Le miracle de la Marne, 1914
magazine Champs de bataille

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Dans le camp allemand, von Moltke exerce un commandement beaucoup trop souple et peine à analyser correctement la situation. Le 23, il passe à l'offensive en Lorraine et s'entête pendant une semaine malgré l'absence de progrès. Le 25 août, les deux corps d'armées qui investissaient Namur sont libérés par la chute de la ville mais expédiés immédiatement à l'Est où ils arriveront trop tard pour participer à l'éclatante victoire allemande de Tannenberg qui lève la menace sur la Prusse-Orientale. Puis il met sur pied une nouvelle armée pour contrer un éventuel débarquement britannique en Belgique. Cette dispersion des forces au moment crucial offre à Joffre l'occasion de prendre de flanc l'avance allemande qui s'oriente maintenant vers le sud-est alors que l'objectif initial était d'envelopper Paris par l'Ouest. L'attaque commence le 5 septembre au Nord de la Marne. Moltke ordonne à ses troupes de faire face à l'Ouest mais la II. Armee se trouve au prise avec la 9 e armée française. Les combats se poursuivent jusqu'au 9 et les Allemands prennent l'avantage partout sans pouvoir cependant combler la brèche entre la I. Armee et la II. Armee. Cette situation angoisse von Moltke qui décide le 11 de retraiter sur l'Aisne. Fatigués par les combats des derniers jours, les Français et les Anglais n'arrivent pas à exploiter la situation. La VII. Armee arrive de Belgique et permet de stabiliser le front. Le 14 septembre, il court jusqu'à la mer.

Les troupes françaises sont harcelées dans les déplacements par l'artillerie lourde allemande.

Placée en situation d'infériorité stratégique, l'Allemagne ne pouvait remporter la victoire qu'en respectant à la lettre le plan Schlieffen. La déroute russe à Tannenberg et les lourdes pertes françaises lui donne toutefois une nouvelle opportunité qu'elle ne va pas saisir. Ses ennemis ne font pas mieux : Russes comme Français précipitent leurs offensives contre un ennemi supérieur au plan tactique et n'exploitent pas une supériorité numérique écrasante. Le "miracle" de la Marne est bien là : d'un côté Joffre est maintenant décidé à appliquer une défense en profondeur tout en saisissant l'occasion de la moindre contre-attaque, avec des forces cependant très amoindries ; de l'autre côté, von Moltke sent peser sur ses épaules le poids d'une guerre sur deux fronts et n'ose pas risquer le tout pour tout pour remporter la victoire à l'Ouest. L'état-major allemand hésitera ainsi pendant toute la guerre. La victoire obtenue sur la Russie en 1917 changera la donne mais sera rendue inutile par l'entrée en guerre des Etats-Unis.

L'excellent canon de 75 ne peut rien contre l'artillerie lourde allemande
qui le frappe en toute impunité en profitant de son allonge supérieure.

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