Après
les combats du 16 août autour de Mars-la-Tour,
von Moltke concentre ses troupes pour en finir avec l'armée
du Rhin, numériquement inférieure.
Les
troupes françaises sont positionnées sur un terrain favorable à la
défensive avec des élévations qui surplombent les seuls
axes d'attaque possible. Néanmoins, le flanc le plus exposé,
celui de droite, est tenu par le seul 6e corps du général
Canrobert. Quant aux réserves elles sont placées trop en
arrière vers l'aile gauche.Les troupes allemandes se déploient
face aux postions françaises dans la matinée du 18 août,
conformément au plan convenu. Bien visibles, elles ne suscitent
cependant aucune réaction française alors que von Moltke
prend le risque d'une bataille à fronts renversés en attaquant
par le sud-ouest.
En
début d'après-midi, le IXe corps attaque le 6e corps français
avec le soutien de la Garde. Faute de bien avoir apprécié l'extension
de la ligne française, les assaillants sont contraints à une
marche de flanc meurtrière et se retrouvent dans une situation
précaire avec une artillerie menacée de destruction.
Pendant
ce temps, sur l'aile gauche, le général von Steinmetz lance
la Ière armée à l'attaque en contradiction avec les ordres
formels de von Moltke. A deux reprises les assaillants
sont repoussés avec de lourdes pertes. Puis les deux corps
engagés sont dispersés par une violente contre-attaque
française. Von Moltke en personne doit diriger l'engagement
de ses dernières réserves pour empêcher une percée française
qui menacerait ses lignes de communication.
Pendant
ce temps la IIe armée poursuit son attaque sur le 6e corps
français. La Garde se fait massacrer par une attaque trop
précoce de Saint-Privat mais les positions françaises sont écrasées
par l'artillerie ennemie. Le général Canrobert ne reçoit
aucun renfort malgré des demandes répétées toute la journée
auprès du maréchal Bazaine. En fin d'après-midi le XIIe
corps saxon réussit à déborder son aile l'aile droite.
Le 6e corps doit se replier malgré une résistance héroïque,
galvanisé par l'exemple de son chef. Le 4e corps placé sur
sa gauche se trouve alors exposé et recule lui aussi.
L'arrivée
d'unités de la garde impériale (une division et deux batteries)
envoyées à l'initiative de son chef, le général Bourbaki,
permet seulement de couvrir le repli qui s'effectue en
bon ordre.Alors que les derniers combats cessent dans les
premières heures de la nuit, von Moltke pense avoir perdu
la bataille, ignorant le succès tardif du XIIe corps saxon.
Malgré la supériorité de son artillerie, ses troupes ont
subi des pertes terribles, bien supérieures à celles des
Français dont le front semble intact. Bazaine a perdu l'occasion
de remporter une victoire peut-être décisive. Il choisit
alors de se laisser assiéger dans Metz.