De la Restauration au Second Empire
(Déroulement des campagnes)
Contexte géostratégique

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Les campagnes de la Monarchie de Juillet

 

La conquête française de l'Algérie (1830-1847)

Entre 1827 et 1829, la tension entre Alger et la France s'accroît considérablement. Lors de négociations en vue de faire cesser les attaques des pirates sur ses bâtiments de commerce, le Bey d'Alger frappe au visage le consul de France (30 avril 1827). Aussitôt les Français mettent en place un blocus naval d'Alger. Le 3 août 1829, les Algériens tire sur un navire français transportant des négociateurs et arborant un pavillon blanc.

En juin 1830, la France envoie une armée de 37.000 hommes et 83 pièces d'artillerie en Algérie, sous le commandement du maréchal Louis de Bourmont. Le 5 juillet Alger est prise. Le bey est expulsé. Puis plusieurs ports et villes importantes de l'intérieur sont occupées. En réponse à cette occupation, Abd el Kader, émir de Mascara rassemble sous sa bannière les forces opposées à l'invasion chrétienne et mène une guerre sainte. De 1832 à 1837, plusieurs généraux français essayent sans succès de vaincre ce remarquable guerrier. Le traité de Tafna (1er juin 1837) instaure une paix précaire. Les troupes françaises n'occupent plus que ports importants mais continuent à mener des opérations militaires limitées.

En octobre, le maréchal Damremont s'empare de Constantine, qui résistait depuis un an aux assauts français et meurt au combat. Aussitôt, l'émir Abd el Kader dénonce cette violation des accords de paix et repart en campagne avec une armée régulière de 2.000 cavaliers et de 8.000 fantassins, soutenue par 50.000 cavaliers irréguliers. Plusieurs engagements ont lieu sans qu'aucun des deux camps n'emporte la décision.


Prise de Constantine
par Leliepvre

En décembre 1840, le conflit prend une nouvelle ampleur avec l'arrivée d'importants renforts français. Les effectifs atteignent 59.000 hommes et vont progressivement augmenter jusqu'à atteindre 160.000 hommes. Le maréchal Thomas R. Bugeaud, qui prend le commandement à cette date, combine des qualités de stratège et d'administrateur.


Le fantassin de 1840
musée de l'Empéri de Salon-de-Provence (collections du Musée de l'Armée)
photo : Empéri Multimédi@

Il réorganise l'Armée d'Afrique en lui adjoignant des troupes indigènes. Ses unités portent des uniformes colorés et acquiert rapidement une grande réputation en France et à l'étranger : zouaves, chasseurs d'Afrique, tirailleurs et légionnaires. Sur le plan tactique il préconise avec succès l'emploi de formations offensives en carré qu'il appelle "têtes de sanglier". Sa stratégie de pacification repose sur l'établissement de bases fixes, véritables villages fortifiés, à parti desquelles des colonnes mobiles frappent l'ennemi avec une vitesse égale à la sienne.

Le 10 mai 1843, le duc d'Aumale s'empare de la smala d'Abd el Kader. A la tête d'une colonne volante de moins de 2.000 hommes il disperse les 40.000 hommes de l'émir. Cette bataille symbolise le changement qui s'opère dans le rapport de force entre les adversaires. En 1843 et en 1844, les troupes d'Abd el Kader sont repoussées vers l'ouest. Une flottille de navires français bombarde Tanger et Mogadir pour limiter le soutien marocain à la cause de l'émir.

Bugeaud n'hésite pas à faire franchir la frontière marocaine à son armée. Le 14 août 1844, il remporte une victoire décisive à Isly malgré l'écrasante supériorité numérique de l'ennemi. La puissance d'Abd el Kader est dorénavant brisé et il doit se contenter d'opérations parfois violentes mais limitées.

La France signe le traité de Tanger avec le Maroc (10 septembre 1844) et retire ses troupes. L'émir Abd el Kader se rend le 23 décembre 1847.


Les interventions françaises en Indochine (1824-1847)

La persécution des chrétiens par l'empereur Minh-Mang provoquent plusieurs interventions de la marine française. L'incident le plus sérieux à lieu en 1847 à Tourane, lorsque deux bâtiments français détruisent plusieurs assaillants vietnamiens.


La guerre carliste (1834-1839)

Avant sa mort (29 septembre 1833), le roi d'Espagne Ferdinand VII a désigné pour lui succéder sa fille Isabelle. Selon la loi salique, le trône aurait cependant dû revenir à son frère Don Carlos. Il s'en suit une guerre civile. Le gouvernement espagnol trouve du soutien contre les partisans de Carlos auprès du Portugal mais surtout de l'Angleterre et de la France. Le Parlement britannique contrôle personnellement l'envoi d'un "Légion espagnole" composée de presque 10 000 mercenaires.

Pour sa part, la France se contente de louer les services de l'intégralité de sa Légion étrangère nouvellement crée. Pendant ces cinq années de lutte, celle-ci va constituer l'épine dorsale des forces loyalistes. Elle se distingue notamment aux batailles décisives de Terapegui (26 avril 1836) et de Huesca (24 mars 1837). Lorsque la convention de Vergara (31 août 1839) conclu cette guerre civile, la Légion étrangère a perdu près la moitié de ses effectifs initiaux.

 

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