De la Restauration au Second Empire

Déroulement des campagnes / Contexte géostratégique
Camerone
Date
30 avril 1863
Emplacement
Mexique, une ferme sur la route qui va de Vera Cruz à Puebla
Guerre et campagne
L’expédition du Mexique (1861-1867)
 

PROTAGONISTES

Juaristes

Français
COMMANDANTS DES DEUX CAMPS
colonel Francesco de Paula-Milan
capitaine Jean Danjou
FORCES EN PRESENCE
500 lanciers
350 cavaliers irréguliers
3 bataillons d’infanterie de 400 hommes chacun environ
une compagnie de 3 officiers et 62 hommes
PERTES

300 tués et blessés

12 prisonniers presque tous blessés, 52 morts, un survivant blessé
 
Description des opérations

Deux bataillons de la Légion étrangère débarquent à Vera Cruz le 28 mars 1863. Deux jours plus tard ils sont affectés à la sécurité de la route vers Puebla, toujours assiégée par le corps expéditionnaire français. Le 29 avril, le colonel Jeanningros est informé qu’un important convoi s’apprête à partir pour Puebla avec l’artillerie de siège nécessaire à la réduction de la place. Prévenu par ses informateurs, le gouverneur civil et militaire de l’Etat de Vera Cruz, le colonel Milan, décide de monter une embuscade. Il dispose pour cela de trois bataillons d’infanterie très bien équipés ("Vera Cruz", "Codoba", "Jalapa") et d’une nombreuse cavalerie.

Le 1er bataillon de la Légion étrangère fournit deux compagnies à l’escorte du convoi et deux autres mènent les opérations de reconnaissance. La 3e compagnie est chargé d’ouvrir la route. Le capitaine Danjou et deux autres officiers se portent volontaires pour remplacer un encadrement décimé par la maladie.

Bien que repérés par quelques cavaliers juaristes, les légionnaires continuent à progresser. Dans la matinée du 30 avril, alors que le café et en train de bouillir au cantonnement français, les cavaliers mexicains surgissent. Le capitaine Danjou se rend alors compte de la force de l’ennemi et décide de placer ses hommes à couvert dans le village abandonné de Camerone, traversé la matin même. Par deux fois il doit faire former le carré pour repousser les charges de cavalerie ennemie.

Les légionnaires peuvent se retrancher dans l’hacienda en ruines qui jouxte le village mais il on été précédés par quelques Mexicains qui occupent l’étage du bâtiment principal. Après une démonstration de force, les Mexicains offrent le reddition à la Légion. La capitaine Danjou refuse et jure de ne jamais se rendre, ses hommes font de même. Les cavaliers démontés se lancent à l’attaque mais doivent se replier. Le capitaine Danjou est tué en inspectant les positions de ses hommes.

Le colonel Milan renouvelle sa proposition de reddition sans succès. L’infanterie mexicaine se lance alors à l’assaut. Malgré la perte du sous-lieutenant Vilain, les défenseurs tiennent bon. Les assaillants décident alors de les enfumer mais en fin d’après-midi le combat continue. Exaspéré, le colonel Milan décide de lancer un assaut général. Les 8 derniers survivants se retranchent dans un hangar où ils tiennent encore plus d’une heure. A court de munitions, le sous-lieutenant Maudet et les 4 derniers légionnaires chargent à la bayonnette. L’officier est blessé malgré le sacrifice du légionnaire Catteau qui se jette devant lui pour le protéger. Les survivants sont fait prisonniers et acceptent de se rendre à condition de conserver leurs armes et d’avoir leurs blessés soignés. Impressionnés par leur courage, les Mexicains acceptent.

Ses forces fixées toute la journée par la 3e compagnie avec de lourdes pertes, l’effet de surprise perdu, colonel Milan doit renoncer à son attaque sur le convoi. L’arrivée de l’artillerie de siège à Puebla permet de conclure victorieusement le siège et la campagne d’autant qu’une armée de secours est battue à San Lorenzo le 8 mai.

 
Particularités

Les deux mulets portant les munitions ayant été dispersés au début du combat, les légionnaires disposaient de 60 cartouches par homme soit un total théorique de 3.720. Or environ 300 mexicains ont été mis hors de combat. Cela permet d’établir un ratio exceptionnel d’un coup au but par douzaine de cartouches. D’autre par, les mulets portant aussi les approvisionnements, les légionnaires n’ont rien à manger et surtout rien à boire.

La Légion étrangère fête Camerone chaque année le 30 avril. Mais cette cérémonie date seulement du début du siècle. La main en bois du capitaine Danjou récupérée deux ans après la bataille est la plus précieuse relique de la Légion étrangère.

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