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La Guerre de Crimée
(1854-1856)
Le contexte général
Une
querelle entre religieux à propos de la juridiction des lieux
saints entraîne une tension diplomatique entre la France, protectrice
des catholiques, et la Russie, protectrice des orthodoxes. L'empire
ottoman, qui possède Jérusalem, se retrouve au centre de cette
polémique. La Russie tente alors d'en profiter pour prendre l'avantage
sur son rival. Elle cherche à terme à contrôler les détroits
turcs pour avoir accès à la Méditerranée. En juillet 1853, les
troupes russes commencent à occuper les principautés roumaines
de l'empire ottoman. Inquiètes de cette avancée russe vers la
Méditerranée, la France et l'Angleterre oublient leurs vieilles
inimitiés pour soutenir l'empire ottoman. Elles dépêchent toutes
les deux une flotte à Constantinople.
Le
4 octobre 1853, les Turcs déclarent la guerre à la Russie. Une
armée franchit le Danube et bat les Russes à Oltenitza, le 4
novembre 1853. Mais, le 30 du même mois, la flotte turque est
détruite à Sinope. Le 3 janvier 1854, les flottes françaises
et anglaises pénètrent dans la mer Noire pour protéger les côtes
et le commerce turques. Le 20 mars 1854, les Russes envahissent
la Bulgarie.
Le
28 mars, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à la Russie.
Une alliance entre les deux pays est signée le 10 avril et un
corps expéditionnaire arrive à Varna, en Bulgarie. Après avoir
signé une alliance défensive avec la Prusse, l'Autriche concentre
une armée de 50.000 hommes dans ses provinces frontalières avec
la Russie (Galicie et Transylvanie). Avec l'autorisation de l'empire
ottoman, elle pénètre dans ses principautés du Danube pour les
protéger. Devant cette nouvelle menace, la Russie retire ses
forces de Bulgarie. Elle refuse néanmoins les propositions de
paix faites par la France, l'Angleterre, l'Autriche et la Prusse à Vienne
(8 août 1854). ·
La campagne de Crimée
Avec
le retrait des forces russes des Balkans, la France et l'Angleterre
ont atteint leur premier objectif. Elles décident alors de porter
un coup à la puissance navale russe en mer Noire en détruisant
sa seule grande base navale de la région : Sébastopol. Sans préparation
sérieuse, cette campagne de Crimée va être marquée par une suite
d'improvisations. Le débarquement du corps expéditionnaire franco-britannique
se fait sans opposition. La victoire de l'Alma permet
de commencer le siège de Sébastopol.
Il va durer un an. Les Russes vont tenter de le rompre à deux
reprises sans succès (batailles de Balaklava et Inkerman).
La place est finalement emportée quand les Français s'emparent
de la redoute de Malakoff (8 septembre 1855). ·
La fin des hostilités
Mais
la guerre se déroule aussi dans la mer Baltique. Un corps expéditionnaire
français de 10 000 hommes s'empare des îles Alands (7-16 août
1854). Puis une flotte franco-britannique bombarde sans succès
la forteresse de Sveaborg dans le port d'Helsinki (7-11 août
1855).
Le
1er février 1856, les conditions préliminaires de paix sont acceptées à Vienne.
La ratification finale a lieu lors du congrès de Paris (28 février
au 30 mars).
Cette
guerre se caractérise par l'incompétence des gouvernements et
des commandants en chef des deux camps. Les objectifs politiques
restent flous, notamment lors de la campagne de Crimée. Les opérations
militaires souffrent d'une improvisation constante. Enfin l'organisation
est déplorable. Sur les 256.000 hommes perdus par la Russie,
128.700 seulement meurent au combat. La situation est encore
pire côté allié : la France, l'Angleterre, la Turquie et le royaume
de Sardaigne perdent seulement 70 000 hommes au combat sur un
total de 252.600. Le choléra emporte les autres. Les épidémies
sont favorisées par les privations subies par la troupe et par
les déplorables conditions d'hygiène.
Les
opinions publique, notamment en Angleterre, s'émeuvent de l'horreur
de la situation et commencent à se préoccuper du bien-être de
leurs soldats. La couverture médiatique du conflit par les correspondants
de guerre de la plupart des grands journaux explique cette évolution.

Matelot
de la campagne de Crimée
musée de l'Empéri de Salon-de-Provence (collections du Musée de l'Armée)
photos : Empéri Multimédi@
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