La
2e division d'infanterie des
États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale
Extraits d'une étude de Gérard Journet, Délégué EST de l'Association Nationale des Anciens des Forces Françaises de l'ONU et du Régiment de Corée. Adaptation de M. Léon C. Rochotte.

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La ligne Siegfried

"Ici, vous êtes en Allemagne, vous êtes en territoire ennemi, RESTEZ VIGILANTS".

Ce sont ces inscriptions portées sur des panneaux que les unités combattantes de la 2e D.I. trouvèrent lorsqu'elles arrivèrent pour prendre position en relève sur un front de 30 kilomètres en territoire allemand. Grand moment pour la Division qui, vingt six années après, franchissait à nouveau la frontière allemande...

Après quelques jours de repos dans les environs de la ville de BREST, la "Second to None" traversa la France et la Belgique pour venir s'installer dans les Ardennes à la frontière belgo-allemande face à la Ligne Siegfried (nom tiré du drame lyrique de Wagner), ligne de fortifications en béton armé dont se moquait une chanson franco-britannique de 1940: "nous irons tendre notre linge sur la ligne Siegfried...!" Ce formidable ouvrage était le pendant de la Ligne Maginot française (contournée par les allemands quatre ans auparavant...), à cette différence qu'elle couvrait la frontière allemande de la Suisse aux Pays-Bas. Le Quartier Général s'installa à ST VITH, station touristique réputée d'avant-guerre.

Les forêts de sapins ont remplacées les haies normandes. Le secteur est calme. En prévision de l'hiver, les G.I.'s construisent des abris confortables sur des terrains détrempés par les pluies d'automne. La Division réintègre le Ve Corps de la 1èe Armée Américaine pour participer à la conquête du territoire allemand. La Division occupait une longue chaîne de collines très boisées connue sous le nom de Schnee Eifel. Le Commandement Allié aménagea cette zone en un large front défensif, le terrain fut parsemé de tranchées camouflées, de barbelés et de champs de mines. La neige arriva en Novembre, il faisait froid, le sol était boueux.

Après plus de deux mois de patrouilles et de contacts avec l'ennemi, la Grande Unité se déploya sur ELSENBORN, sa mission était de s'emparer vers l'Est des barrages placés en aval de la rivière Buer dans la région des Sept Lacs près de AACHEN (Aix la Chapelle), cette ville allemande que les troupes américaines avaient prise en octobre. Ces barrages constituaient une sérieuse menace pour la progression des Alliés vers le Rhin, car il suffisait aux Allemands de faire sauter les digues pour inonder la vallée et neutraliser l'avance américaine. Mais pour atteindre ces barrages il y avait un obstacle de taille: il fallait traverser la Ligne Siegfried.

L'attaque du Ve Corps vers les barrages démarre le 13 Décembre. La 2e DI doit progresser vers WAHLERSCHEID puis vers DREIBORN. Le Q.G. du Général ROBERTSON est à WIRTZFELD. Pour mieux surprendre l'ennemi, les piper-cubs (avions légers d'observation) sont maintenus au sol. Le 2e Bataillon du 9e R.I. doit surprendre l'ennemi sans préparation d'artillerie. Malgré une tempête de neige, l'avant-garde atteint les premières fortifications en fin de soirée où elle est accueillie par un feu nourri. Toute tentative d'attaque de jour pouvant entraîner des pertes sanglantes, le 2e Bataillon attaquera le 15 dans la nuit, réduisant les blockhaus les uns après les autres et ouvrant une brèche sur trois kilomètres dans la Ligne Siegfried face à WAHLERSCHEID permettant au 38e R.I. de s'engouffrer dans la trouée. Le succès est en vue.

Le 2e Bataillon du 9e Régiment d'Infanterie obtînt pour ce fait d'armes une Citation Présidentielle U.S. :

"Malgré les obstacles rencontrés dans une forêt épaisse enneigée,
les tirs nourris des casemates de l'artillerie et un ennemi déterminé,
le 2e Bataillon, Fer de Lance du 9e R.I.,
écrasa, détruisit 24 ouvrages et fit prisonniers 161 Allemands".

Pendant cette avance, à quelques kilomètres de là, la 6e Armée de Panzers commandée par le Général MÖDE se met en place pour son offensive. Le nom de code donné par les Allemands à cette offensive du désespoir en vue de tenter de sauver le IIIe Reich est : "La Garde au Rhin".

 

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