De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9

 

L’enveloppement d’Ulm

Napoléon veut porter un coup décisif avant que l’armée russe soit en position d’intervenir. Le 5e corps de Lannes et la cavalerie de Murat traversent la forêt noire et prennent contact avec les forces ennemies pour les fixer. Pendant ce temps, L’empereur divise son armée en six grandes colonnes qui effectue un mouvement tournant autour de l’armée autrichienne. Bernadotte et Marmont sont les plus à l’Est. Les troupes françaises avancent à marche forcée. Des branches de chênes garnissent les coiffes en signe de victoire.

Alors que Napoléon reste quelques temps à Strasbourg pour mieux tromper l’ennemi, Murat dirige la manœuvre en se conformant strictement aux ordres de l’Empereur. Cela n’empêche pas quelques frictions avec l’impétueux et susceptible Ney. Murat doit même demander une confirmation officielle de son commandement. Ces tiraillements génèrent une certaine pagaille dans la progression des unités. Le 7 octobre pourtant, Murat franchit le Danube à Munster et Soult se trouve au pont de Donauwerth où il prend contact avec un corps autrichien. Les hommes sont fatigués et affamés. Le ravitaillement demeure insuffisant et les hommes doivent "vivre sur le pays".

L’ennemi est complètement tourné et Napoléon pense qu’il va choisir de se retirer. Mais Mack estime que la Grande Armée est exposée. Il croit pouvoir la tourner à son tour et la prendre en tenaille avec l’aide de l’armée russe. Mais celle-ci est encore loin et Napoléon poursuit méthodiquement l’application de son plan.

Le 8 octobre à Wertingen, Lannes et Murat affronte le corps du général Auffenberg. Murat se distingue à la tête de sa cavalerie. Son aide de camp Exelmans recevra la Légion d’honneur. Les dragons brillent particulièrement entraînés par des chefs audacieux : le colonel Arrighi du 1er régiment est blessé comme le colonel Maupetit du 9e qui reçoit 9 coups de baïonnette. Au prix d’une vingtaine de tués et d’une centaine de blessés, ils s’emparent de 1 469 prisonniers, de 4 drapeaux et de 6 canons.

Le lendemain, le 9 octobre, Ney reçoit l’ordre d’intercepter un ennemi considéré en pleine retraite. Il forme trois colonnes. Celle de droite ne peut atteindre Leipheim en raison de marécages infranchissables et celle du centre fonce droit sur Gunzburg pour découvrir la destruction du pont principal. C’est la colonne de gauche, emmenée par le général Labassé, qui va forcer la passage en aval à l’aide d’un pont encore praticable. Dans la tête de pont, le 59e de ligne, soutenu par deux pièces d’artillerie plus trois autres prises à l’ennemi, doit contenir six contre-attaques de la part de forces supérieures en nombre, commandées personnellement par le général Mack et l’archiduc Ferdinand. Avec l’arrivée de renforts français, les Autrichiens se retirent, laissant 500 prisonniers sur le terrain. Une partie de leurs forces n’a même pas engagé le combat.



page 1
- page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés