Les armées royales de 1700 à 1789
(Le déroulement des campagnes)
Le contexte géostratégique

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La guerre de succession d’Espagne
(1701/1714)

A la mort sans successeur du roi d’Espagne Charles II, Louis XIV réclame le trône pour son petit-fils, Philippe d’Anjou. Léopold I, empereur d’Autriche, fait de même pour son second fils, l’archiduc Charles. Mais les deux puissances maritimes, l’Angleterre et les Pays-Bas, refusent une succession porteuse de déséquilibres sur le continent. Elles forment la Grande Alliance de la Haye avec la Prusse, la plupart des Etats allemands et plus tard le Portugal. La France s’allie avec l’Espagne, la Savoie (qui va bientôt changer de camp), Mantoue, Cologne puis la Bavière.


L’avantage aux Alliés

Après quelques succès initiaux la France subit plusieurs revers. Alors que les forces françaises se dirigent vers Vienne et renforcent l’armée bavaroise, elles sont défaites à Blenheim (13 août 1704) par les forces combinées de John Churchill de Marlborough et du prince Eugène de Savoie. La défaite de Ramillies (23 mai 1706), toujours contre Malborough, coûte à la France la perte des Pays-Bas espagnols. Enfin, elle se retrouve chassée d’Italie (septembre/décembre 1706) lors d’une brillante campagne menée par le prince Eugène qui remporte notamment la victoire de Turin (7 septembre 1706)

En Espagne, le 12 octobre 1702 dans la baie de Vigo, les Alliés (Anglais et Hollandais) s’emparent d’un butin de 2 millions dans un convoi en provenance des colonies, malgré la protection d’une forte escadre franco-espagnole. En 1704, les Anglais prennent Gibraltar (23-24 juillet) puis battent la flotte française à deux reprises à Malaga (13 août 1704) puis à Marbella (10 mars 1705).

En 1705 et 1706, les Alliés conquièrent une grande partie de l’Espagne. La victoire française d’Almansa (25 avril 1707) stabilise la situation. En juillet-août, le siège de Toulon se termine par le sabordage de 50 navires de ligne français alors que l’attaque terrestre en provenance de l’Italie est repoussée.

Sous le commandement du maréchal Vendôme, les troupes françaises reprennent l’initiative en Flandres. Le 11 juillet 1708, Malborough et le duc de Savoie gagnent à Oudenarde une bataille confuse et sanglante. Vendôme rallie ses troupes et il faut attendre l’arrivée de l’armée du duc de Savoie pour que les Alliés reprennent Ghent et Bruges puis s’emparent de Lille. Louis XIV ouvre de nouveau des négociations de paix mais refuse les conditions trop dures exigées par les Alliés.

Un retournement complet de situation

Avec le soutien du peuple français, Louis XIV engage une nouvelle campagne en Flandres. La défaite de Malplaquet (11 septembre 1709) permet à la France de stabiliser la situation en raison de sévères pertes ennemies. L’alliance se défait quant l’archiduc Charles devient l’empereur Charles VI (1711). Aucun de ses alliés ne veut alors le voir régner à la fois sur l’Empire et sur l’Espagne. Malborough est rappelé définitivement dans son pays le 31 décembre 1711.

Entre-temps, l’offensive alliée sur Madrid (mai à décembre 1710) échoue malgré quelques succès initiaux. La faible valeur des troupes portugaises et le soutien des Espagnols à la cause de Philippe d’Anjou facilitent le redressement français. Vendôme remporte plusieurs victoires mais Barcelone ne capitule que le 11 septembre 1714.

Le traité d’Utrecht (11 avril 1713) reconnaît Philippe V roi d’Espagne mais chacune des puissances impliquées retire quelques avantages de la négociation. Seul Charles VI refuse de signer la paix. Il attendra les traités de Rastatt et Baden (1714) par lesquels il reçoit les Pays-Bas, le Milanais, le royaume de Naples et la Sicile.

Corps royal des carabiniers 1694
par Benigni

 

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