Les brigades de choc de Tito

par Philippe NAUD

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L'auteur : Philippe Naud est professeur d'histoire-géographie, titulaire d'un DEA à l'université Paris I Sorbonne sur "Le Premier Régiment de France, 1943-1944" et auteur de plusieurs articles d'histoire militaire notamment pour la revue "Vae Victis".

Vétéran de la guerre d'Espagne et chef du parti communiste yougoslave (PCY), Josip Broz dit Tito ("toi, tu.") cherche dès l'été 1941 à transformer les bandes éparses de partisans en unités structurées et encadrées. Dans ce but, il met au point des organisations particulières, des Odredi (détachements), puis des brigades et des divisions bien adaptées au terrain, correspondant au matériel disponible et au rapport de force avec l'ennemi. C'est en décembre 1941 que Tito jette les bases des unités d'élite de l'armée des partisans : les brigades de choc prolétariennes de libération nationaleVétéran de la guerre d'Espagne et chef du parti communiste yougoslave (PCY), Josip Broz dit Tito ("toi, tu.") cherche dès l'été 1941 à transformer les bandes éparses de partisans en unités structurées et encadrées. Dans ce but, il met au point des organisations particulières, des Odredi (détachements), puis des brigades et des divisions bien adaptées au terrain, correspondant au matériel disponible et au rapport de force avec l'ennemi. C'est en décembre 1941 que Tito jette les bases des unités d'élite de l'armée des partisans : les brigades de choc prolétariennes de libération nationale .

La Yougoslavie est un pays idéal pour la guérilla : vaste et accidenté, il est également riche en ressources agricoles et humaines permettant l'existence et l'entretien d'importantes forces irrégulières. D'ailleurs, les forêts et les montagnes sont sous le contrôle quasi-permanent des insurgés car les troupes de l'Axe, de qualité médiocre, évitent ces zones. C'est particulièrement vrai de l'armée italienne. Par conséquent, les partisans représentent vite un mouvement dynamique, nourri tant par les atrocités de l'occupant et de ses séides que par la tradition balkanique de résistance populaire armée à tout envahisseur.

En juillet 1941, l'insurrection spontanée qui éclate au Monténégro contre l'occupant italien marque le début de la lutte. Les insurgés s'organisent rapidement en groupements relativement importants sous la férule des communistes qui récupèrent le mouvement. En effet, quand la révolte s'étend à d'autres régions de la Yougoslavie, le PCY met sur pied dix Odredi. L'Odred (détachement) des partisans est un petit bataillon équipé d'armes légères et supervisé par un commissaire politique car nombre de cadres non communistes de l'ex-armée royale ont rejoint les Partisans. Mais la contre-offensive allemande de l'automne 1941 oblige les insurgés à se replier en Bosnie orientale, zone relativement sûre car sous contrôle italien.

Le PCY, sous la férule de Tito, décide alors de restructurer et et de renforcer ses troupes. Il réorganise son armée sur la base de la brigade qui allie l'efficacité militaire à l'indispensable souplesse dont doit faire preuve une troupe de guérilla. Le dirigeant communiste a probablement été influencé par son séjour en Espagne, en tant que membre des Brigades Internationales. En effet, l'armée de la république espagnole était organisée en brigades mixtes, avec des dotations en personnel et surtout en équipement très variables. Le problème de l'armement disponible se pose avec la même acuité aux troupes de Tito.

 

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