Deux
bataillons de la Légion étrangère débarquent à Vera Cruz
le 28 mars 1863. Deux jours plus tard ils sont affectés à la
sécurité de la route vers Puebla, toujours assiégée par le
corps expéditionnaire français. Le 29 avril, le colonel Jeanningros
est informé quun important convoi sapprête à partir
pour Puebla avec lartillerie
de siège nécessaire à la réduction de la place. Prévenu par
ses informateurs, le gouverneur civil et militaire de lEtat
de Vera Cruz, le colonel Milan, décide de monter une embuscade.
Il dispose pour cela de trois bataillons dinfanterie
très bien équipés ("Vera Cruz", "Codoba", "Jalapa")
et dune nombreuse cavalerie.
Le
1er bataillon de la Légion étrangère fournit deux
compagnies à lescorte du convoi et deux autres mènent
les opérations de reconnaissance. La 3e compagnie
est chargé douvrir la route. Le capitaine Danjou et
deux autres officiers se portent volontaires pour remplacer
un encadrement décimé par la maladie.
Bien
que repérés par quelques cavaliers juaristes, les légionnaires
continuent à progresser. Dans la matinée du 30 avril, alors
que le café et en train de bouillir au cantonnement français,
les cavaliers mexicains surgissent. Le capitaine Danjou se
rend alors compte de la force de lennemi et décide
de placer ses hommes à couvert dans le village abandonné de
Camerone, traversé la matin même. Par deux fois il doit faire
former le carré pour repousser les charges de cavalerie ennemie.
Les
légionnaires peuvent se retrancher dans lhacienda en
ruines qui jouxte le village mais il on été précédés par
quelques Mexicains qui occupent létage du bâtiment
principal. Après une démonstration de force, les Mexicains
offrent le reddition à la Légion. La capitaine Danjou refuse
et jure de ne jamais se rendre, ses hommes font de même.
Les cavaliers démontés se lancent à lattaque mais doivent
se replier. Le capitaine Danjou est tué en inspectant les
positions de ses hommes.
Le
colonel Milan renouvelle sa proposition de reddition sans
succès. Linfanterie mexicaine se lance alors à lassaut.
Malgré la perte du sous-lieutenant Vilain, les défenseurs
tiennent bon. Les assaillants décident alors de les enfumer
mais en fin daprès-midi le combat continue. Exaspéré,
le colonel Milan décide de lancer un assaut général. Les
8 derniers survivants se retranchent dans un hangar où ils
tiennent encore plus dune heure. A court de munitions,
le sous-lieutenant Maudet et les 4 derniers légionnaires
chargent à la bayonnette. Lofficier est blessé malgré le
sacrifice du légionnaire Catteau qui se jette devant lui
pour le protéger. Les survivants sont fait prisonniers et
acceptent de se rendre à condition de conserver leurs armes
et davoir leurs blessés soignés. Impressionnés par
leur courage, les Mexicains acceptent.
Ses
forces fixées toute la journée par la 3e compagnie
avec de lourdes pertes, leffet de surprise perdu, colonel
Milan doit renoncer à son attaque sur le convoi. Larrivée
de lartillerie de siège à Puebla permet de conclure
victorieusement le siège et la campagne dautant quune
armée de secours est battue à San
Lorenzo le 8 mai.