L'Indochine française pendant la Seconde Guerre mondiale
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Ordre de bataille

 

La guerre contre le Siam, 1940-41

Profitant de la faiblesse de la France, le Siam (Thaïlande) accentue ses revendications pour récupérer les territoires perdus au XIXe siècle, principalement les territoires laotiens de la rive droite du Mékong. Cherchant à conserver la neutralité siamoise, Washington et surtout Londres refusent tout soutien à Vichy. L'armée du Siam comporte 50.000 hommes répartis en cinq divisions et trois compagnies de chars démodés comme la plupart de l'équipement de l'armée. La force aérienne dispose d'environ 250 appareils dont une centaine relativement modernes (36 Vough, 48 Curtiss Hawk et 6 Glenn Martin) et projette un rééquipement avec du matériel japonais. La marine dispose de deux navires de défense côtière, de dix torpilleurs d'origine italienne et de deux sous-marins.
Les forces françaises comptent alors une quarantaine de bataillons d'infanterie aux effectifs incomplets, deux régiments d'artillerie, des unités du génie et quelques chars. L'armée de l'Air ne dispose que de 17 chasseurs Morane-Saulnier MS 406, 4 bombardiers Farman 221 et 6 Potez 542, 10 hydravions Loire 130 et une soixantaine de biplans de reconnaissance Potez 25 TOE. La plupart des appareils sont obsolètes et la maintenance devient difficile en raison du manque de pièces de rechange. La marine nationale manque également de moyens avec quelques rares unités : le croiseur léger Lamotte-Picquet, deux avisos de 2 000 tonnes et deux avisos de 600 tonnes.



Déjà dépassé en 1940, le Morane-Saulnier MS 406 est pourtant l'appareil le plus moderne
de l'aviation française en Indochine. Malgré les efforts de Vichy, la commission d'armistice refusera l'envoi d'avions plus modernes.

Equipée de matériels démodés, l'aviation française ne peut disputer le contrôle du ciel à l'ennemi le jour mais mène des bombardements nocturnes efficaces.

Le gouvernement de Vichy tenta de renforcer ses forces en transférant quatre bataillons de tirailleurs sénégalais depuis Djibouti et en faisant l'acquisition d'armements aux Etats-Unis mais sans succès.
Les incidents frontaliers se multiplient et vers la fin du mois d'octobre, les deux armée se font face sur la frontière. Les raids aériens et les incursions terrestres gagnent en intensité mais le Siam ne se décide à passer à l'offensive qu'au début du mois de janvier, quand il devient évident que rien ne pourra être obtenu sur le plan diplomatique. Les assaillants progressent avec succès sur plusieurs axes mais l'attaque principale en direction de Sisophon stoppée par une contre-attaque française portant mal coordonnée, dans la nuit du 15 au 16 janvier.
Le 17 la flotte française - composé du croiseur Lamotte-Picquet et des avisos Dumont d'Urville, Amiral Charner, Marne et Tahure - affronte le Sri Ayuthia et le Dhonburi escortés par les torpilleurs Songkla, Cholbury et Trat. Au bout de deux heures de combats le Dhonburi, le Cholbury et le Songkhla sont coulés et les autres bâtiments sévèrement endommagés.
Le gouvernement japonais intervient aussitôt pour exiger un cessez-le-feu, signé le 28 janvier alors que sur le terrain la situation n'évolue guère. Le Siam par le traité du 9 mai 1941 la province de Battambang, les territoires laotiens sur la rive droite du Mékong et une mince bande de territoire entre le 15e parallèle et la chaîne des Dangrek.

 

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