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La
réorganisation de la 13e DBLE
Avec
l'apport des ralliés de Syrie, la 13e DBLE double ses effectifs
qui atteignent désormais 1.771 hommes répartis dans trois bataillons.
Cette réorganisation s'effectue sous la direction du lieutenant-colonel
Amilakvari, nouveau patron de l'unité en remplacement de Cazaud,
nommé général et chef de corps de la 2e brigade française libre
en formation au Caire.
Les légionnaires des 2e et 3e bataillons rejoignent la 1ère brigade qui passe
sous les ordres du général Konig. L'équipement disponible s'est avéré insuffisant
pour équiper les trois bataillons en unités mécanisées.
La
situation en Afrique du Nord
Depuis
le déclenchement des hostilités, la 8e armée britannique et les
forces de l'Axe ont pris tour à tour l'initiative, réalisant
des percées en profondeur de plusieurs centaines kilomètres.
Néanmoins, les contraintes logistiques croissantes liées à l'éloignement
des bases arrières avaient empêché toute victoire définitive.
Après deux tentatives
infructueuses, l'offensive déclenchée par
le général Auchinleck le 23 novembre 1941
avait cependant ramené Rommel de la frontière égyptienne à son
point de départ du 22 mars, El Agheila.
Le port vital de Tobrouk, assiégé pendant
de longs mois se trouvait ainsi sauvé.
Mais en ce début
d'année 1942, la 8e armée se trouve considérablement
affaiblie par le transfert de plusieurs
de ses grandes unités et de l'essentiel
de ses renforts vers le théâtre d'opération
d'Extrême-Orient où l'offensive japonaise
emporte tout sur son passage.
La 1ère brigade française
libre reçoit l'ordre de réduire une poche
de résistance allemande à la frontière
entre l'Egypte et la Syrie. Située dans
une zone montagneuse, la position allemande
commande la passe d'Halfaya où passe la
route côtière vitale pour le ravitaillement
de la 8e armée. Le 10 janvier les légionnaires
sont prêt pour un assaut qui s'annonce
meurtrier mais la garnison germano-italienne
se rend dans la soirée. Au même moment,
l'Afrikakorps reprend l'offensive.
Les premières lignes britanniques sont
rapidement enfoncées et la 8e armée se
replie vers la ligne de défense d'Aïn Gazala
où elle se rétablit en profitant de l'essoufflement
de l'offensive allemande, prévisible après
une avance de 600 kilomètres.
Cette position d'arrêt
se compose de plusieurs points d'appui
indépendants (box) protégés par des champs
de mines pratiquement ininterrompus. En
comptant les unités placées en réserves
dans des positions préparées à l'arrière,
la 8e armée dispose de six divisions et
de sept brigades. Le 14 février, la 13e
DBLE relève la 150e brigade britannique à l'extrémité sud
du dispositif.
Le
dispositif français
Distante
de 60 kilomètres de la côte, la position de Bir Hakeim se situe à un
croisement de pistes, en lisière de la partie du désert praticable
pour les opérations mécanisées.
Aussitôt arrivés,
les légionnaires renforcent les fortifications ébauchées
par les Britanniques. Très étendue, la
position prend la forme grossière d'un
triangle équilatéral avec des côtés longs
de plus de cinq kilomètres et des point
d'appui fermés aux sommets. Les tranchées
et les emplacements sont profondément enterrés
et consolidés par des sacs de sables.
Un ancien fortin
en ruine délimite une partie du bord sud
du dispositif. Le point le plus élevé,
la cote 186, se trouve au nord-est. Il
est constitué de deux petits talus, en
fait du sable accumulé sur les débris de
deux anciennes citernes surnommées "les Mamelles".
50.000 mines sont disséminées autour du
point d'appui français, laissant seulement
de minces corridors dégagés pour les patrouilles
et des chicanes pour les trois portes de
la position. Enfin, un réseau de barbelés
couvre une partie du périmètre.
La 1ère brigade française
Libre compte 3.703 hommes répartis en quatre
petits bataillons et diverses unités d'appui.
Les 2e et 3e bataillons de la Légion disposent
d'environ 500 hommes chacun et sont respectivement
sous les ordres des commandants Babonneau
et Puchois. La garnison est en partie équipée
avec des armements récupérés au Levant.
Le 1er régiment d'artillerie compte 24
canons de 75. L'artillerie antichars dispose
de 6 canon de 75, 6 ou 7 de 47 et 18 de
25. Les fusiliers marins perçoivent 12
canons antiaériens bofors de 40 mm en remplacement
de leurs pièces de 25 françaises pour lesquelles
les munitions se font rares. Toutefois,
ils conservent les deux armes en attendant
de compléter leur instruction sur les nouveaux
matériels. 6 pièces britanniques, servies
par un détachement du 43e bataillon britannique
complète la défense antiaérienne de la
place. Quelques pièces italiennes fournissent
un appui supplémentaire.
La place est divisée
en trois secteurs, chacun attribué à un
bataillon. Le 2e bataillon de la Légion étrangère
occupe la façade Est alors que le 3e reste
en réserve. Il constitue l'essentiel des
groupes mobiles - fort d'une compagnie,
de plusieurs canons 75, de 25 ou antiaériens
portés - qui effectuent des reconnaissances
en profondeur souvent loin de Bir Hakeim..
A partir du 20 mai, le 3e bataillon de
la Légion étrangère forme un groupement
chargé de la surveillance du champs de
mines avec trois sections de bren carriers,
trois 75 portés, une équipe téléphonique,
des radios et une équipe de sapeurs-démineurs.
Sous les ordres du capitaine de Lamaze,
il établit sa base de départ une quinzaine
de kilomètres au nord du camp retranché.
Tous les véhicules
indispensables sont envoyés une trentaine
de kilomètres en arrière à Bir bu Mafès.
La garnison dispose de 10 jours de ravitaillement
et de 20.000 obus de 75.
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