De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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La bataille d’Elchingen

Les Autrichiens se sont enfin mis en mouvement. 8 000 hommes, sous la direction de Reisch, traversent Elchingen pour rejoindre une avant-garde qui a déjà atteint Langenau. Or, à 8 heures du matin, c’est un Ney survolté qui se présente sur la rive droite, à la tête de la division Loison.

Rapidement, les premières troupes françaises (6e léger, 39e de ligne, 3e hussard, 10e chasseurs, 8 canons et 2 obusiers) bousculent la faible arrière-garde autrichienne en charge de la défense du pont (300 hommes et deux pièces de 3). L’abbaye est emportée dans foulée par le 1er bataillon du 6e léger. 800 Autrichiens sont faits prisonniers. Le village est lui aussi pris d’assaut par le 2e bataillon du 6e léger et le 1er du 39e de ligne. Seule un petite briqueterie tient encore.

Riesch regroupe alors ses forces sur le plateau en arrière du village, en direction de Gottingen, pendant que d’autres unités françaises traversent le fleuve. Les hussards et les chasseurs de Colbert contiennent les cuirassiers autrichiens et permettent le déploiement de la brigade Roguet. Celle-ci reçoit l’ordre de Ney de déborder l’aile droite adverse qui s’appuie sur un petit bois.

C’est au 69e de ligne du colonel Brun qu’échoit le redoutable honneur de mener l’attaque. La manœuvre est en effet risquée car l’étroitesse de la tête de pont oblige à longer la ligne de feu ennemie. Elle réussit pourtant, bien que Roguet perde son cheval, tué sous lui. Impressionnés, les Autrichiens faiblissent.

Une charge impétueuse du 18e hussards au centre oblige l’infanterie autrichienne à former le carré mais le 76e de ligne l’écrase sous son feu. Le 19e hussards exploite la débâcle en direction de Unter-Elchingen. Les deux régiments de ligne s’emparent de Kesselbronn malgré une dernière charge désespérée des cavaliers autrichiens.

Riesch retraite vers Ulm. Il a perdu plus de la moitié de ses hommes, une grande partie de son artillerie et plusieurs drapeaux. Les pertes françaises sont minimes : une centaine de tués dont 6 officiers, six fois autant de blessés dont 31 officiers. Toujours à la pointe du combat, Ney a brillamment entraîné ses troupes. Seule la division Loison a été engagée contre un ennemi supérieur en nombre.

Ney va maintenant investir Ulm par le Nord. Mack capitule le 17 sous condition qu’aucune colonne russe n’arrive avant le 25. Mais le 20, cette dernière condition est abandonnée. 50 000 hommes sont faits prisonniers avec 40 drapeaux et 65 canons. L’archiduc Ferdinand s’enfuit vers la Bohême avec une petite escorte de cavalier et Jellachich gagne le Vorarlberg, talonnée par la cavalerie de Murat.

 

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