De la Restauration au Second Empire
(Déroulement des campagnes)
Contexte géostratégique

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La campagne du Mexique
(1862-1867)


Le contexte politique et diplomatique

De 1857 à 1860, le Mexique connaît une guerre civile qui oppose le parti conservateur de Félix Zuloaga au parti libéral de Benito Juarez. Le premier installe son gouvernement à Mexico, le second à Vera Cruz. Après sa reconnaissance par les Etats-Unis (6 avril 1859) et sa victoire de Calpulalpam, Juarez contrôle l'intégralité du pays (22 décembre 1860).

Cette période de troubles ayant épuisé les finances du pays Juarez décide de confisquer les biens de l'Eglise et de suspendre le paiement de la dette extérieure, les principales puissances créancières envoient alors un corps expéditionnaire au Mexique pour faire valoir leurs droits.

700 royal marines britanniques, 6.000 Espagnols et 2.500 Français débarquent à Vera Cruz où ils sont aussitôt atteints par la fièvre jaune. Le commandant espagnol, le général Don Juan Prim, négocie leur installation sur des hauteurs plus salubres. Mais cette convention de Soledad légitime le gouvernement de Juarez. Les troupes débarquées ne sont alors plus des forces de police mais des forces d'invasion.

Lors des négociations qui s'ouvrent sur le règlement de la dette, la France réclame des indemnités volontairement exorbitantes.


Les opérations militaires

Le général Lorencez prend le commandement et reçoit l'ordre de marcher sur la deuxième ville du pays, Puebla, dont la prise ouvre les portes de Mexico. Son armée ne compte guère que 6.000 hommes valides, appuyés par quelques batteries d'artillerie. Le 28 avril, les Français forcent le passage des monts Cumbres, à Acultzingo contre une force sensiblement égale. Le 5 mai, ils se lancent à l'assaut de Puebla, défendue par des forces deux fois supérieures en nombre (12.000 hommes). Les puissantes murailles de la ville rendent la préparation d'artillerie française inefficace. Les assaillants subissent de lourdes pertes et la cavalerie mexicaine lance une contre-attaque de flanc. Les Français doivent retraiter vers Vera Cruz. La première bataille pour Puebla est terminée.

Cet échec provoque un grand émoi en France. Pour laver cet affront un nouveau corps expéditionnaire de 30 000 hommes est dépêché au Mexique sous le commandement du général Elie Frédéric Forey. Le 19 mars 1863, le siège de Puebla commence. La garnison de la ville comporte désormais 15 000 hommes et les fortifications ont été renforcées. Le siège, long de 62 jours, est marqué par des combats de rue acharnés. Des pièces de siège sont rassemblées à Vera Cruz. Le convoi comporte aussi la contribution française à la campagne du Mexique, soit trois millions de francs-or. Il arrive sans encombres en raison du sacrifice d'une compagnie de la Légion étrangère qui déjoue une embuscade juariste à Camerone (30 avril 1863). Entre-temps, le général Bazaine remporte une victoire décisive à San Lorenzo (8 mai 1863) sur une armée de secours en provenance de Mexico. Le 19 mai, la garnison de Puebla capitule. Le 7 juin les Français entrent dans la capitale espagnole évacuée par le gouvernement de Juarez.


L'assaut du pénitencier de Puebla

Pour diriger ce nouvel empire, le choix de Napoléon III s'est porté sur l'archiduc Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche François-Joseph. En attendant son arrivée, ordre est donné à Bazaine d'en finir avec les juaristes. En tenant compte de l'expérience acquise lors de la conquête de l'Algérie, celui-ci mène alors une campagne victorieuse dans le nord du Mexique. Les unités semi-régulières de contre-guérilla du colonel Charles Dupin font régner la terreur sans qu'il soit possible de mesurer réellement leur apport : la guérilla décroît alors que la rancour contre la France augmente.

Cependant, le soutien des troupes de la nouvelle armée impériale mexicaine s'avère finalement fort efficace. A Morelia (18 décembre 1863) et à San Luis Potosi (27 décembre 1863) les impériaux mexicains remportent seuls la victoire sur des assaillants juaristes pourtant supérieurs en nombre. La dernière offensive des troupes de Juarez a lieu à Matehuala (17 mai 1864). La résistance des troupes impériales mexicaines et l'intervention des forces françaises ont raison de la dernière armée juariste. Jusqu'à la fin de 1865, la campagne ne comporte plus d'engagements majeurs avec un ennemi cantonné, quelquefois avec succès, aux opérations de guérilla.


Vers le désengagement français

Malgré le succès militaire, le nouvel empereur Maximilien n'arrive pas à asseoir un pouvoir qui vaut d'abord par le soutien des armes françaises. Face à l'hostilité montante de l'ensemble de la population, le manque de moyens financiers ainsi que la morgue et la corruption des élites ne facilitent pas la tâche de ce monarque étranger. Par ailleurs, l'attitude équivoque du général Bazaine laisse transparaître l'ambition de prendre la tête d'un gouvernement dictatorial.

La fin de la guerre civile américaine se traduit immédiatement par une forte implication du gouvernement américain dans le conflit. Celui-ci continue en effet à reconnaître comme seul légitime le gouvernement de Juarez. Les juaristes reçoivent donc des armes et un fort soutien logistique alors que la pression diplomatique des Etats-Unis sur la France s'accroît. Par appuyer cette démarche, une armée de 50.000 hommes est rassemblée au Texas, sous le commandement du général Shéridan. Plus de 100.000 volontaires s'apprêtent à la rejoindre.

Pragmatique, Napoléon III proclame la victoire (22 janvier 1866) et commence le retrait progressif du corps expéditionnaire français affaibli par la fatigue, la fièvre jaune et les désertions. Ce retrait est accéléré par l'aggravation des tensions en Europe provoquée par l'affrontement entre la Prusse et l'Autriche. Bazaine et les dernières troupes françaises quittent le pays au début de l'année 1867.

L'armée impériale mexicaine, pourtant forte de près de 30.000 hommes ne peut alors empêcher la victoire des troupes juaristes en quelques semaines. L'empereur Maximilien refuse d'abdiquer et se réfugie à Querétaro. Trahi par ses propres hommes il est capturé (14 mai) et exécuté (19 mai). Juarez retrouve un poste de président qu'il gardera jusqu'à sa mort en 1872.

 

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