De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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La suite de la campagne : vers Austerlitz

Apprenant la capitulation, l'armée de Kutusov (40 000 hommes) retraite vers Vienne au nord du Danube. Celui-ci s'aperçoit de la situation isolée de la division Gazan (5 000) sur la rive gauche du Danube et décide de l'attaquer. L'artillerie de la division française, embarquée sur une flottille, débarque en toute hâte. Sous le commandement de Fabvier, elle inflige des pertes terribles aux assaillants. Lorsque la division Dupont accourt en renfort, il ne reste pratiquement plus de pièces en état de tirer mais l'ennemi n'insiste pas et se retire.

La route de Vienne est ouverte. Murat s'empare de la capitale autrichienne le 13 novembre. Il conclue une convention avec les Russes qui leurs permet de se retirer en Pologne mais elle est dénoncée par l'empereur qui veut détruire les forces de Kutusov avant l'entrée en campagne de l'armée prussienne. Laissant des troupes suffisantes pour protéger ses lignes de communication, l'Empereur concentre le reste de ses troupes au nord de la capitale autrichienne, dans une position centrale. Son objectif est d'empêcher la jonction des différentes armées ennemies dont l'effectif total est supérieur au sien :

  • celle de l'archiduc Ferdinand au nord-ouest près de Prague (18 000 hommes),
  • celle des empereurs d'Autriche (Francis II) et de Russie (Alexandre) plus près vers le Nord-Est, à Olmütz (90 000 hommes),
  • celle des archiducs Charles et John (80 000) bloquée par aux passages des Alpes par les corps de Ney et de Marmont (20 000 hommes) et talonnée par les forces de Masséna (35 000 hommes).

Le tsar de Russie et l'empereur d'Autriche sont présents mais le commandement effectif est laissé au général Kutuzov. Le 28 novembre 1805, ils mettent leur armée en marche pour couper les lignes de communications de la Grande Armée avec Vienne et donc la France. Napoléon encourage leur manouvre en présentant un flanc droit très faible. Lorsque les alliés atteignent Austerlitz dans la matinée du 1er décembre, ils décident alors de faire porter leurs efforts sur ce secteur dégarni. Ils disposent de 85 700 hommes et de 278 canons contre 73 100 et 139 pièces aux Français. Les forces en présence sont donc relativement équilibrées.

Le lendemain, Napoléon va conclure cette campagne de 1805 sur un nouveau triomphe qui va même éclipser celui remporté grâce à "la manouvre d'Ulm".


Bibliographie

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Stéphane Béraud, Bonaparte en Italie - Naissance d'un stratège, Bernard Giovanangeli Editeur, 1996, 143 pages.

Michel de Lombarès, Histoire de l'Artillerie française, Editions Lavauzelle, 1984, 401 pages.

T. R. Phillips (Editor), Roots of Strategy, Stackpole Books, 448 pages.

Jean Delmas (sous la direction de), Histoire militaire de la France, tome 2, PUF, 635 pages.

R. Ernest Dupuy et Trevor Dupuy, The Harper Encyclopedia of Military History, Harper Collins, 1736 pages.

John Keegan et Andrew Wheatcroft, Who's Who in Military History - from 1453 to the present, Routledge, 1996, 340 pages.

David G. Chandler, Austerlitz 1805 - Battle of the Threee Emperors, campaign series, osprey military, 1990, 96 pages.

 

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