Les brigades de choc de Tito

par Philippe NAUD

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Par ailleurs, à partir de janvier 1942, les communistes promulguent également une nouvelle organisation pour les formations de guérilla régionales. Ces unités, moins bien équipées que les brigades de choc, ont une composition beaucoup plus simple. On trouve d'abord des sections, de 20 combattants minimum, regroupées par quatre pour former une compagnie. Quatre de ces dernières forment un bataillon. Enfin, il faut au moins quatre bataillons pour former une brigade. D'ailleurs, plusieurs restent à l'état d'Odred.

Quant aux unités d'élite de Tito, elles subissent de lourdes pertes lors des offensives de l'Axe de janvier et mars 1942. Elles deviennent cependant à la fin de l'année deux divisions fortes de trois brigades plus une "brigade" d'artillerie. C'est avec cette organisation qu'elles combattent lors de la quatrième offensive ennemie. A cette occasion, elles attaquent les garnisons italiennes de la vallée de la Neretva afin d'ouvrir un passage pour le gros de l'armée des partisans, formée en brigades et divisions. Dans ces combats, du 15 au 21 février 1943, les 1re, 2e et 3e divisions prolétariennes détruisent la quasi-totalité de la division Murge.

L'important matériel capturé à cette occasion (chars CV 33, obusiers, mortiers, etc...), immédiatement utilisé contre les Allemands, permet, le 7 mars, d'anéantir un bataillon de la 718. Infanterie-Division. Néanmoins, les Partisans doivent abandonner toutes les armes lourdes récupérées, à l'exception des mortiers, pour pouvoir franchir la Neretva et battre les Chetniks, maquisards serbes monarchistes et anticommunistes. L'exemple de ces opérations montre bien les aléas dans les dotations en matériel des formations irrégulières.

Malgré les difficultés, les unités d'élite de Tito restent le fer de lance des partisans jusqu'à la fin de la guerre. Elles lui permettent de se poser en seul véritable résistant yougoslave et de recevoir ainsi une aide considérable de la part des Anglais aux dépens des Chetniks. En octobre 1944, le 1er corps prolétarien, bien équipé et doté en particulier d'une artillerie non négligeable, peut libérer Belgrade aux côtés des blindés de l'armée rouge. Les "bandes rebelles" éparses de 1941 sont devenues une véritable armée.

 

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