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Une évacuation
inévitable
La
1re brigade française libre se trouve cependant en grande difficulté avec
des réserves d'eau pratiquement épuisées et seulement 200 coups
de 75 et 700 coups de mortiers. A 17 heures, la 7e division blindée
transmet à Konig l'ordre d'évacuer la place.
A 2h 50, le général
Konig, informe par télégramme la 7e division
blindée de son plan d'opération. Il demande
une couverture aérienne permanente pour
la journée du 10 ainsi qu'un soutien accrut
des colonnes britanniques sur les arrières
de l'ennemi. Son choix se porte sur une
sortie de vive force par le sud-est fixé à 23
heures. L'élément de recueil doit donc
amener une soixante de camions et une trentaine
d'ambulances car la brigade manque de moyens
motorisés.
Toute la matinée
du lendemain, l'artillerie allemande pilonne
les positions françaises avec une violence
accrue. A 13 heures, la place subit la
plus forte attaque aérienne de tout le
siège avec 130 bombardiers en piqué Ju
87 qui détruisent un grand nombre de véhicules.
Les Allemands profitent de la confusion
pour attaquer à la jonction du bataillon
de marche de l'Oubangui-Chari et de la
9e compagnie du 3e bataillon de la Légion étrangère.
Une section de tirailleurs et 3 canons
de 75 sont rapidement mis hors de combat.
Il faut l'intervention de la compagnie
du capitaine Messmer pour colmater la brèche
mais les légionnaires se trouvent à leur
tour isolés. Les bren carriers du
capitaine Lamaze, soutenus par les mortiers
qui vident leurs magasins, arrivent à les
dégager non sans difficultés. Après une
brève accalmie, l'attaque reprend avec
le soutien d'une centaine de bombardiers.
Les derniers canons de 75 concentre leur
feu sur les assaillants qui faiblissent
et renoncent.
Une
percée difficile
Après
avoir détruit tout ce qui ne pouvait être emporté sans ralentir
la marche, la garnison se prépare à percer vers le point de recueil
tenu par la 7e brigade motorisée britannique, 7 kilomètres au
sud-est de Bir Hakeim. Les légionnaires du 2e bataillon doivent
ouvrir la marche.
A 23 heures 30, il
règne encore une grande confusion dans
les rangs français. Les sapeurs n'ont déminé qu'un étroit
corridor au lieu du couloir de 200 mètres
prévu. Il est déjà minuit et quart quand
la 6e compagnie du capitaine Wagner achève
de se déployer à l'extérieur du périmètre.
Une fusée éclairante dévoile alors le déploiement
français. Malgré l'intensité croissante
des tirs ennemis, le reste du 2e bataillon
et le bataillon du Pacifique réussissent également à sortir
mais des éléments de ce dernier refluent
quand de nouvelles mitrailleuses se dévoilent.
Désormais le temps
presse car la réaction allemande ne va
pas tarder à s'organiser. L'aspirant Bellec
fonce à travers les champs de mines pour
ouvrir la voie. Son véhicule saute au bout
d'une centaine de mètres mais il est dépassé par
celui du sergent-chef Boufflack qui s'immobilise à son
tour. Bellec de nouveau, puis le lieutenant-colonel
Amilakvari et le capitaine Renaud subissent
le même sort. Les premiers éléments s'engouffrent
toutefois dans la brèche ainsi créée et
passent sans trop de casse.
L'étau ennemi se
resserrent et il devient nécessaire d'accélérer
le mouvement. Konig et Amilakvari demandent
alors au capitaine Lamaze d'ouvrir la route
avec les bren carriers du 3e bataillon.
Celui-ci s'élance à la tête de ses légionnaires
mais saute sur une mine 200 mètres plus
loin. Il poursuit alors son action à pied
au côté du capitaine Bricogne de la coloniale.
Tous deux sont tués en neutralisant à la
grenade les mitrailleuses ennemies qui
bloquent le passage. Le capitaine Puchois,
commandant du 3e bataillon les imite avant
d'être fait prisonnier une fois ses grenades épuisées.
Le lieutenant Dewey
suit l'exemple de son chef, le capitaine
Lamaze. A la tête de sa section de bren
carriers il franchit les deux premières
lignes ennemies, écrasant les points d'appui
italo-allemand sous les chenilles de son
petit blindé. Il est déchiqueté par un
obus sur la troisième ligne de défense
mais le légionnaire De Brick, seul survivant,
percute le canon de 20 mm ennemi avant
de poursuivre sur un autre véhicule.
Cette charge des
légionnaires ouvre la voie. Sous la conduite
du général Konig qui fonce avec sa jeune
conductrice anglaise au volant, les unités
encore bloquées se ruent dans la brèche.
Toute action coordonnée est désormais impossible.
De petits groupes se forment sous la conduite
d'hommes décidés.
Vers 4 heures, les
soldats britanniques voient arriver les
premiers éléments français sous la conduite
de l'aspirant Bellec. Puis d'autres véhicules
surchargés d'hommes arrivent par petits
paquets. Les fantassins qui ont percé à pied
sont encore au contact de l'ennemi et ne
rejoindrons que plus tard dans la journée.
Les Anglais multiplient les patrouilles
pour recueillir les très nombreux isolés
et égarés. Dans la nuit et sous le feu
ennemi, beaucoup ont eu beaucoup de mal à trouver
leur chemin. Vers midi, on apprend que
Konig et Amilakvari sont arrivés à Gasr
el Abid après avoir éviter de justesse
la capture en traversant un campement ennemi.
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