantes au maximum d'une cinquantaine de kilomètres.
Après
presque trois années de guerre, une relative crise d'effectifs
pousse également le haut commandement japonais à réorganiser
une partie de ses unités pour en multiplier les numéros. En effet,
en dehors du théâtre d'opération actif de Birmanie dépendant
de l'armée du Sud, le principal problème des japonais pour assurer
une défense cohérente des positions conquises reste en 1944 l'immense
espace à couvrir. Un nouveau modèle de division « standard » est
ainsi prévu par le plan de mobilisation de 1944. Conservant leur
organisation triangulaire, ces divisions perdent pour l'essentiel
leur état-major d'infanterie, une compagnie de fusiliers par
bataillon et le plus souvent une batterie d'artillerie par groupe
ainsi qu'une partie de leurs moyens de transport et de reconnaissance.
En juillet 1945, cette "cure d'amaigrissement", prévue
semble-t-il pour l'ensemble de l'armée japonaise, à l'exception
des divisions de la garde et de celles des armées du Sud, a été pratiquée
sur une vingtaine de divisions existantes.
Enfin,
un dernier type de division apparaît avec la grande réorganisation
de 1944, issu cette fois des exigences particulières du front
chinois. Afin ici encore d'économiser hommes et matériels tout
en assurant la couverture d'un front très étendu, certaines divisions
sont réorganisées sur un modèle particulier à base de brigades
mixtes. Deux brigades de 5.000 hommes comprenant chacune quatre
bataillons autonomes les composent. Ici encore, les moyens sont
décentralisés afin de permettre une plus grande souplesse d'emploi
de ces bataillons qui reçoivent les moyens nécessaires pour remplir
seuls leurs missions. Enfin, prenant en compte la puissance de
feu plus limitée de l'adversaire chinois et le caractère essentiellement
défensif de ce théâtre, les moyens lourds sont réduits au minimum
nécessaire. Ils comprennent pour toute artillerie 8 pièces de
37 ou de 47 antichars et 16 pièces de 75 réparties entre les
bataillons. Vers la fin de 1944 et le début de 1945, deux "variantes"
de ce nouveau modèle destinées à d'autres secteurs font leur
apparition. Quelques divisions encore plus « allégées » sont
formées
aux Philippines ne comprenant qu'un effectif total de 11000 hommes.
Enfin, un modèle adapté doté d'un effectif de 17.000 hommes et
de moyens mieux répartis au niveau des brigades est organisé et
affecté à la défense des îles Bonin et des Kouriles. Dans ce
dernier type "renforcé", les brigades sont portées à six
bataillons et la dotation d'artillerie largement étoffée.
|
Fig.
2 L'activation des divisions japonaises 1942 - 1945 [7]
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|
1941
|
51
|
Ordre
de bataille au 7 décembre (cf. figure 1)
|
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1942
|
+
11
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Janvier (2) : 58e et
59e DI
Mars
(5) : 60e, 68e,
69e, 70e et 71e DI
Juin
(1) : 124e DI
Juillet
(2) : 1e et
2e divisions blindées
Septembre
(1) : 3e division
blindée
|
|
1943
|
+
13
|
Janvier (2) : 31e et
61e DI
Avril (10) : 1e division
de la Garde, 30e, 42e, 43e,
46e, 47e, 62e, 63e,
64e et 65e DI
Novembre
(1) : 49e DI
|
|
1944
|
+
37
|
Janvier
(6) : 44e,
72e, 77e, 81e, 86e et
91e DI
Février
(1) : 50e DI
Mars
(2) : 3e division
de la Garde ; 4e division
blindée
Avril
(16) :
66e, 73e,
84e, 93e,
100e, 102e,
103e, 105e,
107e, 108e,
109e, 111e,
112e, 115e,
117e et 118e DI
Juin
(1) : 114e DI
Juillet
(2) : 94e et
119e DI
Août
(2) :
120e et 125e DI
Novembre (3) : 88e,
89e, 96e DI
Décembre
(4) :
79e, 121e,
122e et 123e DI
|
|
1945
|
+
1
|
? (1) :
133e DI
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