La bataille terrestre d'Aboukir - Egypte, 25 juillet 1799
par Philippe BELLADEN

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Les opérations militaires :
les dispositifs en présence

Elles débutent le 12 juillet 1799 par l'arrivée en rade d'Aboukir d'une flotte anglo-ottomane composé de treize vaisseaux de ligne, quelques frégates et bâtiments légers et près de quatre vingts navires de transport. De cette armada, vingt mille turcs débarquent et attaquent le port et le village d'Aboukir qui, malgré les ordres du général en chef, n'ont pas été convenablement mis en état de défense par la petite garnison française qui comprend trois cents hommes et trois canons, commandés par le chef de bataillon Godart.

Les turcs cernent la redoute et attaquent sous la protection des canons anglais. Les français sont trop peu nombreux pour espérer vaincre mais se battent courageusement. La bataille est acharnée; aucun des adversaires ne fait de quartier. Finalement, l'un des derniers défenseurs met le feu au magasin à poudre. L'explosion détruit tout et ensevellit ensemble défenseurs et attaquants.

Marmont, arrivé en renfort à la tête de mille deux cents hommes, constate la disproportion des forces en présence et repart aussitôt sur Alexandrie. Les turcs s'installent alors dans le presqu'île d'Aboukir, s'y retranchent et attendent des renforts de cavalerie.

De son côté, Bonaparte a rassemblé les troupes disponibles : les divisions Lannes, Rampon, Murat et une partie de la cavalerie de Desaix commandée par Davout. Les divisions Kléber et Reynier, stationnées dans le delta du Nil, ont l'ordre de se rapprocher d'Aboukir, pendant que la division Desaix doit évacuer la Haute Egypte. L'armée française rassemblée à la hâte arrive à Alexandrie le 23 juillet; elle compte sept mille hommes à peine.

Bonaparte constate que les anglais n'ont pas débarqué de troupes et estime que la position turque est vulnérable : deux lignes de défense situées à deux kilomètres de distance.

  • La première appuyée d'un côté sur une dune qui borde la mer et appuyée de l'autre côté sur une dune qui borde le lac Madieh. Chaque dune est défendue par un millier d'hommes; le centre de la ligne, adossée à un village, est tenu par deux mille hommes.
  • La deuxième ligne est formée par la redoute construite par les français devant le village d'Aboukir. Elle est établie en face de la terre et se prolonge jusqu'à la mer. Cette ligne est tenue par le gros des forces ottomanes.

Le 25 juillet, l'attaque française est déclenchée.

L'ordre de bataille est le suivant :

  • en avant-garde la cavalerie commandée par Murat;
  • la droite compte deux mille sept cents hommes commandés par Lannes;
  • la gauche compte deux mille trois cents hommes commandés par Destaing;
  • en réserve deux mille quatre cents hommes commandés par Lanussse;
  • en protection des communications avec Alexandrie trois cents hommes commandés par Davout.

Les premiers objectifs sont les deux dunes de la première ligne de défense turque et sont dévolus à Destaing (à gauche) et Lannes (à droite). Murat est chargé de contourner ces deux points et de prendre les défenseurs à revers.

Le général Kléber et un officier des Guides de Napoléon par Taconville

 

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