Bir Hakeim 1942
, Les Français Libres contrarient les plans de Rommel
par Jean-Philippe Liardet, dr

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Rommel déclenche son offensive

Alors que la 8e armée se prépare à l'offensive, Rommel la devance. Dans la nuit du 26 mai, il entraîne l'Afrikakorps (15 et 21e panzerdivisions, auxquelles s'ajoute la 90e division légère) soutenu par le 20e corps d'armée italienne (division blindée Ariete et division motorisée Trieste) dans un vaste mouvement tournant au sud de Bir Hakeim.
Toute la journée du 27, les unités blindées britanniques placées en réserves sont engagées sans coordination contre l'Afrikakorps et subissent des pertes considérables. Néanmoins, ces succès coûtent également cher aux Allemands qui se retrouvent progressivement isolés dans la profondeur d'un dispositif ennemi dont ils avaient mal mesuré l'ampleur.
Dès la découverte des premiers mouvements ennemis, le général Konig fait prendre les dispositions de combat. Après avoir submergé sans difficultés les positions de la 3e brigade d'infanterie motorisée indienne avec l'aide d'une partie de la 21e panzerdivision, la division Ariete prend la direction de Bir Hakeim où elle arrive vers 8 heures du matin. Une heure plus tard, une vague de 50 chars puis une seconde de 30 chars se portent à l'attaque sur tout le pourtour de la place. L'impétuosité de l'attaque italienne est telle que 6 chars réussissent à pénétrer à l'intérieur du dispositif français malgré le feu des canons antichars, renforcés par les bofors antiaériens. Le colonel Prestissimone, commandant du 132e régiment blindé, est blessé puis capturé après avoir vu trois chars détruits sous lui. Au total, les Italiens perdent 32 chars dont 12 en raison des mines pour un seul blessé français. L'Ariete n'insiste pas et rejoint l'Afrikakorps.
Dans l'après-midi, les légionnaires du capitaine Lamaze, en patrouille au nord de Bir Hakeim, affrontent un fort détachement de la Trieste en provenance du nord et détruisent deux blindés avec leurs canons de 75. Le lendemain, le groupement tente sans succès de prendre contact avec la 150e brigade britannique dont le réduit se trouve plus au nord. Elle subit de violents tirs d'artillerie et doit se retirer non sans avoir détruit une demi-douzaine d'autoblinde italiennes.

Accalmie à Bir Hakeim

La situation aux alentours de Bir Hakeim demeure calme dans les jours suivants malgré l'infiltration d'unités italiennes entre les deux branches du champs de mines et quelques méprises de l'aviation anglaises qui bombarde les positions françaises ! L'eau se fait rare avec l'arrivée de 600 Hindous, capturés puis abandonnés par des Allemands à court d'approvisionnements, et la présence de 200 prisonniers.
Renforcé, le détachement du capitaine Lamaze reçoit l'ordre de la 7e division blindée britannique de repérer et de colmater la brèche ouverte par l'ennemi dans le champ de mines. Accompagné par le lieutenant-colonel Amilakvari, les légionnaires sont surpris dans la région du Gareth Dadhuah mais parviennent cependant à décrocher avec l'aide opportune de la douzaine de bren carriers de la 9e compagnie du capitaine Messmer.
Le 31 mai, un convoi de ravitaillement parvient à Bir Hakeim. Le commandement anglais est alors convaincu de la déroute de l'Afrikakorps et ordonne à la 1ère brigade française libre de s'apprêter à contre-attaquer dès l'arrivée de ses véhicules. En attendant, le lieutenant-colonel Amilakvari entraîne une petite force entre les champs de mines, réussissant à détruire 5 chars italiens.
Le 1er juin, le bataillon du Pacifique commence à faire mouvement sous de violentes attaques aériennes.

L'Afrika Korps en difficulté

Alors qu'un calme relatif règne autour de Bir Hakeim, les combats font rage plus au nord. L'Afrikakorps, dont les premiers éléments approchent pourtant de Tobrouk et de la route côtière, se trouve en effet en grande difficulté face à la supériorité numérique des chars britanniques et à la puissance de feu des nouveaux Grant de fabrication américaine.
L'échec des Italiens devant Bir Hakeim rend l'approvisionnement par le sud délicat et Rommel doit abandonner son plan initial pour regrouper les trois divisions de l'Afrikakorps à l'Est et au Nord du box de la 150e brigade britannique. La survie des Allemands dépend alors de l'ouverture d'un corridor dans la ceinture de mines. L'inactivité ou le manque de coordination des attaques britanniques laissent à Rommel le loisir d'improviser un nouveau plan. Il décide de s'emparer de toute la partie sud de la ligne Gazala, de Gott El-Oualeb à Bir Hakeim, pour contraindre la 8e armée à une retraite générale.
Il concentre donc une partie de ses forces pour appuyer l'attaque italienne depuis l'Ouest. Faute de secours, la 150e brigade d'infanterie succombe le 1er juin. Une brèche de 16 kilomètres permet dès lors le ravitaillement de l'Afrikakorps. Rommel envoie immédiatement la 90e division légère et la division motorisée Trieste vers Bir Hakeim où elles arrivent dans la nuit du 1er au 2 juin.

 

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