De la manoeuvre d'Ulm à Austerlitz
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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La plus brillante des campagnes de Napoléon
Autriche 1805

 

La parfaite application de la pensée militaire de Napoléon

En 1805, la Grande Armée et l’Empereur atteignent leur apogée. Aucune des nombreuses victoires remportées par la suite ne possédera l’aura des succès éclatants d’Ulm et d’Austerlitz. Ceux-ci trouvent leurs sources dans les campagnes des années précédentes qui vont permettre à la troupe et à son chef de gagner en maturité. Les deux campagnes d’Italie, et dans une moindre mesure celle d’Egypte, sont en fait pour Napoléon une période d’exploration et de tâtonnements. Tant sur le plan de la pensée militaire que sur le plan de l’organisation de l’armée ou de la conduite de la guerre, il fixe ses idées et développe alors les principes qu’il appliquera durant toutes les campagnes de l’Empire.

Dans toutes ses campagnes, Napoléon recherche la supériorité numérique sur ses ennemis. Si celle-ci ne lui est pas acquise initialement, il tente de l’obtenir au moment de la bataille. Ses manœuvres peuvent être regroupées en deux grands ensembles : la manœuvre sur les arrières et la manœuvre en position centrale. Bien sûr, toutes les deux font l’objet de multiples variantes en fonction des circonstances propres à chaque opération et il apparaît souvent difficile de les appliquer à la lettre. La campagne d’Autriche de 1805 présente l’originalité de la plus parfaite exécution de l’une comme de l’autre.

A Ulm, Napoléon dispose de la supériorité numérique sur l’armée autrichienne. Il opte donc pour une manœuvre sur les arrières de l’ennemi, en vue de couper ses lignes de communication et sa seule voie de retraite. Pour ce faire, il fixe l’attention de l’ennemi, concentré dans la région d’Ulm, avec une force de diversion et effectue un large mouvement tournant avec le gros de son armée.

A Austerlitz, Napoléon manœuvre d’abord pour s’assurer la position centrale sur le théâtre d’opération et décide de frapper avant que les armées ennemies ne puissent assurer leur jonction. Lors de la bataille, il laisse l’ennemi attaquer son flanc droit, volontairement dégarni. Une fois le gros des assaillants engagés, il en profite pour occuper la position centrale de la ligne de front, le plateau de Pratzen, puis pour se rabattre sur leurs arrières et les détruire. Ensuite, il se retourne vers le reste de l’armée austro-russe et la met en déroute.

Par la suite, Napoléon remportera de nombreuses autres victoires. A plusieurs reprises, comme lors de la campagne de France de 1814, il fera de nouveau preuve de son génie militaire, mais jamais plus il ne commandera un instrument aussi parfait. Usée par la succession de campagnes, la Grande Armée va progressivement perdre ses qualités manœuvrières avec le déclin d’une infanterie saignée à blanc puis la destruction de sa cavalerie lors de la désastreuse campagne de Russie de 1812. Napoléon doit donc compter de plus en plus sur son artillerie, concentrée dans de grandes batteries. Plusieurs fois, la décision lui échappera en raison d’une exécution maladroite de ses ordres.

 

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