L'Indochine française pendant la Seconde Guerre mondiale
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Ordre de bataille

 

Entre cobelligérance et résistance

Le 21 juillet 1941, Vichy se retrouve dans l'obligation de céder aux nouvelles exigences japonaises. 50.000 hommes sont déployés dans la région et occupent notamment les aérodromes de Tourane, Nha Trang, Kompong Cham, Bien Hoa, Cat Laï et Tan Son Nhut mettant Singapour à portée de son aviation. C'est de cette dernière base que décollent une partie des appareils qui vont couler le Prince of Wales et le Repulse au large de la Malaisie. Des facilités navales sont également accordées à Saïgon et Cam Ranh et les forces françaises doivent évacuer les zones concédées.
Le 8 décembre, les forces japonaises envahissent le Siam à partir de ces bases dans le Sud de l'Indochine. Après une courte résistance, le Siam accorde un droit de passage et des facilités aux troupes japonais. Le 25 janvier, le Siam se trouve contraint de déclarer la guerre aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne. La Malaisie et la grande base aéronavale de Singapour tomberont en quelques mois aux mains des Japonais qui n'auraient pu réussir aussi vite sans leurs positions en Indochine.
Les années suivantes, le ravitaillement japonais pour les unités engagées en direction de la Birmanie et de l'Inde transite par les ports et les voies de chemin de fer indochinois. Les appareils du général Chennault conduisent leurs premières attaques depuis la Chine en bombardant Haiphong et Hongay. Devant l'accroissement des opérations alliées, les forces françaises se retrouvent rapidement en situation de cobelligérance. 700 postes de guet surveillent les incursions alliées au profit des Japonais. Les batteries antiaériennes et les rares avions encore en état de voler sont engagés avec une efficacité toute relative. Première concernée, l'aviation française doit se tourner vers le Japon pour obtenir certains matériels mais les occupants exigent en retour un soutien sans failles.

L'Indochine occupe une position stratégique pour les opérations japonaises
contre la Chine et en direction de l'Inde

Cette situation puis la mise en place du gouvernement provisoire du général de Gaulle conduisent certains militaires à choisir la voie de la résistance. Un réseau de renseignement se met en place et reçoit le soutien de Français Libres installés en Chine mais sa valeur dépend essentiellement de la poursuite de la collaboration avec les Japonais. L'Indochine reste le seul territoire français ou perdure l'administration de Vichy. Mais le risque croissant d'une intervention japonaise ou alliée nécessite des mesures plus importantes. Le 29 février 1944, le général de Gaulle contacte en secret le général Mordant, commandant des troupes françaises en Indochine, et reprend le contrôle de l'Indochine sans en informer l'amiral Decoux. Les forces françaises entrent désormais plus activement dans la résistance.

 

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