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Avant même le début de la Première Guerre mondiale, les stratégies adoptées par les deux camps offraient la possibilité d'une guerre courte. Elle va durer plus de quatre ans. Se sont-elles neutralisées ou bien s'agit-il d'un défaut de conception ou d'exécution ?
Les stratégies en présence
L'alliance franco-russe de 1893 contraint l'Allemagne a combattre sur deux fronts un ennemi supérieur en nombre. La France prévoie donc d'adopter une posture défensive en s'appuyant sur de puissantes positions fortifiées. Une fois l'armée russe mobilisée, les deux pays passeront à l'attaque ensemble. L'entente cordiale entre la France et l'Angleterre (1903) conforte encore cette stratégie.
Pour espérer vaincre, l'Allemagne doit remporter une victoire décisive sur l'un des deux fronts. Le terrain peu favorable à l'offensive et les défenses françaises la pousse pendant plusieurs années à préférer une attaque à l'Est. Mais l'immensité du territoire russe et la faiblesse des voies de communication incite von Schlieffen à repenser la stratégie allemande. Son plan prévoit un grand mouvement tournant par la Belgique pour venir frapper l'arrière du dispositif français. En 1906, ce plan est définitivement adopté même s'il rend presque automatique l'intervention de l'Angleterre.
Il est rare qu'un plan ne subissent pas des modifications, surtout s'il reste en vigueur pendant plusieurs années. Inquiet du renforcement de l'armée russe et d'une possible offensive française en Lorraine, Helmut von Moltke, le nouveau chef d'état-major de la Reichswehr, va ainsi progressivement affaiblir les forces affectées au mouvement tournant. Si le rapport de force était de 7 contre 1 initialement, il retombe à 3 contre 1 au moment du déclenchement des hostilités.
L'épreuve du feu
L'effet de surprise et la concentration des moyens restent indispensables car l'armée allemande compte 70 divisions d'infanterie et 10 de cavalerie contre 71 divisions d'infanterie françaises et 4 britanniques, 10 divisions de cavalerie françaises et 5 brigades de cavalerie anglaises. Les Belges alignent par ailleurs 6 divisions d'infanterie et une de cavalerie. Or, les services de renseignements français ont acquis dès avant-guerre la conviction que l'axe principal de l'attaque passera par la Belgique, et le haut-commandement français prend ces informations très au sérieux.

Les soldats français en pantalon garance et sans casque montent à l'assaut des positions allemandes, baïonnette au canon.
Ils seront fauchés par centaines de milliers par les mitrailleuses allemandes bien retranchées.
Pourtant, quand l'offensive allemande commence, Joffre lance une offensive importante en Lorraine qui est repoussée avec de très lourdes pertes. La progression allemande en Belgique ne l'inquiète pas car il a prévu une contre-attaque dans les Ardennes. Mais celle-ci échoue et les forces françaises doivent se replier, durement éprouvées. Le 25 août, Joffre ordonne une retraite générale. Il renonce très vite à se rétablir derrière la Marne et opte plutôt pour la Seine et l'Aube. Il attend maintenant l'offensive russe et transfère des troupes des zones fortifiées de l'Est pour préparer une contre-offensive générale. Sous la contrainte des événements, il revient ainsi au choix stratégique que lui dictait les alliances de son pays.

Les charges à la bayonnette n'ont aucun change face à une artillerie de plus en plus meurtrière.
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