De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Les enseignements de cette première moitié de campagne (suite)

Cette différence de qualité dans le commandement se retrouve aussi au niveau de la troupe. Les troupes françaises sont parfaitement aguerries après une suite de campagnes victorieuses et une longue période d'entraînement au camp de Boulogne. L'ardeur de la cause révolutionnaire, et maintenant la fidélité à l'empereur, leurs donnent un élan remarquable. Côté autrichien, la mobilisation est incomplète. La plupart des unités sont en sous-effectifs et constituées de recrues inexpérimentées car les meilleures unités sont déployées en Italie.

La qualité de l'infanterie française ne sera jamais aussi élevée que lors de cette campagne d'Autriche de 1805. Elle sait notamment manouvrer sous le feu comme le montre l'action décisive du 69e de ligne à Elchingen. La réussite de la manouvre d'Ulm est obtenue grâce à la mobilité de l'infanterie française qui avance de 25 km par jour. Ainsi, la division Friant parcours 640 km en 29 jours. Les Autrichiens et les Russes n'arriveront donc pas à faire leur jonction avant le début des combats alors que la guerre reprend à leur initiative.

La cavalerie est désormais la meilleure d'Europe. Au combat, la cavalerie légère garde les flancs et protège la mise en place des autres troupes. La cavalerie lourde n'est engagée que pour percer le dispositif ennemi au moment où il faiblit. Pour la première fois lors de cette campagne une réserve de cavalerie est constituée et placée sous les ordres de Murat. En campagne, la cavalerie légère effectue des missions de reconnaissance et de sûreté, informant le commandement et rendant l'ennemi aveugle. Les cadres, presque tous perdus lors de la Révolution, ont été remplacés. Le seul problème concerne la remonte mais il n'est pas encore crucial lors de cette campagne de 1805.

L'artillerie a su faire fructifier les acquis de la réforme menée par Gribeauval sous l'Ancien Régime. Des matériels puissants et légers permettent une extrême mobilité, notamment sur le champs de bataille où les batteries n'hésitent pas à venir tirer à bout portant sur les lignes ennemies. La généralisation d'unités d'artillerie à cheval favorise encore ce type d'action alors que les pièces plus lourdes sont pour partie groupées en une grande batterie pour concentrer leurs feux.


Le système Gribeauval se caractérise surtout par la standardisation des matériels :
canons de 12, de 8 et de 4 (plus tard remplacé par un 6) et un obusier de 6.
Ces chiffres correspondent au poids en livre des boulets.
Un canon de 8 comme celui-ci avait un calibre de 100 mm.
Les pièces et les attelages sont considérablement allégés
ce qui permet la manœuvre de l’artillerie sur le champs de bataille.

 

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