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Les enseignements
de cette première moitié de campagne
Napoléon
conduit dans cette campagne la plus grande armée qu'il lui ait été donnée
de commander jusqu'alors. Il dispose pour le seconder d'un grand état-major
général très efficace, dirigé par un homme dévoué et infatigable :
Berthier. Des plans d'opérations fort précieux sont élaborés,
notamment grâce aux ingénieurs géographes du service topographique,
mais aussi grâce à l'espionnage et aux missions de reconnaissance
effectuées par la cavalerie, avec des hommes parlant la langue
du pays.
Certains
des commandants de corps sont aussi des chefs très compétents
comme Davout, Lannes, Murat et Soult. Et si Ney n'a pas les qualités
requises pour diriger un corps d'armée, sa conduite au feu est
exceptionnelle. Comme l'empereur, tous sont jeunes.
Napoléon
choisit très tôt comme théâtre d'opération principal l'Allemagne
et non l'Italie où les Autrichiens concentrent leurs meilleures
troupes sous le commandement de l'archiduc Charles. Fin août,
il envoie Murat et Bertrand reconnaître la vallée du Danube et
notamment la région d'Ulm. Quelques jours plus tard, c'est au
tour de Savary de faire de même pour les itinéraires que vont
bientôt emprunter les corps français, dans leur mouvement tournant
entre le Rhin et le Danube. L'empereur, qui a longuement étudié la
brillante campagne de Turenne de 1646, connaît d'ailleurs déjà très
bien la configuration générale du terrain.
Son
but est d'attirer l'armée ennemie vers l'ouest en direction de
la Forêt Noire puis de la tourner pour l'attaquer de flanc. Il
s'agit en fait du plan préconisé à Moreau en 1800 et que celui-ci
n'avait pas su mettre en ouvre. Cette fois-ci, la manouvre sera
parfaitement exécutée. Mais, comme toujours, Napoléon ne s'enferme
pas dans un plan d'opération trop rigide. Le 25, informé de la
concentration de l'armée ennemie autour d'Ulm, il décide de réduire
l'ampleur de son mouvement tournant.
Or,
Mack n'envisage pas une manouvre de grande ampleur au nord du
Danube. Il pense que la menace d'une intervention prussienne
et l'arrivée prochaine des troupes russes inciteront Napoléon à ne
pas prendre ce risque. Il croit plutôt à une réédition de la
campagne de Moreau et estime les effectifs ennemis à 70 000
hommes alors qu'ils sont près de trois fois plus importants.
Au contraire, Napoléon table prudemment sur une armée autrichienne
de 100 000 hommes et établit ses plans en conséquences,
en attendant d'obtenir des renseignements plus précis, vers le
12 octobre. L'attribution de ce commandement à Mack peut sembler étonnant
si l'on se réfère à ses antécédents peu brillants (capitulation à Naples
en 1798-1799) et à la piètre opinion qu'ont de lui les archiducs
Charles et Ferdinand. Mais il faut néanmoins se rappeler qu'il
s'agissait là d'un théâtre d'opération secondaire pour les Autrichiens.
Mack devait se contenter de couvrir Vienne en attendant l'arrivée
des Russes. C'est de sa propre initiative qu'il décide d'avancer
vers l'Ouest pour protéger le Tyrol.
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