L'Indochine française pendant la Seconde Guerre mondiale
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Ordre de bataille

 

L'intervention japonaise de 1945

Malgré les défaites contre les Américains dans le Pacifique Central, l'armée japonaise s'avèrent encore capable de monter une offensive terrestre de grande ampleur contre les forces chinoise mais aussi en direction de l'Inde au cours de l'année 1944. Si la seconde est bloquée avec difficulté par l'armée britannique, les forces chinoises doivent se replier vers l'intérieur du pays. Tout au long de cette offensive, l'Indochine constitue une base arrière vitale pour le Japon dont le trafic maritime succombe sous les coups des sous-marins américains.
Alors qu'une brigade d'Extrême-Orient et un corps léger d'intervention sont en cours de constitution en Afrique du Nord et à Madagascar, les unités françaises en Indochine reçoivent pour mission de résister le plus longtemps possible en cas d'agression japonaise puis de prendre le maquis en attendant le parachutage des premiers renforts. L'attaque japonaise se déclenche le 9 mars, surprenant le plus souvent des garnisons françaises lassés par la multiplication des alertes.

Les trois bataillons de légionnaires du 5e REI vont réussir à conserver leur cohésion pendant la retraite

A Langson, les légionnaires du peloton motorisé du sous-lieutenant Duronsoy sont massacrés sur le glacis du fort Brière de l'Isle. Le capitaine Fenautrigues et 120 légionnaires restent bloqués dans la citadelle d'Hanoï où ils résistent pendant plusieurs heures sous l'impulsion des adjudants-chefs Roman et Demont. Le capitaine tombe parmi les premiers et la moitié de l'effectifs est mis hors de combat. A Tong, les Japonais massacrent à la baïonnette et au sabre le personnel des services. Partout, des soldats français sont assassinés après leur reddition. Certaines rares garnisons réussissent à tenir quelques jours, sans espoir d'être secourues. Au Tonkin, le colonel Alessandri conduit les troupes françaises, réduites à 6.000 Européens, dans une longue retraite de plus de 800 kilomètres vers la région du Yunnan encore tenue par les Nationalistes chinois et les Américains. Le 2 mai, après 57 jours de marches et de combats incessants, la frontière est franchit. 2.129 Européens sur 14.000 sont tués lors de cette courte campagne. La plupart des troupes autochtones se sont évanouies dans la nature. En se montrant incapable de défendre l'Indochine, la France a perdu l'essentiel de son prestige. La porte est ouverte pour le Viet Minh de Ho Chi Minh.
(cf. article "Guerre d'Indochine, le contexte initial")

 

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