La
question des pertes au combat reste l’une des plus sujets
qui prête à controverse. Lors de la Première
Guerre mondiale, le Royal Army Medical Corps britannique a collecté des
informations qui ne manquent pas d’intérêt.
On apprend tout d’abord que 92% des blessés pris en
charge par ce service ont pu reprendre du service, 5% étant
déclarés inaptes et les 3% restants succombant à leurs
blessures. Cela démontre d'une part la grande efficacité du
service de soins. Ce dernier chiffre est néanmoins trompeur,
car il ne prend pas en compte la difficulté à traiter
immédiatement les blessés graves, qui n’entrent
pas dans ces statistiques puisqu’ils décèdent
le plus souvent sur le champ de bataille et sont comptabilisés
comme morts. Par ailleurs, le premier chiffre explique aussi que
de très nombreux soldats aient été blessés
plusieurs fois ou blessés puis tués plus tard. Mais
il montre aussi que de nombreuses blessures sont superficielles.
Parfois la distinction entre blessé, choqué et malade
n'est pas clairement indiquée et faussent les chiffres.
Deux statistiques complètent cette étude: la première
concerne l’origine de la blessure et la seconde le corps
d’appartenance du blessé.
| Type
d’arme |
pourcentage
des blessés |
| Obus |
58,51 % |
| Balle |
38,98 % |
| Grenade |
2,19 % |
| Baïonnette |
0,32 % |
| Armes |
pourcentage
des blessés |
| Infanterie |
88,18 % |
| Artillerie |
6,06 % |
| Mitrailleurs |
1,75 % |
| Génie |
1,55 % |
| Corps médical |
0,83 % |
| Cavalerie |
0,29 % |
| Aviation |
0,27 % |
| Blindés |
0,25 % |
| Services |
0,13 % |
| Quartier-généraux |
0,03 % |
| Divers |
0,66 % |
On constate que
l’artillerie est l’arme la plus dangereuse
alors que les grenades et les baïonnettes sont responsables
de peu de blessures. Cela étant, lors des combats au corps à corps,
les tués sont beaucoup plus nombreux. Les mitrailleuses
sont aussi nettement plus meurtrières que l’artillerie
qui agit surtout par des barrages et des tirs de saturation, notamment
contre des troupes retranchées, provoquant de nombreuses
blessures légères et des états de choc. Par
ailleurs, les blessés sont plus faciles à évacuer
puisqu'ils sont dans les lignes amies avec des voies de communications
vers l'arrière du front.
Même si le ratio des blessés par arme suit celui des
effectifs, on constate sans surprise que les artilleurs et les
fantassins sont les plus exposés. Mais au regard de la faiblesse
relative de leurs effectifs, les mitrailleurs, les aviateurs et
les tankistes ont également un ratio de perte élevé.
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