De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Les Autrichiens laissent passer l’opportunité d'effectuer une percée

Ordre est donnée à Ney de s’emparer d’Ulm. A son grand déplaisir, son corps se retrouve sous le commandement de Murat avec celui de Lannes et la réserve de cavalerie. Il se trouve à l’aile droite de la Grande Armée qui se trouve donc toujours à "front renversé".

Le lendemain en milieu de journée, la division Dupont, forte de 5 000 hommes, est surprise près d’Halash par des forces cinq fois supérieures en nombre. Le reste du 6e corps se trouve sur la rive droite du Danube et le contact n’a pu être pris avec les troupes du général Baraguey-d’Hilliers situées plus à l’ouest. Malgré son isolement, le général Dupont fait face avec fermeté : une contre-attaque à la baïonnette du 96e de ligne soutenu par le 9e léger permet de faire un grand nombre de prisonniers. Mais la cavalerie autrichienne décime les 15e et 17e dragons, s’empare de deux aigles et de 900 prisonniers. Les Français réussissent néanmoins à se replier en bon ordre vers Albeck puis au delà, abandonnant 9 de leurs 13 canons. Les pertes sont lourdes, notamment pour les unités de cavalerie, et les réserves de munitions sont au plus bas.

Les Autrichiens vont cependant s’avérer incapables d’exploiter immédiatement ce succès, qui leur ouvre pourtant la voie du salut par la rive gauche du Danube, en direction de la Bohème.

La situation difficile dans laquelle s’est trouvé Dupont s’explique principalement par le manque de cohérence des ordres de Ney, dans la nuit du 10 au 11 octobre : aucune attaque sur la rive droite n’est prévue et les unités doivent faire un long détour, faute d’avoir conservé le pont d’Elchingen, pourtant pris la veille par une charge brillante du 3e hussard, soutenu par les carabiniers du 6e léger. Ney essayera alors de faire retomber la faute de ce revers sur le général Baraguey-d’Hilliers, avec qui il entretien un vieux contentieux mais celui-ci sera blanchie par une enquête, l’année suivante.

Le 12 octobre, Napoléon se trouve à Augsburg avec le corps de Marmont et la Garde, le corps de Soult est à Memmingen alors que ceux de Bernadotte et Davout couvrent les approches de Munich. Toujours en charge de l’aile droite, Murat s’inquiète d’une tentative de percée par la rive gauche du Danube car il pense que l’ennemi devrait maintenant avoir pris conscience du péril. Dans la nuit, Lannes confirme cette impression.

Napoléon réagit immédiatement en donnant l’ordre à Ney de reprendre et de tenir le pont d’Elchingen et de faire réoccuper Albeck par la division Dupont. Malgré cela, Ney tergiverse toujours ce qui lui vaut une nouvelle dépêche peu amène du chef d’état-major de l’empereur, Berthier.

 

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