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Les enseignements
de cette première moitié de campagne (suite)
Cette
différence de qualité dans le commandement se retrouve aussi
au niveau de la troupe. Les troupes françaises sont parfaitement
aguerries après une suite de campagnes victorieuses et une longue
période d'entraînement au camp de Boulogne. L'ardeur de la cause
révolutionnaire, et maintenant la fidélité à l'empereur, leurs
donnent un élan remarquable. Côté autrichien, la mobilisation
est incomplète. La plupart des unités sont en sous-effectifs
et constituées de recrues inexpérimentées car les meilleures
unités sont déployées en Italie.
La
qualité de l'infanterie française ne sera jamais aussi élevée
que lors de cette campagne d'Autriche de 1805. Elle sait notamment
manouvrer sous le feu comme le montre l'action décisive du 69e de
ligne à Elchingen. La réussite de la manouvre d'Ulm est obtenue
grâce à la mobilité de l'infanterie française qui avance de 25
km par jour. Ainsi, la division Friant parcours 640 km en 29
jours. Les Autrichiens et les Russes n'arriveront donc pas à faire
leur jonction avant le début des combats alors que la guerre
reprend à leur initiative.
La
cavalerie est désormais la meilleure d'Europe. Au combat, la
cavalerie légère garde les flancs et protège la mise en place
des autres troupes. La cavalerie lourde n'est engagée que pour
percer le dispositif ennemi au moment où il faiblit. Pour la
première fois lors de cette campagne une réserve de cavalerie
est constituée et placée sous les ordres de Murat. En campagne,
la cavalerie légère effectue des missions de reconnaissance et
de sûreté, informant le commandement et rendant l'ennemi aveugle.
Les cadres, presque tous perdus lors de la Révolution, ont été remplacés.
Le seul problème concerne la remonte mais il n'est pas encore
crucial lors de cette campagne de 1805.
L'artillerie
a su faire fructifier les acquis de la réforme menée par Gribeauval
sous l'Ancien Régime. Des matériels puissants et légers permettent
une extrême mobilité, notamment sur le champs de bataille où les
batteries n'hésitent pas à venir tirer à bout portant sur les
lignes ennemies. La généralisation d'unités d'artillerie à cheval
favorise encore ce type d'action alors que les pièces plus lourdes
sont pour partie groupées en une grande batterie pour concentrer
leurs feux.

Le
système Gribeauval se caractérise surtout par la standardisation
des matériels :
canons de 12, de 8 et de 4 (plus tard remplacé par un 6) et un obusier de 6.
Ces chiffres correspondent au poids en livre des boulets.
Un canon de 8 comme celui-ci avait un calibre de 100 mm.
Les pièces et les attelages sont considérablement allégés
ce qui permet la manuvre de lartillerie sur le champs de bataille.
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