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La
sixième coalition (fin)
(1812-1814)
La campagne de France
(1814)
Le
21 décembre les coalisés franchissent le Rhin. Au début de l'année
1814, Napoléon dispose d'environ 118 000 sur la rive ouest du
Rhin, d'Anvers aux Alpes. 50 000 autres sont encore en garnison
en Allemagne, pour la plupart sous le commandement de Davout à Hambourg.
Eugène est à la tête d'une armée de 50 000 hommes dans le nord
de l'Italie. Enfin les forces en Espagne comptent alors encore
100 000 hommes dont une partie rejoindra Napoléon.
Les
forces d'invasion sont réparties en trois armées : celle de Bernadotte
dans le nord (60 000 hommes), celle de Blücher (75 000 hommes)
en Lorraine et enfin celle de Schwarzenberg (210 000 hommes)
qui se dirige vers Belfort à travers la Suisse. Napoléon tente
alors de vaincre séparément ses adversaires avant qu'ils ne puissent
faire leur jonction.
Avec
des forces largement inférieures (36 000 hommes) il attaque Blücher
et remporte deux premiers combat à Brienne (29 janvier) et La
Rothière (30 janvier) puis il doit se retirer sous peine d'être
encerclé. Mais en cinq jours, du 10 au 14 février, il défait
de nouveau Blücher à trois reprises dans une succession de manouvres
brillantes : Champaubert (10 février), Château-Thierry (12 février)
et Vauchamps (14 février). Les Prussiens doivent se retirer au
nord de la Marne après avoir perdu 9 000 hommes contre 2 000
aux Français.
Napoléon
se tourne alors contre l'armée autrichienne et la repousse avec
de lourdes pertes (6 000 contre 2 500) à Montereau (18 février).
Macdonald, qui lui succède, est battu par Schwarzenberg à Bar-sur-Aube
(27 février) et doit se replier. Celui-ci s'est de nouveau porté au
nord pour affronter Blücher dont l'avance a repris. Il remporte
une nouvelle victoire à Craonne (7 mars). Blücher doit retraiter
mais il est renforcé par deux corps d'armée de Bernadotte. Napoléon
lance une nouvel assaut malgré une très nette infériorité numérique
(30 000 hommes contre désormais 100 000). Après deux jours de
combat à Laon (9 et 10 mars) les Français sont repoussés par
une contre-attaque nocturne et doivent retraiter à leur tour.
Mais à Reims (13 mars) Napoléon frappe avec succès un corps prussien
isolé dans la ville (700 pertes seulement contre 6 000).
Il
tente alors de nouveau de bloquer l'avance autrichienne. Il est
repoussé alors qu'il attaque les lignes de communication ennemies à Arcis-sur-Aube
(20-21 mars). Blücher et Schwarzenberg continuant à marcher sur
Paris, l'empereur tente alors de regrouper ses forces pour les
arrêter. Les corps de Marmont et de Mortier, appelés à la rescousse,
sont battus à La Fére-Champenoise (25 mars) puis à Paris (30
mars). Acculé à la ville, Marmont accepte un armistice qui la
livre aux coalisés (31 mars).

La campagne
de France fut une des plus belles de Napoléon, menée
contre un adversaire
disposant d'une écrasante supériorité numérique
musée de l'Empéri de Salon-de-Provence (collections du Musée de l'Armée)
photos : Empéri Multimédi@
Napoléon qui
se hâtait vers la capitale s'arrête à Fontainebleau. Un gouvernement
provisoire est formé sous la direction de Talleyrand (1er avril).
Le Sénat et le Corps législatif votent la déchéance de Napoléon.
Celui-ci abdique sans condition le 6 avril, convaincus de l'impossibilité de
renverser la situation par ses maréchaux, et se retire dans l'île
d'Elbe (20 avril, les adieux de Fontainebleau).
Louis
XVIII devient roi de France. Par le traité de Paris (30 mai 1814),
la France retrouve ses frontières de 1792. L'Angleterre s'empare
de la plupart de ses colonies et de celles de la Hollande.
Lors
de cette campagne Napoléon a encore démontré toutes ses qualités
de stratège. Malgré son infériorité numérique, l'inexpérience
de la plupart de ses troupes et un état de santé défaillant,
il remporte une succession de victoires qui impressionnent ses
ennemis. Par le pacte de Chaumont (1er mars 1814), ceux-ci s'engagent
d'ailleurs à ne pas conclure de paix séparée avec Napoléon, tant
leur crainte est grande de le voir encore une fois retourner
une situation difficile.
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