De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9

 

Le contexte : des guerres de la Révolution à celles de l’Empire

La guerre de la première coalition (1792-1798) se termine par une surprenante victoire de la France, pourtant opposée à toutes les grandes puissances européennes. La Belgique et la rive gauche du Rhin lui sont ainsi rattachées. Des Républiques satellites de la France sont proclamées en l’Italie du nord, aux Pays-Bas, en Suisse et à Rome. Les victoires de Valmy, Fleurus et Arcole jalonnent cette marche vers la victoire contre un ennemi initialement supérieur en nombre.

La " levée en masse du peuple " français et la ferveur révolutionnaire forment la base de ces succès. La République trouve aussi en Carnot un organisateur de génie et en Bonaparte un brillant stratège. Dans le domaine de l’armement, il ne faut pas non plus négliger l’importance des réformes menées par Gribeauval sous l’Ancien Régime. Enfin, les prémices de la Révolution industrielle permettent déjà le soutien en opération d’armées volumineuses dans une suite de longues campagnes.

L’Angleterre reste alors le seul ennemi de la France. Bonaparte et Talleyrand proposent chacun de leur côté une expédition au Levant. L’objectif consiste à faire peser une menace sur le commerce entre l’Angleterre et les Indes. La city (place financière de Londres) devrait alors contraindre le gouvernement à engager des négociations paix. Cette campagne d’Egypte (1798-1800) est caractérisée par des succès terrestres sans lendemains après la destruction de la flotte française de la Méditerranée à Aboukir.

Sur le continent, les grandes puissances européennes vaincues ne peuvent se satisfaire de cette situation. Elles forment très rapidement une nouvelle coalition et reprennent les hostilités. Cette guerre de la seconde coalition (1798-1800) tourne rapidement à l’avantage des coalisés qui profitent de l’absence de Bonaparte, toujours en Egypte. Les Français perdent l’Italie mais tiennent bon sur tous les autres fronts. Insatisfaite, la Russie se retire de la coalition.

De retour d’Egypte, Bonaparte profite de cette situation délicate pour s’emparer du pouvoir en devenant Premier Consul. Ses propositions de paix refusées, il mène en Italie du Nord une deuxième campagne victorieuse conclue par la victoire de Marengo. Le 9 février 1801, l’Autriche se retire du conflit. Le 27 mars 1802, le traité d’Amiens entre la France et l’Angleterre instaure la paix sur le continent après une dizaine d’années de guerre. Le 2 août 1802, Bonaparte est proclamé Consul à vie.

Les hostilités entre la France et l’Angleterre continuent avec l’occupation du Brabant hollandais par Bonaparte qui demande également le retrait des Anglais de Malte. Ceux-ci répliquent par un blocus du continent, le 16 mai 1803. De son côté Napoléon rassemble des troupes à Boulogne pour une éventuelle invasion de l’Angleterre. Le 2 octobre 1804, ses flottilles d’assaut sont détruites par la Royal Navy qui conserve sa supériorité sur toutes les mers du monde.

Le 2 décembre 1804, Napoléon est sacré empereur des Français. Il continue ses préparatifs d’invasion sans pour autant que sa décision d’attaquer soit arrêtée avec certitude.

 

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6 - page 7 - page 8 - page 9

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés