Bir Hakeim 1942
, Les Français Libres contrarient les plans de Rommel
par Jean-Philippe Liardet, dr

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La réorganisation de la 13e DBLE

Avec l'apport des ralliés de Syrie, la 13e DBLE double ses effectifs qui atteignent désormais 1.771 hommes répartis dans trois bataillons. Cette réorganisation s'effectue sous la direction du lieutenant-colonel Amilakvari, nouveau patron de l'unité en remplacement de Cazaud, nommé général et chef de corps de la 2e brigade française libre en formation au Caire.
Les légionnaires des 2e et 3e bataillons rejoignent la 1ère brigade qui passe sous les ordres du général Konig. L'équipement disponible s'est avéré insuffisant pour équiper les trois bataillons en unités mécanisées.

La situation en Afrique du Nord

Depuis le déclenchement des hostilités, la 8e armée britannique et les forces de l'Axe ont pris tour à tour l'initiative, réalisant des percées en profondeur de plusieurs centaines kilomètres. Néanmoins, les contraintes logistiques croissantes liées à l'éloignement des bases arrières avaient empêché toute victoire définitive.
Après deux tentatives infructueuses, l'offensive déclenchée par le général Auchinleck le 23 novembre 1941 avait cependant ramené Rommel de la frontière égyptienne à son point de départ du 22 mars, El Agheila. Le port vital de Tobrouk, assiégé pendant de longs mois se trouvait ainsi sauvé.
Mais en ce début d'année 1942, la 8e armée se trouve considérablement affaiblie par le transfert de plusieurs de ses grandes unités et de l'essentiel de ses renforts vers le théâtre d'opération d'Extrême-Orient où l'offensive japonaise emporte tout sur son passage.
La 1ère brigade française libre reçoit l'ordre de réduire une poche de résistance allemande à la frontière entre l'Egypte et la Syrie. Située dans une zone montagneuse, la position allemande commande la passe d'Halfaya où passe la route côtière vitale pour le ravitaillement de la 8e armée. Le 10 janvier les légionnaires sont prêt pour un assaut qui s'annonce meurtrier mais la garnison germano-italienne se rend dans la soirée. Au même moment, l'Afrikakorps reprend l'offensive. Les premières lignes britanniques sont rapidement enfoncées et la 8e armée se replie vers la ligne de défense d'Aïn Gazala où elle se rétablit en profitant de l'essoufflement de l'offensive allemande, prévisible après une avance de 600 kilomètres.
Cette position d'arrêt se compose de plusieurs points d'appui indépendants (box) protégés par des champs de mines pratiquement ininterrompus. En comptant les unités placées en réserves dans des positions préparées à l'arrière, la 8e armée dispose de six divisions et de sept brigades. Le 14 février, la 13e DBLE relève la 150e brigade britannique à l'extrémité sud du dispositif.

Le dispositif français

Distante de 60 kilomètres de la côte, la position de Bir Hakeim se situe à un croisement de pistes, en lisière de la partie du désert praticable pour les opérations mécanisées.
Aussitôt arrivés, les légionnaires renforcent les fortifications ébauchées par les Britanniques. Très étendue, la position prend la forme grossière d'un triangle équilatéral avec des côtés longs de plus de cinq kilomètres et des point d'appui fermés aux sommets. Les tranchées et les emplacements sont profondément enterrés et consolidés par des sacs de sables.
Un ancien fortin en ruine délimite une partie du bord sud du dispositif. Le point le plus élevé, la cote 186, se trouve au nord-est. Il est constitué de deux petits talus, en fait du sable accumulé sur les débris de deux anciennes citernes surnommées "les Mamelles". 50.000 mines sont disséminées autour du point d'appui français, laissant seulement de minces corridors dégagés pour les patrouilles et des chicanes pour les trois portes de la position. Enfin, un réseau de barbelés couvre une partie du périmètre.
La 1ère brigade française Libre compte 3.703 hommes répartis en quatre petits bataillons et diverses unités d'appui. Les 2e et 3e bataillons de la Légion disposent d'environ 500 hommes chacun et sont respectivement sous les ordres des commandants Babonneau et Puchois. La garnison est en partie équipée avec des armements récupérés au Levant. Le 1er régiment d'artillerie compte 24 canons de 75. L'artillerie antichars dispose de 6 canon de 75, 6 ou 7 de 47 et 18 de 25. Les fusiliers marins perçoivent 12 canons antiaériens bofors de 40 mm en remplacement de leurs pièces de 25 françaises pour lesquelles les munitions se font rares. Toutefois, ils conservent les deux armes en attendant de compléter leur instruction sur les nouveaux matériels. 6 pièces britanniques, servies par un détachement du 43e bataillon britannique complète la défense antiaérienne de la place. Quelques pièces italiennes fournissent un appui supplémentaire.
La place est divisée en trois secteurs, chacun attribué à un bataillon. Le 2e bataillon de la Légion étrangère occupe la façade Est alors que le 3e reste en réserve. Il constitue l'essentiel des groupes mobiles - fort d'une compagnie, de plusieurs canons 75, de 25 ou antiaériens portés - qui effectuent des reconnaissances en profondeur souvent loin de Bir Hakeim.. A partir du 20 mai, le 3e bataillon de la Légion étrangère forme un groupement chargé de la surveillance du champs de mines avec trois sections de bren carriers, trois 75 portés, une équipe téléphonique, des radios et une équipe de sapeurs-démineurs. Sous les ordres du capitaine de Lamaze, il établit sa base de départ une quinzaine de kilomètres au nord du camp retranché.
Tous les véhicules indispensables sont envoyés une trentaine de kilomètres en arrière à Bir bu Mafès. La garnison dispose de 10 jours de ravitaillement et de 20.000 obus de 75.

 

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