Bir Hakeim 1942
, Les Français Libres contrarient les plans de Rommel
par Jean-Philippe Liardet, dr

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Une évacuation inévitable

La 1re brigade française libre se trouve cependant en grande difficulté avec des réserves d'eau pratiquement épuisées et seulement 200 coups de 75 et 700 coups de mortiers. A 17 heures, la 7e division blindée transmet à Konig l'ordre d'évacuer la place.
A 2h 50, le général Konig, informe par télégramme la 7e division blindée de son plan d'opération. Il demande une couverture aérienne permanente pour la journée du 10 ainsi qu'un soutien accrut des colonnes britanniques sur les arrières de l'ennemi. Son choix se porte sur une sortie de vive force par le sud-est fixé à 23 heures. L'élément de recueil doit donc amener une soixante de camions et une trentaine d'ambulances car la brigade manque de moyens motorisés.
Toute la matinée du lendemain, l'artillerie allemande pilonne les positions françaises avec une violence accrue. A 13 heures, la place subit la plus forte attaque aérienne de tout le siège avec 130 bombardiers en piqué Ju 87 qui détruisent un grand nombre de véhicules. Les Allemands profitent de la confusion pour attaquer à la jonction du bataillon de marche de l'Oubangui-Chari et de la 9e compagnie du 3e bataillon de la Légion étrangère. Une section de tirailleurs et 3 canons de 75 sont rapidement mis hors de combat. Il faut l'intervention de la compagnie du capitaine Messmer pour colmater la brèche mais les légionnaires se trouvent à leur tour isolés. Les bren carriers du capitaine Lamaze, soutenus par les mortiers qui vident leurs magasins, arrivent à les dégager non sans difficultés. Après une brève accalmie, l'attaque reprend avec le soutien d'une centaine de bombardiers. Les derniers canons de 75 concentre leur feu sur les assaillants qui faiblissent et renoncent.

Une percée difficile

Après avoir détruit tout ce qui ne pouvait être emporté sans ralentir la marche, la garnison se prépare à percer vers le point de recueil tenu par la 7e brigade motorisée britannique, 7 kilomètres au sud-est de Bir Hakeim. Les légionnaires du 2e bataillon doivent ouvrir la marche.
A 23 heures 30, il règne encore une grande confusion dans les rangs français. Les sapeurs n'ont déminé qu'un étroit corridor au lieu du couloir de 200 mètres prévu. Il est déjà minuit et quart quand la 6e compagnie du capitaine Wagner achève de se déployer à l'extérieur du périmètre. Une fusée éclairante dévoile alors le déploiement français. Malgré l'intensité croissante des tirs ennemis, le reste du 2e bataillon et le bataillon du Pacifique réussissent également à sortir mais des éléments de ce dernier refluent quand de nouvelles mitrailleuses se dévoilent.
Désormais le temps presse car la réaction allemande ne va pas tarder à s'organiser. L'aspirant Bellec fonce à travers les champs de mines pour ouvrir la voie. Son véhicule saute au bout d'une centaine de mètres mais il est dépassé par celui du sergent-chef Boufflack qui s'immobilise à son tour. Bellec de nouveau, puis le lieutenant-colonel Amilakvari et le capitaine Renaud subissent le même sort. Les premiers éléments s'engouffrent toutefois dans la brèche ainsi créée et passent sans trop de casse.
L'étau ennemi se resserrent et il devient nécessaire d'accélérer le mouvement. Konig et Amilakvari demandent alors au capitaine Lamaze d'ouvrir la route avec les bren carriers du 3e bataillon. Celui-ci s'élance à la tête de ses légionnaires mais saute sur une mine 200 mètres plus loin. Il poursuit alors son action à pied au côté du capitaine Bricogne de la coloniale. Tous deux sont tués en neutralisant à la grenade les mitrailleuses ennemies qui bloquent le passage. Le capitaine Puchois, commandant du 3e bataillon les imite avant d'être fait prisonnier une fois ses grenades épuisées.
Le lieutenant Dewey suit l'exemple de son chef, le capitaine Lamaze. A la tête de sa section de bren carriers il franchit les deux premières lignes ennemies, écrasant les points d'appui italo-allemand sous les chenilles de son petit blindé. Il est déchiqueté par un obus sur la troisième ligne de défense mais le légionnaire De Brick, seul survivant, percute le canon de 20 mm ennemi avant de poursuivre sur un autre véhicule.
Cette charge des légionnaires ouvre la voie. Sous la conduite du général Konig qui fonce avec sa jeune conductrice anglaise au volant, les unités encore bloquées se ruent dans la brèche. Toute action coordonnée est désormais impossible. De petits groupes se forment sous la conduite d'hommes décidés.
Vers 4 heures, les soldats britanniques voient arriver les premiers éléments français sous la conduite de l'aspirant Bellec. Puis d'autres véhicules surchargés d'hommes arrivent par petits paquets. Les fantassins qui ont percé à pied sont encore au contact de l'ennemi et ne rejoindrons que plus tard dans la journée. Les Anglais multiplient les patrouilles pour recueillir les très nombreux isolés et égarés. Dans la nuit et sous le feu ennemi, beaucoup ont eu beaucoup de mal à trouver leur chemin. Vers midi, on apprend que Konig et Amilakvari sont arrivés à Gasr el Abid après avoir éviter de justesse la capture en traversant un campement ennemi.

 

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