Le général John Pershing
(1860-1948)
Extraits d'une étude de Gérard Journet, Délégué EST de l'Association Nationale des Anciens des Forces Françaises de l'ONU et du Régiment de Corée. Adaptation de M. Léon C. Rochotte. 

 

"Le Commandant de Fer"

Né dans l'État du Missouri, John Pershing avait commencé par conduire la charrue avant de devenir instituteur rural, en espèrant qu'un jour il deviendrait juge. Mais n'ayant pas les moyens pour suivre les cours de droit, à 22 ans, il passe le concours d'entrée de l'École des Cadets.

Sortant de l'École Militaire de Westpoint, il fit ses premières armes contre les Indiens. Nommé Capitaine en 1896 pour ses qualités de soldat, d'administrateur et pour ses excellentes dispositions, il rétablit rapidement l'ordre dans l'île de Midanau lors du soulèvement des Philippines et devient administrateur du territoire.

Le Président Théodore ROOSEVELT, très frappé par ses extraordinaires résultats, trouvait inconvenant que PERSHING ne puisse, du fait de règlements militaires, être nommé commandant ou colonel, le fait nommer Brigadier-Général par le Congrès en 1901. En 1904, attaché militaire à Tokyo, il suit attentivement la guerre russo-japonaise dont l'enjeu ultime allait être la Corée...

Le 4 Avril 1917, les États-Unis entrent en guerre contre l'Allemagne. Le Président WILSON et le Secrétaire d'État BAKER chargent alors le Général PERSHING de façonner le Corps Expéditionnaire U.S. qui allait se battre sur le Vieux Continent aux côtés des Alliés.

De haute taille, d'allure très militaire, le Général PERSHING fait grande impression sur les troupes qu'il commande. Il a l'art de s'adresser à ses soldats. Il a dans ces contacts, un accent martial, un magnétisme, une volonté et une certitude de vaincre qui électrisent ceux à qui ils sont destinés. Le "Commandant de Fer" exigea que le règlement appliqué dans son armée fut celui des Cadets de West Point. Le seul dénominateur commun qu'il appliquait à ses soldats était que tous devaient se battre.

Son intention était de façonner les Sammies à son image et de les lancer dans la bataille dès le printemps 1918. Au cours d'une inspection dans une base arrière, il harangue les cheminots U.S.: "Je reviendrai chez vous un de ces jours pour y former quelques unités de volontaires; nous vous donnerons fusils et canons et nous vous enverrons sur le front mettre la main à la pâte. Je veux vous donner une chance de tirer quelques Allemands et de participer directement à la victoire, laquelle, je puis vous l'assurer, ne fait aucun doute".

Le Général PERSHING, à qui incombe la haute mission de diriger au nom de l'Amérique sa participation à la guerre en Europe, ne fait que traduire en actes par sa conception de la discipline et par la manière dont il entend traiter l'Allemagne, les sentiments profonds qui animent le Président des États-Unis WILSON quant au Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes. Mais son grand et tout premier souci ne fut que de mettre rapidement à la disposition des Alliés des unités parfaitement prêtes au combat.

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