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La
plus brillante des campagnes de Napoléon
Autriche
1805
La
parfaite application de la pensée militaire de Napoléon
En
1805, la Grande Armée et lEmpereur atteignent leur apogée.
Aucune des nombreuses victoires remportées par la suite ne possédera
laura des succès éclatants dUlm et dAusterlitz.
Ceux-ci trouvent leurs sources dans les campagnes des années
précédentes qui vont permettre à la troupe et à son chef de gagner
en maturité. Les deux campagnes dItalie, et dans une moindre
mesure celle dEgypte, sont en fait pour Napoléon une période
dexploration et de tâtonnements. Tant sur le plan de la
pensée militaire que sur le plan de lorganisation de larmée
ou de la conduite de la guerre, il fixe ses idées et développe
alors les principes quil appliquera durant toutes les campagnes
de lEmpire.
Dans
toutes ses campagnes, Napoléon recherche la supériorité numérique
sur ses ennemis. Si celle-ci ne lui est pas acquise initialement,
il tente de lobtenir au moment de la bataille. Ses manuvres
peuvent être regroupées en deux grands ensembles : la manuvre
sur les arrières et la manuvre en position centrale. Bien
sûr, toutes les deux font lobjet de multiples variantes
en fonction des circonstances propres à chaque opération et il
apparaît souvent difficile de les appliquer à la lettre. La campagne
dAutriche de 1805 présente loriginalité de la plus
parfaite exécution de lune comme de lautre.
A Ulm,
Napoléon dispose de la supériorité numérique sur larmée
autrichienne. Il opte donc pour une manuvre sur les arrières
de lennemi, en vue de couper ses lignes de communication
et sa seule voie de retraite. Pour ce faire, il fixe lattention
de lennemi, concentré dans la région dUlm, avec une
force de diversion et effectue un large mouvement tournant avec
le gros de son armée.
A Austerlitz,
Napoléon manuvre dabord pour sassurer la position
centrale sur le théâtre dopération et décide de frapper
avant que les armées ennemies ne puissent assurer leur jonction.
Lors de la bataille, il laisse lennemi attaquer son flanc
droit, volontairement dégarni. Une fois le gros des assaillants
engagés, il en profite pour occuper la position centrale de la
ligne de front, le plateau de Pratzen, puis pour se rabattre
sur leurs arrières et les détruire. Ensuite, il se retourne vers
le reste de larmée austro-russe et la met en déroute.
Par
la suite, Napoléon remportera de nombreuses autres victoires.
A plusieurs reprises, comme lors de la campagne de France de
1814, il fera de nouveau preuve de son génie militaire, mais
jamais plus il ne commandera un instrument aussi parfait. Usée
par la succession de campagnes, la Grande Armée va progressivement
perdre ses qualités manuvrières avec le déclin dune
infanterie saignée à blanc puis la destruction de sa cavalerie
lors de la désastreuse campagne de Russie de 1812. Napoléon doit
donc compter de plus en plus sur son artillerie, concentrée dans
de grandes batteries. Plusieurs fois, la décision lui échappera
en raison dune exécution maladroite de ses ordres.
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