De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9

 

La manoeuvre d'Ulm


La situation initiale

Les Anglais craignent une invasion et leurs manœuvres diplomatiques visent à trouver des alliés sur le continent. En 1805, ils réussissent à mettre sur pied une troisième coalition contre la France avec l’Autriche, la Russie, la Suède et le royaume de Naples. La Prusse reste provisoirement neutre car elle ne s’estime pas encore prête au combat. L’Espagne, les électeurs de Bavière, de Bade et de Wurtenberg conservent leur appui à Napoléon.

Les Autrichiens, les Suédois et les Russes comptent profiter de la dispersion des troupes françaises pour attaquer. Leur objectif est d’abord de détruire les forces de Masséna en Italie du nord puis de chasser les Français d’Allemagne, enfin de se concentrer pour affronter la Grande Armée. Devinant les intentions de ses adversaires, Napoléon dirige la Grande Armée vers l’Est à leur l’insu. Il dispose de 200 000 hommes bien entraînés. Les ordres de marche sont envoyés le20 septembre :

  • le 1er corps de Bernadotte (17 000 hommes) de Hanovre à Würtzburg ;
  • le 2e corps de Marmont (22 000 hommes) de Hollande à Mayence ;
  • le 3e corps de Davout (28 000 hommes) de Ambleteuse à Mannheim ;
  • le 4e corps de Soult de Boulogne à Spire (40 000 hommes) ;
  • le 6e corps de Ney (23 000 hommes) de Montreuil-sur-Mer à Haguenau ;
  • le 5e corps de Lannes (12 000 hommes) de Vimereux à Strasbourg, où il rejoint la réserve de cavalerie de Murat (22 000 hommes), la Garde impériale de Bessières (6 000 hommes) et le Parc d’artillerie (56 pièces) ;
  • les troupes bavaroises (21 000 hommes) commandées par Deroy sont concentrées entre Bamberg et Würtzburg après avoir décrochée devant l’avance autrichienne pour attendre les Français ;
  • les Badois de Harraut (3 000 hommes) et les Wurtembergeois de Seeger (5 000 hommes) sont prêts à se joindre à la Grande Armée ;
  • le 7e corps de Augereau en Bretagne se met en marche avec 15 jours de retard et ne sera pas présent à Ulm.

Le gros des forces autrichiennes (100 000 hommes) se prépare à envahir l’Italie. Le reste, 60 000 hommes dont 12 000 cavaliers commandés par le maréchal Mack von Leiberich, pénètre en Bavière. Cette force compte 5 corps d’armées sous les ordres de Schwarzenberg, Riesch, Werneck, Kienmayer, Jellachich. Pendant ce temps, les forces russes s’ébranlent lentement vers l’ouest en trois armées commandées par Benningsen (20 000 hommes), Buxhoden (50 000 hommes) et Koutousov (50 000 hommes).

La Grande Armée, traverse le Rhin le 26 septembre, alors que les armées autrichiennes et russes n’ont pas encore effectué leur jonction. Le général Mack qui la croit encore à Boulogne, face à la Manche, envahit sans précipitations la Bavière et chemine entre Ulm et Munich.

 

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés