Stosstruppen, les troupes d'assaut allemandes
par Jean-Philippe Liardet

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Expérimentations
Dans les premières lueurs du jour, le 12 octobre 1915, six lance-flammes lourds ouvrent le feu sur les tranchées françaises toutes proches, ouvrant la voie aux escouades de Stosstruppen qui nettoient le secteur à la grenade, soutenues par les tirs précis des canons d'infanterie et des mortiers de tranchées. L'attaque sur cette position française des Vosges se poursuit avec succès avec l'appui des sections d'une unité d'infanterie.

Les enseignements de cet assaut sont rapidement mis en pratique avec la participation d'environ quatre cents hommes de la 12. Landwehr-Division à une séance d'entraînement de six jours en décembre. D'autres séances, plus longues et avec des effectifs plus réduits, sont ensuite mises en place. Le 10 janvier 1916, la Sturm-Abteilung est employée au complet en pointe d'une attaque comportant deux régiments d'infanterie. Les pertes des assaillants sont limitées et la position est emportée sans coup férir. La voie est ouverte pour une généralisation de ces pratiques. De nombreuses divisions forment un bataillon indépendant ou entraînent certaines compagnies.

Les premières opérations d'envergure se déroulent sur le front italien lors de l'offensive de Caporetto, en 1917, où se distingue un jeune officier audacieux, Erwin Rommel. Mais c'est quelques mois plus tard, sur le front de l'Est, que ces nouvelles tactiques font preuve de leur grande efficacité. A Riga notamment, l'armée russe ne peut tenir le terrain face aux Stosstruppen maintenant présents dans de nombreuses divisions. L'offensive Ludendorff (Kaiserschlacht) à l'Ouest, en mars 1918, pousse les forces de l'Entente dans leurs derniers retranchements. L'arrivée des troupes américaines permet cependant de reconstituer les réserves nécessaires pour résister puis passer à l'offensive. Cette fois-ci, ce sont les chars qui ouvrent la voie avec un emploi plutôt conventionnel mais efficace pour l'époque.

Mais la flexibilité tactique développée par les Stosstruppen sera en grande partie à l'origine de la supériorité tactique allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, avec une combinaison redoutable des armes (infanterie, blindé, artillerie, aviation).

Côté simulation
La Première Guerre mondiale fait l'objet de beaucoup moins de wargames que la Seconde. Clash of Arms nous propose cependant un excellent titre pour simuler les combats tactiques de ce conflit : Landships. Si les chars sont très souvent présents dans les scénarios proposés, les tactiques des Stosstruppen allemands sont particulièrement bien représentées. L'extension Infernal Machines propose entre autres choses des pions spécifiques pour leurs équipements et leurs armements (grenades, mitrailleuses légères, armures individuelles, pistolets-mitrailleurs qui viennent s'ajouter aux lance-flammes, aux mitrailleuses lourdes et aux canons d'infanterie.
Echelle : 100 m par hexagone, cinq minutes par tour de jeu, une section, un char ou un canon par pion.
Pour les jeux PC, nous espérons toujours une version "Grande Guerre" de Combat Mission.


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