Le Premier Empire
(Déroulement des campagnes)
Contexte géostratégique

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La sixième coalition
(1812-1814)

 

La campagne de Russie (1812)

Après la victoire contre l'Autriche (1809), les combats se poursuivent uniquement dans la péninsule ibérique avec une série de campagnes ininterrompues. Des manouvres diplomatiques intenses ont cependant lieu. Le 5 janvier 1810, la France et la Suède signent un traité, puis cette dernière déclare la guerre à l'Angleterre (17 novembre).

Le blocus continentale voulu par Napoléon est presque complet quand le Tsar Alexandre Ier décide de rompre ses engagements avec la France. C'est le début d'une nouvelle période de tensions entre les deux pays. En 1811, Napoléon annexe les villes allemandes de la Baltique et le duché d'Oldenburg, qui appartient au beau-frère du roi (22 janvier 1811).

En 1812, les deux pays se préparent à la guerre. La Russie traite avec la Suède (9 avril) et la Turquie (28 mai). Napoléon fait de même avec la Prusse et l'Autriche. Le 26 juin l'empereur franchit le fleuve Niémen avec une Grande Armée qui n'a jamais été aussi puissante (plus d'un demi million d'hommes). La campagne de Russie commence.

Napoléon assemble son corps de bataille principal en Pologne (450 000 hommes). Son flanc droit est protégé par une armée autrichienne (40 000 hommes) et son flanc nord par une armée de même taille essentiellement composée de Prussiens. Cette Grande Armée de 1812 comporte moins de 200 000 Français. Avec notamment de forts contingents autrichiens, prussiens, italiens, polonais et allemands.

L'empereur choisit de frapper au nord des marais du Pripet par l'approche la plus directe sur Moscou. Mais il doit laisser presque la moitié de ses forces pour protéger ses lignes de ravitaillement. Les forces russes sont regroupées en trois armées principales : une au nord du fleuve Niémen sous le commandement de Barclay de Tolly (127 000 hommes), une autre entre le Niémen et les marais du Pripet commandée par Bagration (48 000 hommes) et une troisième au sud des marais du Pripet (43 000 hommes). Enfin, 200 000 hommes supplémentaires sont dispersés dans la partie ouest et centrale de la Russie.

Le 24 juin 1812, Napoléon franchit le Niémen et se positionne entre les armées de Tolly et de Bagration, cherchant à les détruire successivement. Davout empêche une première fois la jonction des deux armées à Mogilev (23 juillet). Bagration se replie et réussit cependant à rejoindre Tolly près de Smolensk. Ils livrent deux batailles défensives à Smolensk (17 août) et Valutino (19 août) et se replient en bon ordre. Le 29 août, Kutuzov prend le commandement et continue à retraiter. Il est sévèrement battu à Borodino (7 septembre 1812) mais conserve une grande partie de ses forces intactes. Napoléon malade ne peut conduire la bataille et la poursuite avec toute l'énergie nécessaire. Moscou évacuée par ses habitants est prise le 14 septembre.

Les Russes ont mis le feu à la ville qui ne peut donc plus servir de cantonnement. La Grande Armée est dispersée sur un énorme triangle allant de Riga à Brest Litovsk à la base à Moscou au sommet. Sur place l'empereur dispose de moins de 100 000 hommes. Au sud de la vile Kutuzov commande encore 110 000 hommes, la troisième armée russe remonte vers le nord pour menacer les lignes de communication françaises dans la région de Brest Litvosk. Partout, les habitants s'avèrent hostiles et de nombreux partisans attaquent les convois de ravitaillement français.

Le tsar Alexandre refusant l'ouverture de négociations de paix, Napoléon décide alors de reculer jusqu'à Smolensk. Pour cela, il décide de passer par Kaluga et d'éviter ainsi les zones dévastées par les combats et les réquisitions forcées des mois précédents. Son avant-garde affronte alors celle de l'armée de Kutuzov à Maloyaroslavets (24 octobre 1812). La bataille se termine sans vainqueur mais Napoléon choisit alors de se replier vers Smolensk en passant par Borodino, suivant le chemin emprunté à l'aller. La désagrégation du système de ravitaillement entraîne celle de la Grande Armée, hâtée par la dureté de l'hiver russe. Arrivé à Smolensk (12 novembre), Napoléon doit se résigner à retraiter encore, ses troupes harcelées par les Russes, réguliers et irréguliers. A Krasnoi (13-17 novembre), l'avant-garde russe bloque le chemin de la retraite. Napoléon mène alors l'assaut avec les dernières troupes en état de combattre. Le corps de Ney se sacrifie alors pour protéger la retraite du reste de l'armée (800 survivants sur 9 000). La traversée du fleuve Bérézina (26-28 novembre 1812) donne lieu à de terribles combats. Les pertes de la Grande Armée sont énormes. Mais le travail des pontonniers, qui établissent un pont provisoire dans des conditions météorologiques épouvantables, évite une destruction totale. L'empereur et une dizaine de milliers d'hommes peuvent échapper au piège.

La Grande Armée a perdu toute capacité offensive. Les pertes serait de 300 000 hommes contre 250 000 aux Russes. Napoléon part pour Paris (8 décembre) pour lever de nouvelles troupes. Le 1er janvier 1813, les troupes prussiennes changent de camp et tout le pays se révolte. Sous l'impulsion du général Gerhard von Scharnhorst, l'armée prussienne se reconstitue. Malgré l'arrivée de renforts, les Français doivent retraiter sur l'Elbe. Les Autrichiens décident alors de se retirer du conflit.


14e régiment de cuirassiers - 1812
par Benigni

 

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